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lorsque le mâle construit un nid qu'il occupe seul pendant que la femelle couve; ensuite la propriété familiale, constituée par le nid où la femelle pond, couve, élève sa progéniture; et enfin la propriété collective, constituée non seulement par la possession de l'arbre sur lequel la colonie s'est établie, mais encore par la construction en commun d'un grand toit, qui déborde les nids et qui les abrite contre les intempéries.
La complexité de l'organisation sociale chez les oiseaux, telle que nous pouvons l'établir par ces exemples et par ceux que j'ai cités dans les paragraphes précédents, est particulièrement intéressante si on la compare aux fortes sociétés d'Hyménoptères où nous avons vu la concentration la plus accentuée du système collectif. Ici, aucune des activités de l'individu et des sous-groupes n'est opprimée par le groupe total et sa constitution collective. L'individu demeure indépendant, actif; il apporte au groupement social des qualités intrinsèques et des tendances qu'il n'abjure point.
Ni l'individu, ni la famille ne sont opprimés ou détruits par le fait d'association. Ceci constitue une supériorité considérable, au point de vue de l'avenir de cette forme d'association sur la forme collective puissante que réalisent les sociétés d'Hyménoptères sociaux et de Termites. Les formes individuelles et familiales apparaissent comme une expression de la souplesse, du jeu d'adaptation qui leur est laissé au sein du groupe auquel elles se sont intégrées. Elles sont un apport de l'individu et de la famille au groupe social. Elles sont les premières stratifications sur lesquelles s'établissent les manifestations de la propriété collective. C'est ici que nous rencontrons cette forme que réaliseront plus tard les sociétés humaines. Leur faculté d'adaptations diverses, le libre jeu de leurs activités, leur origine réelle remontent bien haut dans l'évolution des êtres pour trouver leurs caractères essentiels réalisés dans la peuplade
Fig. 57 — Nid de Républicain social
Indépendance de l'individu au sein du groupe familial et collectif.
Stratifications sur lesquelles s'établissent les manifestations de la propriété collective.
du poisson et de l'oiseau. Reflets d'une structure sociale, d'une tendance associative qui se réalise en fait, en subordonnant, sans les détruire et sans les absorber, les acquisitions antérieures, les formes collectives, familiales et individuelles de la propriété se superposent dans un ordre harmonieux qui, loin d'être un aboutissement dernier, comme chez l'insecte, ouvre, au contraire, toute une évolution que les sociétés humaines ont réalisée sans en avoir encore touché le terme.