‹ Les Ostéomes de l'OrbiteChapitre 23 sur 30 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

OBSERVATION 1.— Th. a Veiga (1586).

Il »’y a pas longtemps on a vu dans l’orbite d’une femme une telle tumeur osseuse au niveau du bord supérieur qu’on pouvait bien lui donner le volume d’un œuf. Elle remplissait presque toute l’orbite et faisait proéminer en dehors l'œil. Toutes les parties de cette tumeur (guwacomnia-crantenim multa) fut enlevée (ou plutôt arrachée, car le texte dit : evwlsa) et la femme recouvra la vue et la beauté du visage (decorem faciei).

Ceite observation se trouve aussi répétée dans le livre de J. Schenck de Grafenberg : Observationum medicarum tibri septem. Francfort, 1665, p. 165.

OBSER VATION 2. — Vallisnieri (1733).

Au musée anatomique de Florence se trouve un crâne avec un ostéome du sinus frontal détaché par la nécrose. Il avait repoussé les lobes antérieurs du cerveau. C'est de lui que s’est servi Vallisnieri pour démontrer dans son célèbre livre que dans les cas pareils il s’agit de tumeurs osseuses et non du cerveau ossifié.

OBSERVATION 3. — Sporing (1778).

Le malade était un homme de 85 ans. Au voisinage immédiat de l’angle interne de son orbite prenait naissance une tumeur osseuse qui avait acquis avec le temps le volume d’une très grosse noix. Elle expulsait presque complètement l’œil de l’orbite et affaiblissait la vision.

Un chirurgien essaye de la détruire par énucléation, mais une hémorrhagie très violente de la plaie l’obligea d’abandonner la tentative de l'opération. Quelque temps après le malade permit à un paysan d’essayer sur la tumeur son savoir. Celui-ci commença par faire autour de l’os une incision qui donna lieu à une grande effusion de sang. Puis il y appliqua un remède à lui, ce remède produisit pendant 12 jours des douleurs intolérables suivies de syncopes. Malgré cela quelques mois après le malade se soumit à une nouvelle opération de la part du paysan. Cette fois-ci elle fut suivie peu de temps après d’une chute complète de l’exostose. L’œil reprit sa place dans l'orbite et la vision revint.

OBSERVATION 4. — Baillie (1799).

Au Collège-Muséum (n° 795) se trouve un cràne dont le sinus frontal gauche démesurément dilaté est rempli totalement par un ostéome en grande partie éburné, seulement à la partie postérieure on voit une substance osseuse très mince. Par places la tumeur entre dans le sinus droit et par de gros orifices dans les parois elle envoie de grands prolongements dans l'orbite, la cavité nasale et la cavité cranienne.

OBSERVATION 5. — Romhild (1800).

Romhild a trouvé à l'autopsie un ostéome éburné de l'orbite du volume d’une tête de fœtus. Il avait détruit la plupart des os de la face gauche et perforé à plusieurs reprises la base du crâne, Son point de départ se trouvait selon l’auteur dans l'os ethmoïde et sphénoïde,

OBSERVATION 6. — Middlemore (1802).

Fille d’un fermier, 28 ans, se présente à ma consultation le 1. XII. 1802. Eat actuel: on remarqua, couverte par la paupière supérieure de l'œil gauche, une tumeur très dure, de forme ovale, aplatie, ayant un diamètre perpendiculaire d’un peu plus d’un pouce et s'étendant de l'angle interne de l'orbite jusqu’à la

pupille (ce qui fait 1 1/2 pouce) qui est déplacée. Elle semble occuper lo plus grande partie de l’orbite et a repoussé l'œil en avant et en dehors, de sorte que l’œil est lâche et pendant il paraît tout-à-fait en dehors du bord extérieur de l’angle externe de l'orbite. Le nerf optique et les muscles ont été considérablement allongés (à peu près de un pouce). Toutefois la malade peut encore distinguer desobjets avec cet œil, quoique sa vue soit fort affaiblie ; elle éprouve de la douleur du côté de latumeur. Le 2. XII. persuadé que l'examen n’entraïnerait aucun danger et qu’il pouvait produire d’heureux résultats, je résolus de m’assurer de la nature de la tumeur, qui, quoique dure, paraissait un peu flucluante.

Dans ce but je fis à l’envers de la paupière supérieure une incision horizontale longue d’un pouce et dirigée suivant le plus grand diamètre de la tumeur. Celle-ci, mise à nue après qu’on eût écarté les lèvres de la plaie, fut reconnue comme étant osseuse. En dehors des téguments normaux, une membrane la recouvrait, elle ressemblait assez au périoste, la tumeur y adhérait faiblement, Aucune partie de l’os de l'orbite n’était dénudée et quoiqu’on ne püt bien déterminer comment elle adhérait aux parties adjacentes, la tumeur restait ferme et immobile, malgré les efforts considérables faits pour la détacher et l’extraire.

La plaie produite par l’incision ne guérit pas ; elle conserva à peu près la même étendue, donnant issue à une petite quantité de matière non purulente et non fétide. L’os continua d’augmenter de volume, l’œil fut toujours poussé hors de sa position normale, mais la vue fut un peu conservée et la jeune fille jouit d’une parfaite santé. Enfin vers la fin de septembre 1803, l'os fut affecté de carie ; il se ramollit en faisant un peu saillie en avant. J’essayai de l’extraire en pratiquant, avec un petit scalpel, une incision autour des bords de la plaie ancienne pour détruire les adhérences, et en saisissant une bonne portion de la tumeur avec une forte paire de pinces. La première tenta- - tive échoua, mais la deuxième faite quelques jours après réussit, et je parvins à extraire sans beaucoup de difficulté un morceau d’os, de forme oblongue, pesant 1 once 2 dragchmes, long de 1 1/2 pouce, d’une circonférence de 2 5/8 pouces, dur, solide et très lisse.

La pupille a repris en grande partie sa situation normale. La malade a complètement recouvert la vue de l’œil gauche, qui maintenant est à peine plus sensible que l’autre soit à l’action du feu ou de la lumière, soit à la fixation de quelque objet ; la seule différence qu’on puisse percevoir est qu’il commence le

premier à pleurer.

OBSERVATION 7. — Rés. d’après Dubar Lucas (1805).

Jeune fille de 28.ans, reçoit wn coup de cornes de vache à la partie supéro-interne de l’orbite gauche, sans qu'il y eût plaie. Un mois après environ, apparaît une petite tumeur dure, indolente, sous le grand angle de l'œil, acquiert le volume d’une amande, 8 mois après, elle est très dure, exophtalmie, l'œil est pendant sur la joue et la faculté visuelle est éteinte. Opération: la tumeur mise à nue est osseuse, dure, ei complètement immobile. La plaie est maintenue ouverte. La tumeur augmente de volume, Onze mois après la tumeur paraît mobile, elle est nécrosée en plusieurs points. On finit par l’extraire. C’est une exostose très dure, de la forme d’un morceau de verre d montre pesant 38 grammes.

OBSERVATION 8. — Howship (1811).

Un homme robuste consulta Howship en 1811. Il raconta qu'il y a quelque temps, quand ilrevenait chez lui, un vent très fort irrita ses yeux, de sorte qu’il était obligé de se les frotter à plusieurs reprises. Quand il revint chez lui, l’irritation de ses yeux était telle qu’il ne pouvait pas les ouvrir à la lumière, Une inflammation survint, et il se forma juste au-dessous de l'angle interne de chaque orbite une petite tumeur du volume d’une noisette. Ces tumeurs suppurèrent, s’ouvrirent dans les yeux puis tout se calma pendant 12 semaines, grâce aux fomentations avec la décoction de têtes de pavots.

Quinze Jours après, cessation des fomentations, le malade passe un Jour dehors, exposé à la pluie et au froid. Les abcès se montrent de nouveau et s'ouvrent, l’un 6 semaines l’autre 8 semaines plus tard. Les douleurs horribles l’obligèrent d'entrer

à l’hôpital; on y voit au-dessous du bord inférieur de chaque orbite une tumeur osseuse, les yeux sont plus saillants qu’à l'état normal. Un jour, à la suite d’une compression, l'œil droit s'échappe de l'orbite et s: place au-devant des paupières. On le réduit. À ce temps, l'œil droit perçoit encore la lumière, l’œil gauche voit un peu plus.

Les douleurs horribles continuent, enfin l’œil droit éclate et elles s’apaisent un peu. Quelque temps après, l'œil gauche éclate à cause d’un choc. Une vive inflammation survint qui se calma d’elle-même,Depuis ce temps, le malade va bien.

Les tumeurs des os maxillaires qu’on sentait dures comme de l’ivoire continuaient à s’accroître et en 1815, elles avaient envahi presque to'alement les deux orbites et empiétaient sur les fosses nasales.

