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prunt, venu des artères du cercle articulaire et des artères des muscles adjacents. Ceci explique que les lésions articulaires et épiphysaires soient peu importantes dans les affections pagétoïdes.
Ces faits sont importants à connaître, parce qu'ils démontrent comment le moindre trouble dans Ja circulation de l’artère nourricière produit une stase intra-osseuse : d’où hyperhémie localisée diaphysaire.
Les travaux de M. LERICHE ont mis en évidence que, dès lors qu’il y a hyperhémie, il y a raréfaction osseuse, intense décalcification. Dans les affec- . tions pagétoïdes, la radiographie, comme l’anatomopathologie, permettent de constater cette décalcification.
Que devient le calcium libéré?
Normalement, le calcium en quantité trop importante est éliminé par voie sanguine, et réparti dans l'organisme, s’il y a une circulation suffisante.
Or, comme nous l’avons déjà dit, la calcémie est normale ou voisine de celle-ci; la calciurie est peu modifiée, l’élimination fécale est normale; la phosphatase serait augmentée, mais ce fait n’a qu’une importance secondaire.
Le calcium ne passe donc pas dans l’organisme. Il est par conséquent libéré sur place. Or, « toutes les fois, dit LERICHE, que des substances calciques
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libérées rencontrent un milieu conjonctif ossifiable, c’est-à-dire un tissu conjonctif congestionné où il y a de la stase, de l’œdème, elles recommencent, sur place, leur extraordinaire aventure de fixation, et, en se combinant à la substance protéique qui s’y trouve, refont de la substance osseuse ».
Toutes ces conditions se trouvent réalisées dans les affections pagétoïdes. L’artère nourricière est bloquée. Il se produit done une hyperhémie entraînant de ce fait une décalcification. Le calcium en excès, ne pouvant être libéré, reste dans la gaine fibreuse périostique, à peu près infranchissable, Il ne lui reste qu’une possibilité : se fixer sur la trame conjonctive de la moelle osseuse et sur les fibrilles conjonctives du système haversien.
Ces troubles de la fonction artérielle permettent de comprendre la morphologie des os pagétoïdes. Suivant que l'artère nourricière sera atteinte par le processus d’artérite en totalité ou en partie, les lésions seront plus ou moins étendues, réparties soit sur tout le territoire de l’artère, c’est-à-dire sur une grande partie de la diaphyse, soit sur une partie de ce territoire qui pourra être différente suivant qu’il s’agit des branches supérieures ou inférieures.
Une dernière preuve de l’origine artéritique de l'affection nous sera donnée par la thérapeutique mise en œuvre pour remédier aux troubles d’ostéogénèse.
Disons d’abord que, lorsque nous avons pu trouver une cause à cette artérite, nous avons institué un traitement.
Nous avons recherché cliniquement et sérologiquement une origine syphilitique. Dans aucune de nos observations, nous n’avons pu faire la preuve de cette origine; cependant, dans quelques cas, nous avons institué un traitement au sulfarsénobenzol, médication à la fois antispécifique et antiartéritique. Nous avons obtenu une amélioration des douleurs, mais peu de modifications du processus évolutif. ;
Le plus souvent, nous avons associé à ce traitement d’autres méthodes. C’est qu’en effet le but à atteindre est double :
Rétablir une circulation artérielle normale;
Arrêter la fixation du calcium par le tissu conjonctif indifférencié intra-médullaire.
À ces deux indications correspondent deux mé-
thodes différentes, que nous avons toutes deux mises en œuvre,
Pour modifier et rétablir la circulation artérielle, deux procédés ont été employés : l’ostéotomie, le forage. |
L’ostéotomie. Tous les auteurs ont constaté que les fractures du pagétique se consolident bien; en outre, il a été remarqué que, dans quelques cas, le pagétique, à la suite d’une fracture, avait guéri sa lésion. s
C’est pourquoi l’ostéotomie a pu être appliquée. Elle a une double raison : elle corrige la déformation en redressant la courbure exagérée de l'os, et surtout elle provoque une vaso-dilatation active, elle crée une nouvelle circulation. En effet, « une forte hyperhémie est réalisée; Les tissus conjonctif, périostique, intrahaversien sont voués à un régime circulatoire anormal qui conduit immédiatement à une transformation de l’activité conjonctive. Celleci-jusqu’alors au repos, est brusquement changée; l’hyperhémie amène un afflux leucocytaire, le tissu réticulo-endothélial est mis en mouvement : toutes sortes de possibilités nouvelles apparaissent, qui se traduisent par un retour à l’état embryonnaire, et, devant ces activités rajeunies, des espaces libres s’offrent à la poussée conjonctive. » (LERICHE.)
Nous n’avons employé le forage que dans deux cas. Son intérêt est le même que l’ostéotomie : libérer le blocage sanguin, provoquer une circulation
roue LAS
nouvelle, une décharge de calcium. Il sera pratiqué au niveau et dans les parties sus- et sous-jacentes au trou nourricier. Les résultats nous ont donné pleine satisfaction.
Quant à la radiothérapie, c’est le iraitement que nous avons le plus souvent mis en œuvre, avec d’excellents résultats. Nous avons fait à nos malades deux séries par an; les doses employées furent de 1.500 à 2.000 r. ou de 3.000 à 5.000 R. comme doses totales par séries, échelonnées en dix à douze séances.
Nous avons obtenu de bons résultats fonctionnels. Les douleurs ont disparu, l’hyperthermie locale a presque disparu; en outre, nous avons constaté des modifications radiologiques de ces os pagétoïdes.
Notre idée a été d'utiliser la fonction abiokynétique des rayons pour empêcher le tissu embryonnaire de fixer le calcium, et créer ainsi un appel des éléments calciques de la corticalité vers le centre de l'os. En traitant le tissu conjonctif comme une tumeur maligne ossifiante, nous avons pu souvent arriver à fixer pendant de nombreuses années, et dans leur forme et dans leur densité, ces os pagétoïdes.