SCÈNE VII
Les MEMES, MADAME JOLIBOIS.
MADAME JoUBOIS. «ntraal de
Salut, docteur I salul, mes enfants! vous aussi, beau typographe I
ANNA ET ADÊLB.
Bonjour, madame Jolibois.
BERTON ET NICOLAS, ralut.L
Madame !
MADAME JOLIBOIS
Ah! docteur, je sonlTii!... aux oiseaux!... passez-moi le mot! Mes enfants; j’ai apporté mon ouvrage pour travailler près de vous. (Ba> » An«.) Dos bretelles pour mon futur mari. Aht docteur! ce que j'endure est inouï... Quelle belle cure, si jamais vous me sauvez! (l* d«i«ar m V*. tu* «»n-
Üaai rn rrginUni A pari ta fenêtre aux jal»u*i«» bai.têra.} Je le Verrat
peut-être; mon cœur médit que je le verrai en travaillant à ses bretelles! Âh! (Ma ■’wkt. El o lii i'ih wh i w» é yirnw .
AdèU inviillc. Anna lirai tftti li»rr A U maia. L* dortrar Aeril mr la labfe anpréi d'cll*. Pelle lablrao ê'ialfritar.)
NICOLAS
Vous n'avez pas oublié de faire voire premier déjeuner, madame Jolibois?
MADAME JOLIBOIS
Moi ! j’ai sucé deux côtelettes et une omelette au jambon.... avec mon chocolat.
BERTON
C’est égal ; vous finirez peut-être par convenir que vous mangez beaucoup.
MADAMS JOLIBOIS.
Peu me fait mal. Voilà ce que vous ne comprenez pa« !
* Ann», Ikr'.nn, Nicolas, Adèle.
** Bcrîon, Anna, Jolibois, Nicolas, Adèle.
*“* Dcrton, Aura, Jolibois, Adèle, Nicolas.
** 4 '* Aima, Bcrfim, Jolibois, Adèle, Nic.q.w,
LES ORPHELNES DE SA1NT-SEVER
Mais, quoi? depuis cinq ans, vous ne pouvez pas seulement me dire ce que j'ai.
BERTON
Vous le dire! mais je ne fais que ça!... Vous avez..... trop d’appétit... et comme vous passez votre temps à courir après moi. ici, chez moi, à Auteuil. jusque chez mes malades!.. vous exaspérez encore votre appétit. Ne me poursuivez pas comme ça, restez tranquillement chez vous; vous verrez que ça ira mieux.
MADAME JOLIBOIS
Ce qui revient à dire : ne voyez pas de médecin, et vous vous porterez bien !
BERTON
Tout juste !
MADAME JOLIBOIS
Et vous me ferez croire que vous avez étudié pendant Ireute ans pour en arriver là!
BERTON
Vous me feriez bien croire que vous êtes malade, vous, à la Un!
MADAME JOLIBOIS
Comment, à la fin! à la On!... Tiens! ou dirait que l’appétit me vient... & la Un.
' AD6l.lt, ••«riant.
Est-ce qu'il n'est pas question de mariage pour vous, madame Jolibois?
AMU.
Je gage que si, moi!
NICOLAS
Je gage cent millions, moi.
MADAME JOLIBOIS, r*«sréaat *• Mm*.
Si,il en est question... |s« i««su.) c'otméwe tout un roman...
BJHTON.
Alors, ne nous le confies pas. j a «.«oIm. ) Ah çà ! mais, on ne travaille donc pas, Nicolas?
On travaille toujours, monsieur le docteur; seulement aujourd'hui le patron se marie... une idée respectable que c>‘t homme a eue, et alors l’Atelier esta la noce. Moi, je suis à la note quand j«* suis ici... Allez, allez, docteur, soyez pas inquiet; le travail et moi nous nous connaissons, nous nous estimons, nous nous aimons.
Air do M. OlLAV.
Gloire au travail, dont ta vois non» appelle!