OBSERVATION 9. — Coppez et Travers (1818).

On voit dans la collection St-Thomas Hospital de Londres, le crâne d’une pêcheuse qu’on avait depuis longtemps remarquée, à cause de son aspect hideux. Deux volumineuses tumeurs s'étaient formées sous les orbites à la partie antérieuredes joues; le nez était pris contre elles comme un coin et les narines étaient fermées. Chaque œil formait une saillie considérable hors de l’orbite.

Ceite femme fut prise d’un accès qui paraît avoir dû être apoplectique et amenée dans cet état à l’hôpital St-Thomas, où elle mourut presque immédiatement. A gauche, l’exosiose de los maxillaire ayant passé à travers l'orbite, avait perforé la voûte orbitaire du frontal et faisant une saillie considérable à l’intérieur du crâne, était Venue comprimer le cerveau au point que sous l'influence d’une excitation considérable de sa

circulation, Papoplexie survint et détermina la mort.

OBSERVATION 10. — Pech (1819).

Au musée anatomique de Dresde se trouve le crâne d’une femme âgée de 27 ans, morte d’apoplexie. Ilcontient une tumeur

de Taranto 9

composée de deux parties ; Pure grosse comme une tête de fœtus occupe la région faciale gauche. l’autre du volume d’un poing remplit la fosse cérébrale antérieure et moyenne. Elle est lobulée, a une surface tubéreuse, présentant de nombreux trous et rigoles pour les vaisseaux.

La portion faciale de la tumeur remplace les os et les cavités suivantes : partie inférieure de los frontal, l'orbite, le maxillaire supérieur jusqu’à l’apophyse alvéolaire, le cornet inférieur du nez,les deux ailes du sphénoïde, la plupart de los malaire, la moitié antérieure de l’écaille temporale. A los frontal l’osçéome ne dépasse pas la ligne médiane, mais un prolongement qui a perforé la cloison nasale et l’os lacrymal droit, pénètre dans l’orbite droite. La racine de la petite aile droite du sphéuoïde est détruite de sorte que les 2 trous optiques sont remplis de la masse de la tumeur ; tout l’ethmoïde et la portion antérieure du corps du sphénoïde manquent. Même la branche gauche du maxillaire inférieure est atrophiée à cause de la pression de la tumeur, de sorte que la tête articulaire se trouve à la même hauteur que les dents ; l’apophyse coronoïde n’est qu’indiquée. L’apophyse coronoïde droite qui plus haut que la tête articulaire droite, présente un trou aux bords dentelés provoqué sans doute par la pression d’un prolongement de la tumeur,

A avis de Bornhaupt (1) cette tumeur (plus molle que l'os spongieux, mais considérée néanmoins par Virchow et Bornhaupt comme ostéome) a eu pour point d’issue le labyrinthe éthmoïde ou les sinus sphénoïdaux.

OBSERVATION 11. — Schon (1828).

J'ai vu sur*le cadavre d’une femme qui avait une excessive fragilité des os, une exostose formée par le bord orbitaire, du volume dune petite noisette et située au bord inférieur de l'orbite gauche tout près du canal nasal (2).

2. Ce cas compté par les auteurs parmi les ostéomes nous semble appartenir plutôt à la Zeonliasis ossea,

OBSERVATION 12. — Salzer (1831).

Une fille de 17 ans, reçut un coup de râteau, le manche lui entra dans lorbite gauche. Elle tomba sur-le-champ sans connaissance, mais revint bientôt à elle ; à l’examen, on trouva une plaie profonde entre l’œil et la voûte de l'orbite par suite de la déchirure de la paupière supérieure, I1 y eut peu d'hémorragie. La plaie guérit rapidement sans traitement particulier et la paupière ne fut prise d'aucune inflammation. 18 mois après, la malade remarqua une tumeur quise trouvait derrière la paupière supérieure, mais comme elle n’éprouvait ni douleur ni aucune incommodité, elle ne consulta personne. Quand elle vint me voir, la tumeur datait déjà de 4 ans.

Etat actuel. — Tumeur très dure, immobile, fait saillie hors de l'orbite ; elle est encore complètement recouverte par la paupière ; le globe de Pœæil est fortement refoulé de côté et en bas de sorte qu’il touche presque à la narine gauche. La vision n’est pas complètement détruite.

Opération. — J'ai divisé la paupière supérieure, et la tumeur ayant été mise à nue dans toute son étendue, j'ai constaté qu’elle était de nature osseuse et qu’elle adhérait à l'orbite non par un pédicule (comme j'avais cru d'abord) mais par une large base. Cet ostéome était si dur qu’on fut obligé de lattaquer à l’aide d’une gouge et du maillet et qu’on ne put ainsi en enlever que quelques portions. Vers la fin de l'opération qui dura quelques heures, un gros fragment d’os devint mobile ; mais malgré plusieurs tentatives où ne put parvenir à l’extraire.

On saigna la malade, on lui appliqua de la glace sur le front : elle se plaignit d’ane violente douleur due probablement à la pression que le fragment de los mobile exerçait sur l'œil, car dès qu’à l’aide d’un appareil convenable on eut diminué cette pression, la douleur et les symptômes inflammatoires disparurent.

Alors, j'ai essayé d'enlever à laide du trépan le fragment osseux et le reste de l’exostose. J'ai réussi; après quoi Jai trouvé les muscles et les vaisseaux de l'œil si aplatis qu’ils ressemblaient à des ligaments. Malgré cela, au bout de quelque

temps, l'œil commença à remonter graduellement dans l'orbite et 6 semaines après l'opération, il avait repris sa position naturelle, La vue resta intacte. L’ostéome enlevé pesait, après avoir

été desséché, 2 onces.

OBSERVA TION 13. — Seutin (1834).

Chez un homme de 34 ans s’était développé au cours des deux dernières années, du côté interne du bord inférieur de l'orbite droite un ostéome qui repoussait le, globe de l’œil en baut et en avant et bouchait en même temps la narine droite.

Opération. — Après avoir mis à nu la tumeur et enlevé le périoste, Seutin fit à deux endroits de la tumeur un trou, puis à l’aide d’un pelican comme s’en serveut les dentistes, introduit dans les deux trous, il détacha du reste de la tumeur une portion du volume d’une tête d’humérus, éburnée en dehors, spongieuse en dedans. Sur le reste de la tumeur étaient implantés des polypes, le tout fut enlevé moyennant un élévateur. Guérison.

OBSERVATION 14. — Hilton (1836).

T... Moove, âgé de 36 ans, est un homme bien portant. Il a Joui toujours d’une excellente santé. Il ÿ a 23 ans, il a remarqué « au-dessous de l'œil gauche, tout près du nez » une petite tumeur qu’il grattait pour l'enlever, sans cependant atteindre son but.

La tumeur s’accroissait sans causer de douleurs. Enfin elle devint considérable et produisit une déformation marquée de la face. Les cornets du côté sauche furent détruits, la cloison nasale repoussée du côté droit et ceci d'une facon tellement intense qu'elle fermait presque la narine droite, et l'orbite droite fut repoussée en dehors.

Dans peu de temps, l'accroissement de la tumeur déplaça la paroi interne de Porbite; et le globe ocul.soumis à cause de cela à la pression devint le siège de douleurs horribles, La vision cependant ne fut altérée que peu. Mais les symptômes ne s’arrètèrent pas là. Quatre ans après les premiers débuts de la tumeur,

l'œil cédant à la pression, éclata et donna issue à un contenu liquide. La cicatrice de la cornée consécutive à cet éclatement, se voit encore.Dès ce moment les douleurs disparurent, Cependant de temps en temps le malade éprouve des douleurs névral-

Lu]

giques correspondant au champ de distribution de la première et deuxième branche de la cinquième paire,

Il y a 6ans la tumeur commença à devenir un peu mobile, Cette mobilisation fut accompagnée d’une ulcération, consécutive elle-même à l’usure de la peau et des parties molles environnantes, De temps en temps il y avait une hémorrhagie de ces parties molles.

J’ai vu le malade il y a 18 mois. La tumeur était découverte et mobile. Je lui proposai une opération, je voulais diviser les parties molles et retirer ainsi l’ostéome, Mais bientôt il se sépara de lui-même. D'abord des morceaux petits et irréguliers se détachèrent, puis la peau s’ulcéra sur un espace plus considérable autour de la tumeur et finalement un jour, elle se détacha seule, au grand étonnement du malade. Il n’y avait à cette occasion ni douleur, ni hémorrhagie, seulement une cavité béante resta après cela.

