ORDRE DE GRANDEUR DE LA CHALEUR DE JOULE
Figurons la force électrique OJ dans l'onde incidente {fig. 56); elle est dans le plan d'incidence, qui est pris pour plan delà figure. La force électrique OR dans la vibration réfléchie fait avec la normale ON un angle égal à l'angle NOJ (les angles NOJ et NOR sont les compléments des
Fig. 56.
angles d'incidence). Si OJ et OR sont égales, leur résultante est dirigée suivant ON ; or nous venons de voir qu'il en est ainsi à des quantités près de l'ordre deO; la force électrique fait donc avec la normale un angle de quelques secondes d'arc.
119. Ordre de grandeur de la chaleur de Joule produite à la surface d'un conducteur. — Soit .1 l'intensité du courant qui règne dans un parallélipipède ayant la pénétration pour largeur et une dimension parallèle au courant.
La chaleur de Joule produite pendant l'unité de temps est proportionnelle à :
RJ3.
L'intensité J du courant ne dépend pas de la nature du conducteur, elle sera seulement répartie sur une profondeur
plus OU moins grande. La chaleur de Joule est proportionnelle à R, c'est-à-dire à 1-' ou à :
Ainsi, elle varie en sens inverse de la longueur d'onde, puisque p figure au numérateur, et de la conductibilité X.
Elle est plus grande pour les métaux magnétiques que pour les autres.
Nous allons maintenant exposer quelques expériences qui constituent une vérification des résultats que nous avons obtenus au moyen de considérations théoriques.
1 20. Expériences de Hertz sur l'épaisseur de la couche superficielle où pénètre le courant. — Hertz a montré
qu'une feuille d'or très mince, de — de millimètre d'épaisseur environ, suffit pour arrêter les vibrations et former écran : pour cela il enveloppait un résonateur d'un manchon annulaire formé d'une telle feuille d'or, ce qui empêchait les étincelles de se produire.
121. Influence de la nature du métal. — Hertz a fait des expériences avec des résonateurs identiques de forme, mais de métaux différents : exposés à un excitateur, tous donnaient des étincelles de même longueur ; il semble résul ter de là que la nature du conducteur est sans action sur les phénomènes.
122. Expériences de M. Bjerknes. — M. Bjerknes a obtenu des résultats qui modifient cette conclusion : il fit
EXPERIENCES DE M. BJERKNES 261
(ionstruire six résonateurs géométriquement identiques, ayant 123 centimètres de longueur de fil ; le diamètre du lil était de 1/2 millimètre. Ces résonateurs étaient formés de métaux diiïérents : cuivre, laiton, argent, platine, nickel, fer.
Dans chaque résonateur, les boules du micromètre à étincelles étaient remplacées par deux petits plateaux, entre lesquels était suspendue une aiguille d'aluminium. Les mouvements de cette aiguille permettaient d'étudier le champ variable produit entre les deux plateaux. En somme, la disposition précédente est analogue à celle employée déjà par M. Bjerknes, que nous avons décrite plus haut; les quadrants de l'électromètre sont remplacés par les deux petits plateaux et son aiguille par la petite aiguille d'aluminium.
M. Bjerknes soumet chacun de ses résonateurs à l'influence d'un même excitateur et mesure la dérivation de l'aiguille ; il se sert successivement de plusieurs excitateurs, de périodes difïérentes, et peut construire, pour chaque réso-
FiG. î)7.
nateur, une courbe dans
laquelle les abscisses représentent les longueurs d'onde des excitateurs, et les ordonnées les déviations correspondantes de l'aiguille.
Pour le résonateur de cuivre par exemple, cette courbe a la forme représentée par la figure 57.
Si nous réunissons sur une même figure les courbes qui correspondent aux six résonateurs, nous obtenons la figure 58.
Les maxima correspondent tous à une même abscisse (sauf une légère déviation vers la droite pour le fer et le nickel, métaux magnétiques). Cela montre que la nature du métal dont est formé le résonateur n'influe pas sur la lon-
gueur d'onde.
1 Cuivr'=' ? Laiton 3 Argent