‹ Les orphelines de la Charité drame en cinq actesChapitre 17 sur 87 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

DIÉTRICH , CLAIRE.

CLAIRE

Vous avez désiré me parler, monsieur ?

DIÉTRICH.

Oui, madame, et c'est avec peine que je vous vois tout émue, toute tremblante... Je ne viens pas réveiller de douloureux souvenirs... je ne viens pas vous rappeler que votre famille a eu plus d'empire sur votre cœur que n’en a eu le malheureux (u •* déajne) à qui, hormis son nom, vous aviez tout ravi, à qui, hormis votre main, vous aviez tout donné.

claire. %

Monsieur...

DIÉTRICH. ,

Ces souvenirs sont amers pour vous... que serait-ce donc si la vivante expression de notre faute était encore de cç

monde r M ,

CLAIRE

Pourquoi me torturer à plaisir, monsieur?...

DIFTRIC1I, b*pttcrhea*nl.

A plaisir!... non, madame!... Grâce à Dieu, je ne suis pas méchant, cl depuis vingt ans, je crois vous l’avoir prouvé. Je n’en suis venu à évoquer l'ombre de notre enfant que pour vous faire bien sentir tout mon isolement... et puis, peut-être aussi parce que j'espère qu’elle intercédera, cette chcre ombre, en faveur de celui qui fut son père.

CLAIRE

- Qu’attendez-vous de moi, monsieur?...

diétrich.

Je vous ai dit, tantôt, que tnon neveu NVilfrid était nia joie cl mon orgueil; mais je ne vous ai dit que scs chagrins étaient mes souffrances, scs peines, mes tourments! que je donnerais ma vie pour que la sienne s’écoulât exempte du malheur qui m’a frappé.

cuire.

Eb bien, monsieur?

diétrich.

Eh bien, madame, mon neveu aime mademoiselle Frédérique, votre fille.

CLAIRE, M li* viol.

Frédérique!

diétrich.

Wilfrid a conçu pour elle une passion si violente, qu’elle briserait à jamais son bonheur, si leur mariage pouvait rencontrer un obstacle, et j’ai pensé qu’en m'adressant à madame Van Delbcrg, Claire Van Uoël m’entendrai!.

CLAIRE

Voici ma réponse, monsieur. Vous êtes venu me rappeler un triste et douloureux passé, je vais vous en parler à mon tour, et, je l’espère, pour la dernière fois. Ma famille m'avait placée dans un couvent, où votre sœur était élevée ainsi que moi, elle sut bientôt dominer mon esprit, elle s'empara de mon cœur, le dirigea à son gré, exalta mon imagination d’enfant en me créant des romans dont vous étiez le héros, enfin je fus perdue par elle.

diétrich.

Madame !

CLAIRE

Dieu in'esl témoin que si mu pauvre Mina, si l'enfant de notre faute avait vécu, ni les menaces, ni les prières de ma famille n'auraient pu me contraindre à épouser... à tromper monsieur Van Delbcrg; niais enfui il s'est accompli, ce mariage, le ciel semble m'avoir pardonné, puisqu’il m'a accordé une autre fille, et cette fille, vous venez me demander de disposer d’elle au gré de vos désirs, au gré de votre ambition, vous me l'ordonnez !

diétrich.

Moi, madame !

CLAIRE

Vous inc l'ordonnez , car vous invoquez le passé , et vous savez bien que parler do ee passé , monsieur, c'est formuler une menace I Eli bien, eachex-lc donc; j’aime et j'honore monsieur Van Delbcrg , ma fille a toute la tendresso de mon âme, et je subirai Je déshonneur, la mort, plutôt que de sacrifier le bonheur de Frédérique !

DIÉTRICH. »

Qui parle de sacrifier son itonheur, madame? Wilfrid adore mademoiselle Frédérique, il se croit assez heureux pour en avoir été remarqué: demain j’irai demander à monsieur Van Delberg de l’accepter pour gendre, ne vous opposez pas à ce mariage, c’est tout ce que j'exige de vous.

FRÉDÉRIQUE , enlnnt.

Ma mère!

Viens, viens!

diétrich.

Demain, j'aurai l’honneur de me présenter chez monsieur Van Delberg en compagnie de mon neveu.

CLAIRE

Demain, monsieur, vous aurez la réponse de monsieur Van Delbcrg.

(Di{lc(eh le* ««lue humblement et *'ék»»goe per le Md.)

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