Cette cavité était limitée en bas par la surface nasale de los palatin dur et par le plancher de l’antre gauche ; en haut par le sinus frontal gauche et la moitié gauche de la lame criblée de l’éthmoïde ; en dedans par la cloison nasale concave, en dehors par l’orbite gauche, en arrière elle descendait dans le pharvnx.

Le toit, la paroi externe et une partiede la paroi interne sont maintenant recouverts de granulations plus ou moins abondantes, avec ça et là de parcelles osseuses.

La tumeur pèse 14 3/4 onces, Sa densité est remarquable, son poids spécifique est de 1.80. La grande circonférence mesure 11”, la plus petite 9. La surface externe est irrégulièrement bosselée ; une concavité inégale se trouve à la face postérieure,

La section montre une surface très dure, polie, semblable à livoireet parcourue par des lignes concentriques au nombre de 50.

Juillet 1836. — Le malade va bien. La cavité a diminué un peu, les granu/ations de ses parois sont plus abondantes, nous espèrons qu’avec le temps les tissus environnants rempliront un peu la place où se trouvait l’ostéome. Le traitement local con-

siste en lavage biquotidiens au nitrate d’argent et en pansements faits avec de la charpie sèche.

OBSERVATION 15. — Schott (1836).

Chez un individu jeune et fort, âgé de 20 ans, un ostéome partant du plancher orbitaire avait rempli presque toute Porbite et chassé l'œil en haut et en dehors. Schott enleva à l’aide du ciseau, du foretet d’une gouge ‘a tumeur pesant 42 gr., remit le globe en place et obtint une guérison définitive.

OBSERVATION 16. — Bouyer (rés. d’après Dubar) (1841).

Le sieur Jou..,., de 28 ans, reçut en 1825 wn coup de têlede cheval à laracine du nez. Le gonflement et l’érysipèle qui s’ensuivirent disparurent promptement, en 1837 un polype fongueux vint perforer la paupière supérieure à la partie moyenne de l’arcade orbitaire gauche, une fistulecommuniquant avec le sinus frontal s’ensuivit. En 1837 on lui enleva le polype, incisé la fistule, et une esquille longue de 12 mm. fut extraite de la plaie. En juin 1841 où Bouyer vit le malade, une tumeur arrondie couvre l'œil qui n’a pas pu être ouvert depuis 3 mois. La paupière supérieure percée donne passage à un polype. Au front existe une fistule, A lopération, Bouyer enlève le polype et trouve une tumeur osseuse qui a été enlevée après avoir scié toute la partie supérieure de l’arcade orbilaire. Poids = 15 gr. La cicatrice est parfaite 7 semaines après l'opération,

OBSERVATION 17.— J. P. Frank (1842).

Frank décrit un crâne trouvé par lui en Alsace et présentant des deux côtés du nez un ostéome rappelant vivement par ses dimensions énormes les ostéomes sphénoïdaux des animaux domestiques, Les deux maxillaires supérieurs manquent totale ment, à leur place on voit une masse osseuse tubéreuse, mamelonnée, en partie GChurnée, en partie poreuse, remplissant en même temps les deux orbites et s'étendant en arrière (des deu x

côtés) jusqu’à la base du crâne, de sorte que les deux fosses cérébrales antérieures et moyennes sont remplies totalement de la masse de la tumeur. Il ne reste plus de trace de cavité nasale, Ces tumeurs n’ont pas pu prendre comme point de départ les sinus frontaux, car le bord supérieur de l'orbite gauche s’est conservé en totalité, il est normal, A droite aussi l’ostéome n’a détruit que la portion la plus inférieure de l'os frontal. Au contraire Pos ethmoïde, sphénoïde, les deux maxillaires supérieures ont été remplacés presque complètement par la tumeur.

On ne pourrait dire ici s’il s'agissait d’un ostéome encapsulé

ou d’une hypérostose énorme,

OBSERVATION 18. — Mackenzie (1844).

Le 5 VIT, 1844 au Glasgow Eye Infirmary, le Dr A. Anderson extirpa une tumeur osseuse située derrière la paupière inférieure. Elle s’enfonçait de façon à ne plus pouvoir être sentie à travers la paup'ère ef l’on ne pouvait la faire saillir qu’en refoulant en arrière la paupière supérieure dans Porbite. Elle était lisse à l'extérieur, de diamètre de 4/10 et composée de couches de cartilage et de matière osseuse.

OBSERVATION 19.— Rokitansky (1884).

Au musée pathologique de Vienne se trouve le crâne d’un homme mort subitement à l’âge de 26 ans.

Son sinus frontal gauche contient un ostéome éburné qui envoie de là après avoir perforé les deux tables de los frontal, un prolongement gros comme l’œuf d’une canne dans la fosse cérébrale antérieure et un autre du volume d’une noix dans l'orbite, De ce dernier, part enfin un troisième, gros comme une noisette, dans la fosse zygomatique. En outre on voit dans la proximité de la tumeur de petites excroissances osseuses sortant de la table diploïque de l’os frontal et de la grande aile

du sphénoïile du même côté,

OBSERVATION 20. — Adelmann (1845).

Femme de 23 ans. À la partie médiane du sourcil gauche se fit une tumeur osseuse sans cause appréciable ; plus tard s’ajouta une inflammation terminée par abcès et fistule, Exophtalmie.

Adelmann croyant avoir affaire à une exostome extérieure en voulait enlever seulement une portion pour pouvoir remettre en place le globe de l'œil. Les couches superficielles de l’ostéome étaient molles et se laissaient enlever facilement, mais dans la profondeur la masse osseuse se montra « dure comme la pierre ». La reposition du globe réussit, 5 jours après l'opération symptômes de méningite disparaissant cependant bientôt. Six semaines après l'opération la malade part chez elle avec une fistule. Elle n’a pas été revue.

OBSER V ATION 21. — Michon (résu. d’après Dubar) (1850).

Marot, de 19 ans, est reçu à la Pitié. La difformité qui siège surtout à droite de sa figure lui donne {4 physionomie d'un batracien. Pas d'affection vénérienne, Un coup à ce qu'il croil, aurait précédé l'apparition de sa maladie. [y a S3ansil s’aperçut qu’il avait du côté droit de la face une Luméfaction indolente, peu à peu la tumeur se développa, et l’œil fut repoussé en haut et en avant : L'écoulement des larmes devint continu, À 1 ce. m. au-dessous de la’ commissure interne, existe un point fistuleux, le plancher de l'orbite est refoulé en haut, l'œil aussi est sain, Diplopie permanente. Respiration possible : L'odorat est perdu du côté droit. Une sonde métallique introduite dans le fond de la narine droite donne une sensation de dureté, et fait entendre un son net très clair. Le doigt plongé dans l’arrière-bouche, sent au niveau de la fosse nasale droite une tumeur dure et dénudée ; état général bon, La

seule idée qui venait en présence de cette sensation de dureté était celle d'une tumeur éburnée.

Opération le T janvier 1850. — Pas d'anesthésie craignant la chute du Sang dans l’arrière-bouche peniant le sommeil, la tumeur pesait 120 grammes, 0 m. 195 de circonférence dans un sens ; O0 m. 205 sur sa coupe ; 0 m. 065 largeur ; 0 m. 075 hauteur. Le 12 janvier. érysipèle qui gagne le cuir chevelu. Le 16, les fils sont enlevés, l’érysipèle disparaît. Le 5 mars,les résultats esthétiques de l’opération sont bons,

OBSERVATION 22. — Canton (1851).

Une femme de 30 ans, jouissant d’une bonne santé se présente au Royal Westminster ophtalmic hospital et raconte que depuis 7 mois son œil droit a commencé à être repoussé en avant ; le déplacement a rapidement augmenté, et l'œil est maintenant dirigé en bas. Il n’y a pas de douleur, la vision est parfaite ; mais cette difformité met un tel obstacle à l’exercice de sa profession de servante qu’elle est très désireuse d’en être débarrassée, À l'examen, on constate, outre les symptômes mentionnés, que le bord de l'orbite est épaissi et qu'une tumeur dure, en continuité avec lui, s’enfonce en bas et profondément en arrière dans l’orbite, de façon à comprimer l'œil à sa partie supérieure et postérieure, ce qui a déterminé son déplacement.

Opération. — Après avoir chloroformé la malade, j'ai pratiqué immédiatement au-dessous du sourcil une incision qui s'étend de l’apophyse externe du frontal à son apophyse interne. La peau,le muscle orbiculaire et le fascia palpébral ayant été incisés, j'ai continué la dissection dans l’intérieur de l'orbite autour de la tumeur, afin de bien la séparer des parties molles voisines. J'ai fait alors agir un petit ciseau sur les portions accessibles de la base de la tumeur, que j'ai détachée petit à petit de la voûte orbitaire du frontal et que j'ai extraite d’entre la partie supérieure et interne de l’œil, sutures, adhésifs et pansements à l’eau ; au bout d’une semaine, la malade fut guérie sans avoir éprouvé aucun symptôme fâcheux. La vision du côté opéré continua à être presque aussi bonne qué du côté sain. La tumeur avait le volume d’une noix. Elle était très lourde, formée à l'extérieur d’un tissu compact et à l’intérieur d’un tissu réticulaire serré.

