DISCUSSION DES EXPERIENCES
n'est pas simple ; si on pouvait déterminer exactement la position des nœuds, on trouverait une loi complexe;- mais les étincelles obtenues sont faibles à cause de la différence des périodes et on ne peut pas faire cette détermination avec exactitude : delà, les phénomènes observés par MM. Sarasin et de la Rive.
63. Ces résultats concordent bien avec la deuxième explication de la résonance multiple : les nœuds et les ventres ne préexistent pas dans le fil, si on suppose, comme cela a lieu en réalité, l'amortissement de l'excitateur très g'rand par rapport à celui du résonateur : ce sont des phénomènes dont le résonateur est lui-même le siège.
64. Discussion des expériences. — Quelle que soit l'explication qu'on puisse en donner, c'est un fait expérimental que le résonateur influe seul sur la longueur d'onde mesurée.
On a calculé la période T du résonateur, on a mesuré la longueur d'onde X; on en déduit la vitesse de propagation :
Rappelons d'ailleurs que, ainsi qu'on l'a vu dans le chapitre précédent, dans les expériences antérieures à celle de M. Blondlot, la période T ne pouvait être calculée avec une grande approximation.
D'après la théorie, T et V doivent avoir une certaine valeur ; si ces valeurs satisfont à la relation précédente, on pourra en conclure que la théorie représente bien les phéno-
130 PROPAGÀTIOiN l.K LONG d'uN FIL
mènes, à moins qu'il n'y ait une double cause d'erreur, les deux erreurs se compensant.
Les expériences de Hertz et celles de MM. Sarasin et de la Rive ne peuvent servir à vérifier la théorie ; en effet, voyons comment fonctionne leur résonateur. Il se compose {/îg. 19j d'un fil circulaire portant à chacune de ses extrémités une petite sphère de faible capacité ; une perturbation se propage suivant AMB, revient suivant BMA, etc., et c'est la superposition de ces différents mouvements
qui produit la vibration observée. Si on né- FiG. 19. ^ ^
glige les capacités des deux petites sphères, il se produira un nœud à chaque extrémité, et la longueur du résonateur sera la moitié de la longueur d'onde, quelle que soit la vitesse de propagation.
En réalité, la longueur d'onde est un peu plus grande que le double de la longueur du fil, par suite d'une cause troublante encore assez obscure et sur laquelle nous reviendrons; mais le résultat est indépendant de la valeur de la vitesse de propagation et ne peut servir à la mesurer.
65. Expériences de M. Blondlot ('). — Le résonateur employé par M. Blondlot ne présente pas les inconvénients de celui de MM. Sarasin et de la Rive. C'est un véritable condensateur auquel on peut appliquer avec suffisamment d'exactitude la formule de Thomson.
T = 27r v/LC.
M. Blondlot calculait L comme nous l'avons indiqué plus
(') Bloudlot, Journal de Physique, 2" série, t. X, p. 549.
EXPERIENCES DE M. BLONDLOT
haut et mesurait la capacité C par une méthode balistique.
Il a constamment trouvé une concordance satisfaisante entre la vitesse de propagation mesurée et la vitesse de la lumière.
La formule de Thomson s'est trouvée vérifiée pour ces oscillations rapides, comme elle l'avait été par Feddersen dans le cas d'oscillations beaucoup plus lentes. Le coefficient numérique 2?: ne pouvait être vérifié ; mais, les raisonnements qui nous ont servi à établir la formule de Thomson s'appuyant sur les définitions mêmes des quantités qui entrent en jeu, cette valeur du coefficient est très probable.
66. La disposition des fils employée par M. Blondlot était celle indiquée par la figure 20. Le résonateur est représenté par un simple rectangle, R' et R" R' désignant les deux points du fil situés en face du résonateur.
Nous avons vu (paragraphe 56) la disposition de l'excitateur; le milieu de l'excitateur se trouve situé au point A de la figure et on peut supposer que c'est de là que Fin. 20.
part la perturbation.
Pour fermer le circuit, on se sert de deux ponts mobiles, CDetFG, le résonateur étant supposé fixe.
Nous désignerons par des lettres différentes longueurs de m :
longueur totale ABCDEFGHKA = l
R'GDR" = a
ABR' = p
AKHGFER" = p -f- y.
On voit que l'on a :
Supposons une perturbation partant de A; elle parcourt d'abord le chemin ABR' = p, au bout duquel elle produit un premier effet sur le résonateur; puis elle parcourt R'CDR" = a et produit un deuxième effet sur le résonateur; remarquons que cet effet s'ajoute au premier; en effet, une perturbation d'un certain sens passant dans le fil en produit par induction une de sens contraire dans le résonateur, et les sens indiqués par les tlèches (/?^. 21) montrent que les deux perturbations produites dans le résonateur s'ajoutent.
Continuons à suivre la perturbation précédente : à partir de R" elle parcourt la longueur totale l du lil et revient au résonateur; on voit qu'elle revient au résonateur après avoir parcouru des chemins exprimés par :