Travaillons tous B la clarté du jour,
Mêlons uos bras pour la lâche cV ruelle,
Et pour rejxn uoiis trouverons l’amour!
Tout «si travail, sous nos pieds, sur nos t'Haa,
Autour >ie O'.us, ilaus lc« airs, sur les mari.
F.t le Dieu bon chanté par les | .fêtes Est l'ouvrier de ce vaste univers!
L'humble artisan, des heureux qu'ü envi*,
D.in- sa mis re aurait pitié souvent.
S'il «avait bien les ennuis d« la vie.
Du paicsseui qu'il regarde en rêvant.
Car le travail qui nourrit l'existence,
D- l’ouvrlet carde la dienité;
Il donne L Ions la sainte UuKpendAiim,
U entretien ta force et la K al té.
Du dur travail où la force chancelle Attend la femme tupi et d’uu berceau biaisa.
C'est a l'époux de travailler pour elle.
Eu illendâiiL que ce fort a l'enfant.
SI Béranger, le regretté poète,
A pu chanter la patrie et l'amour.
Su. le travail, c’eel qu’il courba la tét%
Pour y gagner «ou juin da chaque jour.
Et c’est ainsi que dans toute sa via Il mta libie et d'honneur révéla.
Et que sa lyre, fc la France ravie,
G;mln !*• droit de parler de vertu.
Dm» le grand cbflBOr qu.- chaste U nature Et dont l’écho doit résonner en nous.
Un Dieu répond * notre ingrat murmure t a Dsi ns le travail j'ai ton! semé pour vouai Du vin joyeux, 4 vo* w»ur* salutaire.
Je pouvais faire un grand Bi-uve |n>ur tout;
J’at niieu* aimé le cacher tous la terre.
Go peu de peine au«ai le rend plus doux I •
B dit rticor : « Pitre, aimes votre frérel 4» b eat pas ima qui vous ai faits me -hanta!
Par le travail remplaces doue U guerre.
Vous n’aves pas labouré tous vos champs !..
Gloire au travail, etc., etc.
BERTON, pr«s é« ls ttbls *.
Bravo! J’ai écrit là quelques instructions pour Anna. Maintenant, mes chères tilles, j vais vous laisser...
Eh bien! et ma consultation, à moi? (ou papDr m»cA* s •>•
pelll* pierra tomba dsai la rbsabre.)
BERTON
Qu'est cela**?
NICOLAS, rvWvsM la piano.
On voua lapide ici !
ADELE, A pan.
Un billet! c’est de lui !
• ANNA, » part.
C’est de lui ! que me dit-il ?
MADAME JOLIBOIS. S pan.
Pour moit l'imprudent! il ne voit donc pas que je ne suis pb seule t
BERTON
Donnez-moi ce billet, Nicolas! iNiœi»» is i«i t>m. — a pan.) Je disais bien que l'amour n'était pas loin !
ADELE. molùmcDi.
Pardon, docteur, je crois qu- 1 ceci m’appartient.
ANNA, litlbotiaai.
Docteur, je crois qu' Adèle se trompe, et que c'est pour moi que...
NICOLAS, è Ini-eaéa».
Comment! nom d’un géranium ! Adèle se trompe! ce serait donc ma future...
Docteur, Mesdemoiselles, ic l'avoue en rougissant, ce billet m'est adressé; il fait partie de mon roman... Je viens souvent Ici : !•* jeune homme aux jalousiez baissées m'y a vue; il s'est brûlé à la flamme, passez-moi h* mot... Et, que vous dirais-je? une fois déjà il m'a jeté un billet que je garde !
ADÈLE. A pan.
Cétait pour moi!
« ANNA, 4 put.
Quelle erreur!
MADAME JOLIBOIS, ■nairsol •• prpiw.
Et tenez, docteur, vous verrez que c’est de la même écriture...
BERTON, y jfttni la* »«n» il nnnt prJcipiUmatal tr m«»J billat.
Cette écriture!., signé Aubin!.. Oh! c’est égal, c'est de lui, j'en sui- sûr! c’est bien de lui, de mon fils !