OBSERV A TION 23. — Tornroth (1851).

Femme de 50 ans ; avait beaucoup souffert dans les 5 dernières années du rhumatisme et du rhume de cerveau. Enfin elle remarqua au bord supérieur de Porbite gauche une tumeur ovale, À l'examen on trouva qu’elle remplissait tellement la partie supéro-latérale de l’orbite qu’on pouvait à peine glisser la sonde entre la tumeur et la paup'ère supérieure gonflée. Le globe de l’œil fut détruit.

Opération. — A l’aide de l’ostéotome de Heine, Tornroth enleva la portion proéminente de la tumeur. On trouva qu’elle consistait en tissu compact, qui faisait place à l’intérieur à la substance spongieuse, En dehors elle était recouverte d’un périoste épais.

Malgré la suppuration consécutive la plaie guérit, de plus le reste de l’ostéome qui avait été laissé en place, partit par parties avec le pus.

OBSERVATION 24. — Weiss (1851).

M. Weiss met sous les yeux de la société anatomique de Paris une exostose éburnée du sinus frontal appartenant au musée de l'hôpital militaire du Val-de-grâce. Cette tumeur du volume d’un gros œuf, presque ronde, éburnée,est contenue dans l’écartement des lames du frontal au niveau du sinus de cet os ; supérieurement elle est séparée de la paroi supérieure du sinus par un petit espace vide. En bas, elle est recouverte par des lamelles minces du tissu osseux.

OBSERV ATION 25. — Maisonneuve (rés.) (1853).

Jef... âgé de 22 ans, d’une constitution robuste, raconte que les premiers jours de mars 1853, ressentit dans l'orbite, une. sorte de pesanteur et de douleur sourde; mais bientôt, les douleurs augmentent d'intensité, et il s'aperçoit que son œil droit devient un peu plus saillant que l’autre, Le 5 juillet il vint voir

M. Maisonneuve, l’œil droit était sorti de l'orbite, et porté vers la tempe, conjonctivite, Pas d’épiphora, la vision n’était pas complètement abolie, À l'angle interne de l’œil, on reconnaissait au toucher, une tumeur d’une dureté osseuse, peu sensible à la pression, mais elle était le siège de douleurs sourdes et continues qui faliquaient beaucoup le malade et le privaient de sommeil. Diagnostic : exostose de l’orbite et probablement éburnée, Pas de syphilis et traumatisme. Pendant les 15 jours du traitement ioduré, la tumeur faisait des progrès et les douleurs n'avaient pas subi la moindre amélioration.

Opération le 14 juillet. — Une dissection rapide mit à découvert toute la partie antérieure de la tumeur et une partie de sa face interne, ensuite il se mit à buriner la tumeur à l’aide du ciseau et du maillet, après bien des efforts, un gros mamelon se détacha, et ce n’est qu'après de longs et laborieux efforts, qu'enfin la tumeur put être extraite d’un seul bloc, elle pesait 28 grammes, sa forme générale rappelait parfaitement l'os éthmoïde. Le 9 août le malade est présenté à l’Académie,

OBSERVATION 26. — Paget (1853).

Femme de 20 ans. A l’âge de 17 ans une tumeur osseuse se montra à l’angle supéro-interne de l'orbite gauche. Elle augmente graduellement. Opération très pénible, on peut scier à peine une petite partie. Mort de méningite.

Le crâne de la malade se trouve à l'hôpital de Saint-Bartholomée ; Hewett après avoir examiné de près la tumeur considère

comme son point de départ le sinus frontal.

OBSERVATION 28. — H. Walton (1853).

Un charretier, âgé de40 ans, entra à l'hôpital de Sainte-Marie à Londres, dans mon service, à cause d’une exostose prenant son origine au bord supérieur de lorbite. Elle était aplatie et avait une base très large, le point de sa plus grande saillie mesurait trois pouces. Son bord supérieur était recouvert par Île sourcil considérablement relevé ; son bord inférieur plongeait

FA dans l'orbite, touchait au globe de l'œil et le refoulait en bas et en dehors. Le globe de l’œil droit était d’un demi pouce plus saillant que Pœil gauche, AV presque détruite. Limites internes et externes de la tumeur peu marquées, Sa surface est bosselée et aussi dure que de la pierre, la peau qui la recouvre est mobile et sillonnée par quelques vaisseaux. ù

Antécédents. — Dans son enfance le patient a fait une chute sur le crâne du haut de l’escalier, 2 mois après s’est montrée à la circonférence de l’orbite une petite tumeur qui s’accroissait peu à peu.

Diagnostic. — Il n’y avait aucun doute à conserver sur sa nature qu'indiquatent suffisamment les symptômes : dureté, immobilité, accroissement lent, continuité avec l’os, absence de douleur et d’inflammation. C’était bien un ostéome.

Opération. — Le malade étant chloroformé J'ai pratiqué le long du sourcil préalablement rasé, une inc'sion aussi longue que le bord supérieur de la tumeur ; une deuxième incision fut faite de l'extrémité interne de la première incision sur la racine du nez, et une troisième partant de l'extrémité externe et descendant un peu au-dessous de l’angle externe de la paupière. J'ai disséqué le lambeau ainsi formé jusqu’à ce que j’eus m's à découvert l'extrémité inférieure de la tumeur, puis J'ai insinué une scie étroite entre elle et le globe de l’œil et me mis à scier de bas en haut en m’efforçant de suivre la ligne naturelle du sourcil. La texture de cette masse était semblable à celle de l’ivoire, et il fallut beaucoup de temps pour la traverser. Les téguments furent rapprochés par la suture; la réunion par première intention s’efectua, excepté à la partie moyenne de l’incision transversale, d’où s’échappait pendant 8 semaines un pus de bonne nature. En fin de compte, l'œil reprit sa position normale la vue revint et il resta peu de traces de ce qu’on avait fait. Le sourcil qui cachait une grande partie de la cicatrice redescendit à sa place et la paupière se relevait enfin autant que l’autre,

OBSERVATION 29. —- A. Walton (1853).

On voit au musée du Royal Collège of Surgeons un crâne remarquable dont /es deux orbites sont complètement remplies

SHIEe

par deux tumeurs osseuses ; les cavités du nez et probablement celles des sinus maxillaires jusqu'aux portions planes du sphénoïde, font, en avant de la face une saillie de plus de 3 pouces et dépassent d’un pouce les os malaires. Les tumeurs sont symétrique, irrégulièrement arrondies, profondément lobulées, un peu noueuses, et leur surface est perforée, apparemment pour le passage des vaisseaux sanguins.

Ce crâne provient d’un homme de 60 ans. D’après les renseignements que J'ai pu recueillir cette affection avait débuté 18 ans avant sa mort à la suite de coups nombreux et répétés qu’il avait reçus en se battant; pendant son développement, il ressentit de fortes douleurs dans les yeux, la face et la tête. Ses yeux étaient chassés de leurs orbites. Le droit s’enflamma : la cornée se mortifia et s’affaissa ; l'œil gauche fut rompu accidentellement par un coup, au temps où il était déjà le siège d’une tuméfaction et d’une inflammation considérable.

Pendant les deux dernières années de sa vie il donnait plus sieurs fois des signes d’aliénation mentale et il mourut d’apoplexie. Les os du crâne étaient très épais et très durs et toutes les soudures en étaient soudées. Le périoste qui recouvrait les tumeurs était épais et dur.

OBSERVATION 30. — Busch (1854).

Jeune paysanne de 11 ans, bien portante, remarqua à l'angle interne de l’orbite droite une nodosité osseuse. Au cours de 19 ans, cette nodosité devint une grande tumeur, remplissant toute l'orbite et repoussant le bord orbitaire inférieur d’un 1/2 pouce en bas, et le globe oculaire atrophié totalement en haut et en dehors.

Après avoir mis à découvert la tumeur, Busch creusa d’abord autour de lostéome une rigole pour pouvoir y placer un ciseau. Tout de suite après les premiers coups de maillet presque toute la masse de la tumeur tomba, seulement en haut et en dedans resta une portion qui fut cautérisée au fer incandescent.

L'ostéome était en dehors éburné, en dedans spongieux et s'était développé à l'avis de Busch aux dépens de l’os ethmoïde,

Guérison par granulation,

OBSERVATION 31. — Stephenson (1854).

