IV. — Si la théorie de Maxwell est vraie, il nous faut tenir
compte des courants de déplacement, qui circulent dans les diélectriques quand ceux-ci se trouvent dans un champ variable. Le cycle des courants se trouverait pour ainsi dire fermé à travers le diélectrique.
Pour mieux comprendre l'influence des courants de déplacement, reportons-nous aux anciennes théories, desquelles dépend en somme la formule de Thomson. D'après elles, toute l'énergie dépensée se retrouve en chaleur et dans l'expression de cette quantité de chaleur entre en facteur la résistance. Si cette résistance n'est pas négligeable, les oscillations doivent donc s'affaiblir ; si on la suppose au contraire négligeable, les oscillations doivent continuer indéfiniment avec la même amplitude.
En acceptant les idées de Maxwell, on doit considérer l'excitateur comme un centre de radiation d'énergie. Alors l'énergie dépensée se retrouve : 1° en chaleur ; 2° en énergie rayonnée. Alors même que la résistance serait négligeable, l'énergie ne s'en dissiperait pas moins et l'amplitude des oscillations irait en diminuant.
Ainsi, la considération des courants de déplacement introduit un changement assez considérable, dont il est difficile de tenir compte.
Nous pouvons nous demander si, avec ces différentes ' causes d'erreur, le calcul de Hertz est exact : nous verrons qu'en somme l'expérience lui donne à peu près raison.
35. Étude de l'appareil de M. Blondlot. — M. Blondlot a imaginé un appareil avec lequel on n'a plus à tenir compte des causes d'erreur précédentes.
C'est un condensateur [fig. 8) dans lequel la capacité élec-
FiG. 8.
trostatique est notablement plus grande que la longueur du fil. L'objection provenant de ce qu'on néglige la capacité du fil n'a plus alors sa raison d'être ; la longueur CDEFAB, qui joue le rôle de la partie CD dans la figure 7, est très petite par rapport à la longueur d'onde et la variation de l'intensité du courant le long du fil est très faible.
L'influence des courants de déplacement est également négligeable. En effet, il n'y a un champ électrique sensible qu'entre les deux armatures du condensateur, et c'est là seulement que se produisent les courants de déplacement ; ils sont excessivement courts, puisque l'intervalle qui sépare les deux plateaux n'est que d'une fraction de millimètre et ne peuvent avoir une influence sensible. La principale correction à apporter dans le calcul de la période propre de l'appareil a trait à l'estimation de la capacité. Nous allons nous en occuper maintenant.
Cette capacité est mesurée par M. Blondlot à l'aide de la méthode de Maxwell ; mais on peut se demander si la capacité à l'état statique, telle qu'elle est mesurée par cette méthode, est égale à la capacité dans le cas d'oscillations très rapides. C'est ce qu'il nous reste à examiner.
Calcul de la capacité. — Les lignes de force dans le condensateur employé par M. Blondlot sont sensiblement perpendiculaires aux deux plateaux : ceux-ci sont, en effet, très rapprochés. On peut donc, en prenant comme axe des z une perpendiculaire aux plateaux, considérer les composantes X et Y comme nulles et étudier seulement la variation de Z. ' On peut supposer [x = 1. puisqu'il s'agit de points situés