‹ Les origines naturelles de la propriétéChapitre 28 sur 39 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Les Formes de la Propriété chez les Oiseaux

Ici, les documents deviennent nombreux, si nombreux, que l'on doit se ibond»no«desf«u« borner à les résumer. Des éléments nouveaux apparaissent et placent le phénomène de propriété dans des conditions différentes. En effet, chez les insectes, la concentration sociale se fait sur le type collectif et le haut degré dévolution de ces sociétés réalise, jusqu'à ses caractères les plus extrêmes, un système collectif de propriété. Ce système est même si accusé qu'il réagit sur l'individu et qu'il va jusqu'à modifier son organisme; il cantonne la mère dans un rôle purement physiologique; certains neutres, comme chez les fourmis fabricantes de miel, sont réduits à un simple rôle de grenier à provision, point extrême d'une prédominance marquant déjà son emprise chez tous les neutres en y faisant apparaître un estomac social.

§ 1. — C'est un autre type social dont on trouve les éléments chez Double oril'oiseau. 11 prend sa source d'une part dans l'organisation familiale, d'autre gine du ,ait part, dans une tendance associative, qui se trouve quelquefois en contradiction avec cette dernière. La classe des poissons avait donné, avec les Epinoches, le type de la peuplade possédant son territoire de chasse et au sein de laquelle se constituent des propriétés familiales, dont la permanence est au moins égale au temps de la ponte, de l'incubation, de l'élevage des jeunes. Le même phénomène va se poursuivre chez l'oiseau et, l'on verra qu'il mène à des formes supérieures.

p.renté de mœurs La parenté de mœurs avec les reptiles est évidente. Elle ajoute un

des Oiseaux a?ec les j > j u 1 • • i • 1 >

Reptiles; procédés argument d ordre psychologique et social a tous ceux que 1 anatomie comidentiques de modi- par-ée accumule au profit de la théorie de l'évolution; même trouve-t-on à

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cet égard des espèces qui rappellent exactement les conditions embryonnaires de la nidification des reptiles. Les Mégapodiidés diffèrent, en effet, de tous les autres oiseaux, par la manière dont les œufs sont couvés. L'oiseau les dépose dans un tas de feuilles mortes, dont la chaleur de fermentation les fait éclore. Il les abandonne donc durant l'incubation; souvent ces tas servent plusieurs années de suite, l'animal accumule à chaque ponte de nouveaux matériaux sur les anciens. Le Maleo agit de même, mais il dépose ses œufs dans le sable; le Léipoa dans un cône de terre. On se rappelle les exemples que nous avons cités pour les reptiles. On n'aura qu'à s'y reporter pour voir que les mœurs de ces oiseaux leur sont identiques. Le fait de propriété est ici plus à l'état virtuel qu'à l'état actuel. Le retour de l'oiseau, chaque année au même nid, indique seul un sentiment de possession relatif à l'œuvre rudimentaire de son industrie.

- Forme indu § 2. — Si nous voulons adopter ici un ordre qui nous fera suivre une

Propriété. U rnarche graduellement plus complexe au point de vue des faits de propriété, nous nous attacherons tout d'abord aux faits les plus individuels et qui ne dépendent pas d'une organisation sociale, pour arriver ensuite à ceux qui dépendent de cette organisation. A cet égard, il est intéressant de signaler Réserves nntri- tout d'abord la prévoyance qui conduit l'individu à se constituer des réserves alimentaires. On peut citer à cet égard le Mésanger de malheur, le Cassenoix vulgaire, qui cachent des provisions dans des creux d'arbres ou de rochers, sur quelques points des cantons qu'ils fréquentent. Ces oiseaux réservent de vrais greniers pour l'hiver. De même le Cyanocathe huppé fait des provisions pour l'hiver en remplissant son œsophage et en allant le dégorger dans des cachettes. Plus que tous les autres Laniidés, l'Ecorcheur a l'habitude d'embrocher sa proie à des épines avant de la dévorer. « Lorsqu'il est rassasié, dit Naumann, il amasse ainsi des provisions qu'il mange dès que la faim se fait sentir. Lorsque le temps est beau, on trouve piqués de la sorte des insectes coléoptères, de petites grenouilles; lorsqu'il fait froid, qu'il pleut, qu'il vente, de jeunes oiseaux.