Mile V..., 18 ans, remarqua pour la première fois 3 ans avant de me consulter, une petite nodosité osseuse sous le sourcil ; elle continua à augmenter sans occasionner de douleur ni de troubles fonctionnels. Quand je l’examinai, ’excroissance osseuse avait plus de 2 pouces de diamètre à sa base, et elle proéminait sur l’œil comme un cône renversé.

Opération. — Une incision linéaire fut pratiquée sur le bord sourcilier de l’apophyse angulaire interne à l’apophyse externe de l’os frontal. Du milieu de cette incision, partit une autre, verticale, coupant la première à l’angle droit. L’os ayant été dénudé de son ptrioste, la tumeur fut enlevée ‘au moyen de Ja scie de Hey, de l’élévateur et de fortes tenailles. La malade guérit parfaitement et n’eut pas de récidive.

OBSERVATION 32. — Windsor (1857).

Alice Holp, 24 ans, habitant près de Burg, est admise à la consultation du Eye Hospital de Manchester, le 21 février 1856. Le globe occulaire gauche est abaissé, ou tout au moins la face cornéale en est dirigée en bas par une tumeur intraorbitaire que le doigt permet de sentir très distinctement à la partie supérieure et externe de orbite ; elle fait une légère saillie au-delà du rebord de cette cavité; mais elle est recouverte par la conjonctive, La compression exercée sur la tumeur abaisse évidemment l’axe horizontal de l'œil au-dessous de celui de son congénère, Bien que la pupille soit peu mobile, la vision est encore bonne. Il ÿ a un peu de larmoiement et de sensibilité, mais l’œil n'offre point de traces d’inflammation.

La malade ne se souvient pas d’avoir jamais reçu de coup sur l'œil, ni de blessure à cet organe; mais, dans l'exercice de sa profession, elle a été fréquemment exposée à des courants d’air et elle a eu de temps en temps de légères attaques d’ophtalmie. Il y a environ 9 mois qu’elle s'est aperçue de la présence de sa tumeur, qui avait alors le volume d’un pois. Elle ft une application de deux sangsues, et se servit d’une lotion qu’on lui pres-

crivit, mais là tumeur continua de s’accroitre, Sa santé générale est assez bonne. On lui prescrivit une lotion saturnine et quelques pilules purgatives.

3 août. — Elle revient se montrer à la consultation : il est survenu peu de changement dans son état ; néanmoins, la saillie en avant, et la déviation de l'œil sont un peu plus marquées.

Elle exprime le vif désir que l’on fasse quelque chose pour la débarrasser. En conséquence, je divise, dans l'étendue d’un pouce environ, la commissure externe, afin de me donner de l’espace pour pouvoirinciser le repli supérieur de la conjonctive ; une portion de substance adipeuse vient faire saillie et est excisée. Je puis alors passer le doigt entre la partie supérieure du globe de Pœil et la voûte de l’obite, et sentir distinctement à la partie postérieure et supérieure de celle-ci une tumeur osseuse, ou exostose de forme lamelleuse, d’une certaine épaisseur et de la dimension d’un schilling environ, La tumeur, dans son accroissement progressif, paraît avoir poussé en avant contre le sinus supérieur de la conjonctive, le tissu cellulaire de l'orbite; c’est à cela qu'était due la sensation de tension et de résistance que le doigt percevait en ce point.

La profondeur à laquelle était située cette (umeur osseuse et son étendue me firent penser qu’il ne fallait rien tenter de plus pour le moment; je me contentai de rapprocher, à l'aide de la suture, les lèvres de Pintision pratiquée au canthus externe, et je terminai le pansement à l’aide des bandelettes agglutinatives et d’un appareil léger. "RO

On avait fait usage du chloroforme et la malade supporta bien l’opération, qui s’accompagna d’un $uintement sanguin considérable, mais sans qu’il y eût aucun jet artériel qui nécessität une ligature. ds

5. — La malade n’a éprouvé presque aucune douleur, ni aucun trouble général. La paupière supérieure recouvre encore une DD tion considérable du globe de Pœil; néatumoins, la Vision est passable comme avant l'opération.

21. — Aucun changement notable n’est survenu, SE ce n’est que la portion supérieure de la conjonctive est renvefsée en dehors, de telle sorte qu’elle cache la partie antérieure de

l'œil,

98. — On excise à l'aide des c'seaux courbes une portion con: sidérable de la conjonctive renversée,

2 mai. — Le renversement de la conjonctive n’est plus aussi considérable, néanmoins il persiste encore, surtout vers le côté interne.

14 juin. — L'œil est toujours très saillant, bien que la rétine

aitconservé sa sensibilité. On sent distinctement la tumeur entre le globe oculaire et la paroi supérieure de l’orbite,

La malade étant chloroformée, je divise largement la comm'ssure externe, et j’introduis le bistouri entre le globe oculaire et la tumeur, celle-ci étant composée en partie de substance osseuse en partie d’une substance cartilagineuse très dense, et s'étendant profondément jusqu’au nerf optique, il fallut un certain temps pour en faire l’ablation, que j’effectuai tantôt à l’aide de la gouge et des pinces incisives, tantôt à l’aide du doigt. Le nerf optique fut complètement mis à nu, mais il ne fut point

lésé.

“I y eut pendant longtemps un suintement ‘sanguin abondant. Sous cette influence ou sous celle du chloroforme, peut-être même grâce à l’action de ces deux causes réunies, la malade reste pendant un certain temps dans un état syncopal. On administre un opiat et quelques stimulants qui sont rejetés par le vomissement. Le pouls pendant le reste de là journée donne de 56 à 60 pulsations, ét la malade est fort assoupie.

15. — La malade a passé une assez bonne nuit ; elle est très tranquille, Le pouls est encore à 60 environ ; il se fait un léger écoulement de sang qui vient de l'orbite ; il existe à peine dela douleur dans l'œil, mais il y a un peu de céphalalgie occupant la partie gauche et supérieure de la tête, des nausées, mais pas de vomissements. J’enlève l'appareil qui était durci, et je me contente d'appliquer un peu de charpie mouillée.

16. — Pouls à 72, La malade est très calme, mais se plaint encore un peu de sa tête, les deux paupières sont gonflées et livides. L’œil n'ést pas encore rentré dans l'orbite. Mixture eNervescente à prendre 3 fois par jour.

17,— Sommeil modéré, Pouls à 72. La douleur de tête a diminué, mais cellede l’œil, d'où commence à s'échapper un pus Sanguinolént, à plutôt augmenté, Un péu de constivation, soif, inappéténce. Deux pilules purgatives.

ag

18. — Les pilules ont bien agi, il n’est survenu aucun changement notable,

19. — Sommeil passable, Pouls à 92 ; langue blanchâtre, selles régulières, peu de céphalalgie, Les paupières sont encore tuméfiées, rouges et douloureuses. On les enduit de temps en temps d’huile d'olive, et on les recouvre de charpie mouillée. Continuation de la mixture effervescente, 2 pilules purgatives.

21. — Le gonflement et la lividité des paupières diminuent, mais ces parties semblent avoir exercé une pression nuisible sur la cornée qui paraît trouble, mais n’est point le siège d’une eschare.

17 juillet. — La malade a été à la campagne, la proéminence du globe de l’œil diminue graduellement.

12 août. — Il n'existe plusaucune douleur dans la tête ni dans l'œil. La saillie du globe oculaire a beaucoup diminué. La con- Jonctive tuméfiée est encore un peu renversée en dehors. La cornée est en partie transparente, mais la vision est imparfaite.

10 octobre. — La saillie de l’œil a presque complètement disparu, 1l n’y a ni douleur ni inflammation. La vue existe à un certain point. La santé générale est très bonne, Depuis cette époque, lamalade ne s’est plus présentée à la consultation.

Remarques. — Cette tumeur ou exostose était surtout composée de substance osseuse (lors du premier examen, elle donnait au doigt la sensation d’une tumeur complètement osseuse), mais elle contenait aussi une substance plus molle : peut-être Le nom d’ostéo-sarcome, ou d’ostéo-chondrome, est-il celui qui y convient le mieux. Elle paraît avoir pris naissance au-dessous du périoste de la voûte de l’orbite, c’està-dire entre l’os etla membrane qui la revêt.Il me paraît difficile d’assigner une cause au développement de cette tumeur : a-t-elle était produite par une lésion traumatique où est-elle la conséquence de quelque cachexie comme la scrofuleuse, la cancéreuse, ou enfin de quelque autre suis generis ? Bien que la malade n’accusât aucune cause traumatique, cepen-

de Taranto 40

==150 — dant sa profession de tisseuse, dans laquelle les navettes déterminent tant d'accidents, permet de supposer qu’elle peut avoir reçu un coup dans cette région et l’avoir ensuite oublié.

Il n’y avait dans ce cas aucune raison de penser à la sypbilis. Il faudrait pouvoir comparer un grand nombre de cas de cette nature pour arriver sur leur étiologie, à une conclusion satisfaisante. Une recherche également importante à faire, c’est celle de savoir si les affections de cette nature peuvent céder à un traitement autre que lopération. Dans le cas présent, on ya eu recours parce que le volume de la tumeur allait graduellementens’accroissant, et qu'il parut que la pression qu’elle exerçait devait promptement compromettre l’organe de la vision, et aussi produire l’absorption où l’ulcération de la portion orbitaire du frontal, et provoquer ainsi une lésion grave du cerveau où des méninges.

Il est de fait que, pendant l’opération, on put sentir avec le doigt d’une manière distincte que la portion de lorbite à laquelle la tumeur était fixée, offrait une surface inégale et rugueuse.

Le résultat du traitement a été en grande partie satisfaisant ; le mal a pu êtreenlevé, et rien n’annonce qu'il doive se reproduire, L'œil a complètement repris sa place, et la vision s’excerce jusqu'à un certain point, bien que, pendant un temps, la cornée parûtavoir presque complètement perdu

sa transparence.

OBSERVATION 33. — C. Hoppe (1857).

Le chef du service de chirurgie à Bonn, D' Busch (cas décrit par Hoppe)opérait une jeune fille de 22 ans chez laquelle il y a 7 ans une tumeur osseuse s'était développée immédiatement

au-dessus de la racine du nez.

Extirpation totale réussit, mais la malade mourut 13 jours après d’un abcès cérébral. La tumeur avait le volume d’un œuf de poule et remplissait les deux sinus frontaux et le labyrinthe de l’os ethmoïde. En outre elle envoyait à travers la fosse antérieure du crâne un prolongement gros comme un œuf de pigeon dans la cavité cranienne.

OBSERVATIONS 34-35. — Lambl (1857).

Dans la collection de Vrolik se trouve un crâne contenant un ostéome du sinus frontal. La table osseuse extérieure, usée et atrophiée forme une mince écorce adhérant par places à la tumeur. Le crâne appartient à un individu âgé de 36 ans et mort de la mélancolie. Sa tumeur osseuse a paru pour la première fois quand il avait 14 ans.

Une autre pièce anatomique provient d’un idiot, mort à l’âge de 22 ans d’une pneumonie, Au-dessus du nez, se trouve dans l’os fronta un ostéome du diamètre maximum de 9 centimètres, excavé à sa partie antérieure par la nécrose et s'étendant en arrière dans la cavité cranienne. Eu outre, aux os les plus différents du crâne se voient des exostoses,petites, semblables aux gouttes de la cire, d’autres, plus grandes, pareilles aux papilles au bout dilaté. Toutes sont compactes. Lambl pense que le malade vint au monde avec ces exostoses.

OBSERVATION 36. — Aiïken (1858).

Femme. Il y a 3 ans elle a remarqué la proéminence de son œil droit. Lorsqu'elle vint chez Aïken, la tumeur avait le volume d’un œuf de poule, occupait les 2/3 de l'orbite et sortait du toit de celle-ci. Après une incision parallèle au sourcil et divisant les parties molles, on s’aperçut que la tumeur etle toit orbitaire formaient un. L’ostéome était de la dureté éburnée, les ciseaux et les pinces de toute espèce ne pouvaient rien contre lui, une petite portion seulement se laissa détacher. On abandonna donc l’opération pour la reprendre 3 semaines après.

A ce moment on fora dans la tumeuravec un fin foret une série de trous profonds de 1/2-1” et dirigés dans tous les sens, mais toujours parallèlement au toit de l'orbite pour ne pas le perfo-

rer, Dans ces trous, Aiken fit pénétrer de l’acide nitrique à l’aide de morceaux de toile fine imbibés de cet acide, Grâce à ce procédé, on put dans les semaines suivantes, vu l’amincissement progressif des cloisons entre les trous, fracturer les cloisons l’une après l’autre, de sorte que 4 mois plus tard la presque totalité de l’ostéome était enlevée. Une fois, fut coupé de cette façon un ramuscule nerveux traversant la masse osseuse.

Après l’ablation de la tumeur, l’œil fut replacé dans l’orbite et les douleurs cessèrent. Toutefois on était obligé d’enlever le bandage compressif, car l’œil ne pouvait pas le supporter. Bientôt des symptômes inquiétants s’installèrent : maux de tête violents, soif, chaleur et sécheresse de la peau. Calomel (par doses de 10 grains), morphine, teinture de vératrine.

Ces symptômes disparaissaient et revenaient, puis ils se calmèrent entièrement après un mois.

La vision se rétablit complètement, La malade partit chez elle œuérie, car somme toute il ne lui resta comme trace de l’ancienne souffrance que la cicatrice linéaire au-dessus de la paupière supérieure ; une petite fistule à l’angle externe et enfin, l'impossibilité de tourner l’œil en dedans, car le muscle droit interne avait été coupé.

OBSERVATION 37. — (Carron du Villards) (1858).

Frantz Claesmann avait depuis plusieurs années, au grand angle de œil, une tumeur dure, du volume.d'une olive, qui jetait fortement en dehors le globe de l'œil droit ; la vue n’était point altérée. Le malade désirant tre débarrassé de cette difformité, dont je reconnus la nature osseuse par des ponctions exploratrices, Je fis, dans la région sourcilière et nasale du grand angle, une incision semi-lunaire, qui me permit d’arriver facilement sur la tumeur, que je reconnus avec le doigt être un ostéophyte du volumé d’une belle olive. Après avoir essayé vainement sur elle des tractions assez fortes, j’enfonçai entre la paroi interne de orbite et la tumeur une forte spatule de trousse en acier, ce qui fit sortir à l’instant l’ostéophyte. Le doigt porté dans la plaie me fit reconnaître dans la portion osseuse (le l'orbite une petite cuvette, où la tumeur était

assise, comme un pois dans un cautère. Les lèvres de la plaie, rapprochées au moyen d’une suture entortillée et recouvertes de compresses imbibées d’eau froide, se réunirent par première intention.

OBSERVATION 38. — (Lenoir) (résumée) (1858).

M... Rosalie, 34 ans. Pas de syphilis, pas de {are héréditaire. Deux ans et demi auparavant, gonflement œdémateux avec rougeur de la peau,et douleurs atroces du côté droit de la face et de la tête. Trois semaines après, le gonflement et la rougeur disparurent, mais les douleurs persistèrent. À ce moment, apparut dans l’angle de l’œil droit une petite grosseur; l’œil se porta en dehors. Il y a six mois, un abcès se forma dans la paupière supérieure et on l’ouvrit du côté externe ; une autre ouverture se fit en dedans, et a laissé une fistule qui persiste encore. Actuellement, saillie de la grosseur d’une noisette qui comble l'angle interne de l'œil droit ; on aperçoit dans la narine droite, un corps blanc jaunâtre, arrondi, dur, mobile, faisant saillie presque à l’extérieur,

Opération faite par M. Lenoir: division du nez de haut en bas par une incision médiane, il entr’ouvrit l'os propre dunez mis à nu, à l’aide d’une pince de Liston ; latumeur supérieure adhérait à la base du crâne, entre l’apophyse orbitaire et les fosses nasales,elle était immobile et fut détaché avec la gouge et le maillet; quant à la tumeur inférieure elle se détacha facilement, Ces deux tumeurs étaient étrangères aux sinus,

OBSERVATION 39. — (Mackenzie) (1854).

Un ouvrier fut admis à la Royal Infirmary de Glasgow, dans le service de M. Lyon. Il avait une exostose du volume d’un œuf de pigeon, prenant naissance à la voûte de lPorbite droite. Le bord supérieur de l'orbite semblait refoulé en haut par la tumeur ; tandis que l’œil était poussé en bas et en avant.

Opération. — On mit la tumeur à nu par une incision parallèle aux fibres de l’orbiculaire, et le doigt passé derrière et sous elle fit reconnaître nettement qu'elle était limitée. On

NES Le

essaya sur elle Paction de la gouge, des tenailles incisives, de la râpe, du couteau à rogner, le tout en vain.