Le Torchepot bleu fait des provisions pour l'hiver, qu'il dépose dans la fente d'un tronc d'arbre, dans un lambeau d'écorce, quelquefois sous le toît d'une maison. 11 dissémine les semences qu'il se réserve, en plusieurs lieux, de façon à ne pas tout perdre si l'une de ses cachettes est pillée. En automne, le Mélanerpe fourmilier perce des trous dans l'écorce des pins et des chênes. Dans

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chacun de ces trous, il enfonce un gland, qui servira à le nourrir en hiver,

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Fig.

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En A. — Tronçon d'une hampe d'agave que les colaptes ont criblé de trous. — En B, Coupe verticale d'un

tronçon de hampe dépourvu de cavité centrale. — En C, Coupe verticale d'un tronçon de hampe montrant la cavité centrale et les glands qu'elle loge.

lorsque le sol est couvert de neige. C'est, au contraire, pour la période de la

sécheresse que le Colapte du Mexique fait provision de glands. 11 profite du canal central qui se forme dans la tige de l'agave après qu'il a fleuri et qu'il s'est desséché. 11 creuse dans la tige, de distance en distance, des trous de la largeur d'un gland; il remplit un tronçon du canal central, puis il creuse un trou plus haut et remplit un nouveau segment. Lorsque la tige est pleine, il agit comme le Mélanerpe; il enfonce chaque gland, comme un coin, dans un trou, où il ira le rechercher durant la stérilité que provoque la sécheresse. Enfin, le Lagopède des Alpes creuse dans la neige de véritables demeures d'hiver, où il accumule des provisions.

Ces faits montrent l'animal, poussé par ses besoins personnels, se constituant une propriété individuelle. C'est l'individu seul qui agit, en effet, c'est pour lui seul qu'il réserve les cachettes créées par son industrie et dont il fixe l'emplacement dans sa mémoire. Le besoin de nutrition, restreint à l'individu, donne le type de propriété auquel il conduit; comme nous l'avons vu antérieurement déjà, sa structure et ses adaptations s'y réfléchissent.

Formes fami- § 3. — Les phénomènes de propriété collective se pénètrent de telle façon

Haie et coiiec- >jj es^ difficile ^'y introduire un classement. Nous avons vu que le besoin

tive de la Pro- ^ J ^

priéte. de nutrition, le plus impérieux de ceux qui dominent l'animal, provoque une

forme individuelle de la propriété par la constitution des réserves nutritives. Il provoque aussi une forme familiale ou collective par la détermination des territoires de chasse. D'autre part, la tendance à la protection de l'individu ou de l'espèce donne tout d'abord, comme suite à la reproduction, la nidification qui constitue une propriété quelquefois transitoire, mais souvent aussi, à un certain degré, permanente, lorsque l'oiseau revient pendant de longues années à son ancien nid. Elle donne d'autre part des phénomènes étrangers à la nidification, qui sont néanmoins des phénomènes de propriété, liés à la reproduction et qui prennent un caractère esthétique. Elle donne enfin des formes de propriété permanente, individuelle ou collective, par la constitution de la demeure que réalisent certaines espèces et par la constitution de certains groupes sociaux aux sein desquels subsiste la propriété familiale, quelquefois même la propriété individuelle. Toutes ces directions conduisent à des formes de propriété collective, au fur et à mesure que les phénomènes d'association prédominent davantage. Je vais suivre pour leur étude l'ordre que je viens d'exposer.

constitution § 4. — C'est le besoin de nutrition soit de l'individu, soit du groupe

de'chasse! "' familial, soit du groupe social, qui provoque la formation des territoires de

chasse. Nous les avons déjà vu surgir chez les reptiles, dont certaines espèces

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