On passa derrière et autour de la tumeur une scie à chainettes, mais elle ne put mordre. La scie de Hey ayant été appliquée sur sa partie antérieure, on parvint à force de persévérance,à pratiquer à l’exostose, dans le plan de la voûte orbitaire une entaille de 3/4de pouce de profondeur. On introduisit un levier dans le trait de scie, mais la tumeur ne cé:la point à l’'emploi de la force, que la crainte de fracturer la voûte orbitaire et d’intéresser le cerveau empêcha de pousser trop loin. On parvint, après quelques difficultés, à scier la portion de l’exostose qui s’avançait entre le trait de scie déjà pratiqué et l'œil, et l’on ferma la plaie, espérant que la nécrose achèverait ce que l’opération avait commencé. Dix ans se sont écoulés depuis l'opération. L’exostose est toujours restée à nu à travers laplaie et porte encore la marque de la scie comme si elle avait été faite la veille. La portion du frontal à laquelle elle s’insère paraît un peu mobile. L’œila été complètement chassé de l'orbite et la cornée est devenue opaque. En 1865, le D° Mackenzie a donné, dans une nouvelle édition de son livre, l'histoire ultérieure de son malade.

Le 26 mai 1858, ce malade entra de nouveau dans un hôpital, à la Glasgow Eye Infirmary. L’ostéome était beaucoup plus saillant, plus mobile, du pus s'écoulait en abondance de la partie postérieure de la tumeur. Elle se laissa détacher sans beaucoup de peine, Mackenzie ne donne pas de détails. Elle était en grande partie nécrosée et de forme très irrégulière,

Après son ablation, l'orbite fut trouvée intacte, mais très évidemment déplacée en bas ; en même temps le globe oculaire avait subi une torsion en dehors. La vision était complètement éteinte, la paupière supérieure,rétractée et déformée, Le grand diamètre de lostéome détaché était de 1 1/8 pouce anglais ; il pesait 4 drachmes, 2 scrupules et 7 grains. Il est conservé dans la collection ophtalmologique du Glasgow Collège, avec la portion que le docteur Lyon en avait déjà enlevée.

L’ostéome, dans ce cas, paraît s'être développé entre les tables externe et interne du frontal ; il a laissé, après son ablation, une vaste caverne CoMmMmuniquant avec le Sinus frontal droit:

La voûte orbitale, ou plutôt sa table inférieure était refoulée en bas,en même temps que le globe oculaire, Le plancher de l'orbite était d’un 1/2 pouce au dessous de son niveau normal. Le creux fut rempli de charpie, la plaie se recouvrit de granulations de bonne nature, le malade se trouva débarrassé de ses douleurs et très soulagé par l’ablation de l’exostose. La pau pière supérieure resta seulement rétractée et déplacée.

OBSERVATION 40. — A. Mott (1854).

W. H..., 33 ans, tourneur, s’est aperçu il ya7 ans d’une tuméfaction siégeant à l’angle interne de l'œil gauche et accompagnée de larmoiement. 18 mois plus tard, la narine du même côté s’obstrua.

Un chirurgien essaya d’y faire pénétrer une sonde, mais cette tentative n’eut pour résultat que d'amener une grande douleur dans la tête et une grande tuméfaction de la face du même côté. L’état de la malade empirant, il s’adressa à moi le 11 avril 1854 :

Voici ce que je pus constater à l'examen. Depuis 2 mois la narine gauche est le siège d’un écoulement sanguin qui ne cesse ni le Jour, ni la nuit; céphalée intense qui ne permet point au malade de se livrer au travail ; depuis 1 mois il s’est ouvert un abcès près de l’angle interne de l’œil, dans la paupière inférieure, Une sonde,passée à travers cette ouverture va frapper los hypertrophié, dont le prolongement dans la narine correspondante est manifeste. L’œil est déplacé, il proémine d’une façon assez considérable en avant et en dehors.La vision est presque complètement abolie. Il n’était pas possible d’apprécier exactement le volume de la tumeur, mais d’après lancienneté du mal, je conclus qu’elle avait pénétré dans l'orbite et qu’elle était fortement fixée à ses parois.

Opération le 23 avril: Le malade est anesthésié au mélange (à parties égales) de chloroforme et d’éther. Je fis alors une incision verticale s'étendant de l’aile du nez à uu 1/2 pouce environ au-dessus du sourcil ; une seconde incision transversale croisant la première à l’angle de la paupière supérieure du côté malade; elle intéressait la peau du dos du nez et venait se ter-

miner à l'angle interne de l’œil droit. Les quatre lambeaux compris dans ces incisions furent ensuite disséqués avec tout le soin possible, On put alors s’assurer que la masse osseuse s’étendait tout à la fois dans la cavité nasale et dans la cavité orbitaire auxquelles elle adhérait fortement. Armé d’une paire de forts ciseaux de Liston, je séparai alors los nasal gauche du droit, puis avec une petite scie flexible et droite je le détachai de l’os frontal. Au moyen d’une petite manœuvre je parvins à déloger une portion de la masse osseuse; puis avec un ciseau fin et le maillet je détachai le reste de la tumeur, successivement de la pointe orbitaire formée par l’os frontal et de celle qui appartient au maxillaire supérieur’. L’os ynguis se trouvaittellement englobé par la tumeur, que je fus obligé de l'enlever avec la masse entière, alors le tout étant devenu un peu mobile, j'exerçai quelques tractions avec de fortes pinces ; enfin quelques coups de ciseau me permirent d’enlever la tumeur. À ma grande satisfaction, je vis que les parois de l'orbite n'avaient pas été intéressées,

L’œil fut replacé dans la cavité orbitaire et les bords de la plaie suturés. Une compresse placée sur le globe oculaire et soutenue par un bandage circulaire acheva le pansement, Du 23 au 26 avril le malade va bien; le 27, il ade la fièvre ; le 28, un érysipèle apparaît sur la joue, s'étendant vers le nez ; le 80, il disparaît grâce à l'application toutes les deux heures de perchlorure de fer.

A cette époque l'œil qui avait été replacé, commençait à percevoir les objets. La vision s'améliore de jour en jour de même que la santé, et au bout d’un mois le malade quitte l'hôpital. Je souligne ce retour de la faculté de la vision dans un œil qui depuis si longtemps était déplacé et Liraillé,

OBSERVATION 41. — Bowman (1859).

Homme, 30 ans. Il ÿ a 8 ans il remarqua un léger déplacement de l'œil gauche, ce déplacement augmentait avec le temps. A l’examen le 12 septembre 1859 on trouva l’œil déplacé en dehors et un peu en avant; à travers les paupières, on sent une tumeur dure, arrondie, qui semble provenir de l'os lacrymal, Surtout

2 nodules peuvent être bien sentis: l’un au-dessus, l’autre audessous du tendo oculi, Le caroncule est repoussé en avant, la conjonctive estcongestionnée.A l’ophtalmoscope, le nerf optique est aussi rouge que le reste de la tumeur eton ne peut le reconnaître que grâce au passage des vaisseaux rétiniens.

Opération. — Incision commençant en dedans du « tendo oculi » et prolongée en dehors et en haut sur la paupière supérieure, à la distance de 3/4 de pouce. Elle met à nu le nodule supérieur de la tumeur. Ponction exploratrice. Elle ne ramène rien, donc tumeur osseuse. On l’arrache de la paroi interne de l'orbite au moyen d’un élévateur; on s'aperçoit alors qu’elle est pédiculée. Une petite portion du pédicule, qui était restée, fut enlevée avec une pince. La tumeur est nodulée, tubéreuse, osseuse; à la section on trouve qu’elle est poreuse auprès du pédicule. Ailleurs, elle est extrêmement dense, Elle se trouvait logée dans une fosse profonde, au-dessus de laquelle passait le tendon du muscle supérieur oblique.

26 juillet, — Les paupières qui étaient très gonflées le lendemain de l'opération sont redevenues normales, la plaie s’est fermée, la vision est excellente. Deux mois après l’opération, le nerf optique arepris son aspect normal, le globe est revenu totalement à sa fonction et à sa position normales.

OBSERVATION 42. — Hutchinson (1859).

Femme de 50 ans. La tumeur se montra de bonne heure. Elle partit du côté nasal de l’orbite et remplit peu à peu cette dernière. Lorsque Hutchinson vit la malade (en 1859), l'œil était détruit et dans l’orbite se trouvait une grande masse nodulaire d’un tissu éburné, non recouvert de la peau et présentant, par places, de la nécrose. A l’opération elle fut facilement mobilisée ; on s’aperçut qu’elle n'avait pas d’attache, et qu’elle était tout simplement comme couchée dans l'orbite distendue. Les parois de l'orbite avaient été détruites et la dure-mère seule séparait la tumeur du cerveau, Le sinus frontal droit fut aussi détruit, deux fistules passaient au-dessus et s’ouvraient près de la ligne médiane. Après l’ablation de la tumeur (l’opérateur craignait de toucher à la base) la malade se rétablit vite et la cavité subit une diminution considérable,

OBSERVATION 43. — Letenneur. (Résumée d’après Dubar) (1859).

M D... de 40 ans, porte une tumeur à l’angle interne de l'œil gauche, le début remonte déjà à plusieurs mois. A la vue, on ne constate qu'un léger soulèvement dans le point corréspondant. Au toucher, elle est dure, osseuse, immobile etsembleavoir son point d'implantation dans l’os unguis. Vision normale, les mouvements de l’œil sont faciles. Pas de douleur et pas d’épiphora. Pas de résultat par le traitement ioduré ; au contraire, la tumeur grossissant le globe oculaire fut repoussé en dehors ; strabisme et diplopie. Quelque temps après, un abcès se forma, et s’ouvrit à 1 c/m. au-dessous du grand angle de l'œil,

Opération en novembre 1859 : Un lambeau, y compris le périoste, fut décollé de la tumeur et rejeté en dehors, l’exostose mise à nu paraissait très solidement fixée aux os. La pointe d’un perforateur fut portée successivement à 1c/m. d’intervalle sur toute la ligne où la tumeur paraissait confondue avec la paroi interne de l'orbite ; puis, au moyen d’une petite gouge et d’un maillet, je termine l'opération, en isolant la tumeur par l’action d’un levier qui frappait la voûte.

L'examen de la tumeur démontra qu’elle avait son point de départ et sa base osseuse dans los unguis, et dans la partie voisine de l'os planum ; la cicatrice linaire demeura à peine visible.

OBSERVATION 44. — Oettingen (1860) (résumée).

Chez un homme de 24 ans, bien portant etfort, s'est développé il y a 3 ans à l'angle supéro-interne de l'orbite droite, sans cause appréciable, une tumeur osseuse repoussant l’œil en avant, en bas et en dehors. Oëéttingen n'enleva que la partie proéminénte de la tumeur et remit en place le globe de l'œil, Cependant, 29 jours après Popération, le malade mourut avec des symptômes cérébraux.

À lPautopsie, on trouva un abcès au lobe frontal droit; la table interne de l’os frontal présentait une solution de continuité de plusieurs lignes carrées, à travers laquelle s'était propagée, à

l’avis de l’auteur, l’inflammation au cerveau. Le sinus frontal contenait encore des restes de la tumeur.

OBSERVATION 45. — Bader (1860).

Richard R.., 19 ans, entre à l'hôpital au mois de juillet 1860. Dès l’âge de 9 à 13 ans il souffrait de maux de tête. Il y a 5 ans, l'œil gauche grossit et quelques mois après le sourcil et la paupière supérieurs devinrent très proéminents. Il n’a éprouvé ni douleurs, nt diplopie, ni éclairs lumineux, mais la vision de l’œil gauche est affaiblie

Etat actuel. — Une tumeur lisse,dure,immobile, un peu plus grande qu’une noisette, proémine à la partie supiro-externe de l'orbite, soulevant en avant la paupièresuptrieure, et repoussant l'œil en dedans et en bas, de sorte que le bord inférieur de la cornée droite se trouve au même niveau que le bord supérieur de la gauche . La peau de la paupière es: mobile, sans changement de couleur ; les paupières peuvent se fermer malgré la tumeur, mais alors elles sont fort tendues.

Excepté un peu de congestion de la conjonctive et la pâleur de la pupille optique, l’œil ne présente rien d’anormal. Le malade peut lire le ne 16 de l'échelle des caractères.

Opération. — Le 24 septembre, le malale est chloroformé. Le chirurgien en chef, M. Bowman pratique à travers la paupière supérieure, à 2 lignes environ au-dessous du sourcil, une incision longue de 2 1/2 pouces et met à nu la surface antérieure de la tumeur, blanche et lu‘sante. Après l’avoir complètement séparée des parties molles, il essaye d’introluire une gouge entre elle et le bord externe et supérieur de l'orbite : il éprouve des difficultés, mais pendant les efforts qu’il fait pour enfoncer instrument plus profondément dans l'orbite, la masse de la tumeur se sépare brusquement de ses at'aches et peut être extraite. On défache ensuite de la paroi de l'orbite un certain nombre de petits fragments à l’aide de la gouge. Une portion de la paroi orbitaire supérieure et externe présente des inégalités jusque vers le fond de lorbite ; aucune des parties contenues dans cette cavité n’est endommagée, Il s'écoule peu de sang ; les lèvres de la plaie sont rapprochées par la suture et

une légère compression. Pas d’accidents après l'opération. Au moment de la sortie du malade, l’angle externe de la plaie n’est pas encore cicatrisé : la peau environnante est rouge, gonflée et sensible, mais les mouvements de l'œil sont libres, la paupière s'ouvre avec difficulté. Le malade lit le n° 4. L’œil n’a pas encore complètement repris sa place.

28 décembre. — Le malade nous écrit que sa plaie va bien, sans être encore cicatrisée, L’œil rentre progressivement, mais fait encore un peu de saillie. Le malade en voit aussi bien que de l’autre.

La grosse extrémité de la tumeur était dirigée en avant ; la petite vers le fond de l'orbite. Cette tumeur pèse 6 drachmes ; elle est formée de tissu osseux poreux. Elle est légèrement com-

pressible ; la pression en fait sortir du sang.

OBSERVATION 46. — Knapp (Rés. d’après Dubar) (1861).

Malade âgé de 54 ans. Père syphilitique, dont les derniers symptômes avaient disparu plusieurs années avant la naissance du fils en question. Il y a 9 mois, on remarqua l'apparition d'une exophtalmie gauche avec tuméfaction érysipélateuse des paupières. La disparition totale des phénomènes inflamatoires au bout de 8 jours et la régression partielle de l’exophtalmie furent suivies au bout de 3 mois (juin 1860) d’une nouvelle atteinte après laquelle la régression des phénomènes fut beaucoup moins complète que la première fois; fin juilleton constata à la partie supéro-interne de l'orbite une tuméfaction assez molle. Malgré le traitement antisyphilitique, fin septembre on perçoit une tumeur dure et immobile. Le diagnostic d’exostose compliquée de poussées de périostite fut porté. Opération le 3 février 1861. La tumeur mise à nu, le chirurgien creusa dans le bord orbitaire une gouttière de 6 centimètres avec l’ostéotome de Heine, et avec le maillet et la gouge enleva de msorceaux sur une largeur de 30 millimètres et une profondeur de 18 millimètres, mais n’osa aller plus loin par crainte de lésions graves. Durée de l'opération : 5 heures.

Après quelques accidents inflammatoires sans gravité qui disparurent d'eux-mêmes, apparurent sept semaines après l’opéra-

tion,les premiers symptômes de phénomènes cérébraux auxquels le malade succomba.

L’autopsie montra un exsudat purulent à la base et dans les ventricules et permit d'examiner la tumeur recouverte partout par la dure-mère hyperémiée ; l’apophyse crista-galli et la plus grande partie de la paroi orbitaire avaient disparu sous sa poussée. Elle s’étendait en arrière jusqu’à la base des petites ailes. Les cellules frontales gauches étaient toutes envahies les cellules droites en grande partie, envahies par la tumeur qui est bosselée et d’un blanc jaunâtre. Sur le lohe frontal gauche, on trouvait une empreinte correspondant à la saillie de l’exostose. Al’examen microscopique, la couche molle superficielle déjà signalée se montre comme une enveloppe conjonctive.

OBSER V ATION 47, — Deprez (1862).

M. Boulme, de Gauchy, âgé de 19 ans, vint se présenter à moi en octobre 1861, pour me prier de le débarrasser d’une tumeur qui avait commencé à paraître 18 mois auparavant, et qui était située à la partie interne de l'œil. Cette tumeur, moins volumineuse à cette époque que 6 mois plus tard, quand je l’opérai, occupait déjà une partie importante de l'orbite. Très dure, mamelonnée, irrégulière, indolore, elle présentait bien le caractère de la tumeur osseuse. Aussi, je m’empressai de soumettre ce jeune homme à l’usage de l’iodure de potassium qui fut longtemps continué ; la dose fut élevée graduellement à trois grammes par jour. Je joignis plus tard à ce traitement l'usage de l'électricité intermittente, appliquée aux deux extrémités de la tumeur. Pendant quelques semaines, la tumeur parut diminuer d’une manière notable, puis elle reprit sa marche ascendante. Le traitement antisyphilitique, longtemps continué, ne donnant aucun résultat, il fallait ou abandonner la maladie à sa marche naturelle, c’est-à-dire à l’expulsionet à la perte de l'œil par les progrès incessants du mal, ou essayer lPextirpation de la tumeur ; c’est à ce dernier parti que je m’arrêtai.

A cette époque, l’exostose s’étendait extér'eurement depuis la partie interne du sourcil gauche jusqu’au-dessous du pli inférieur circulaire à la paupière inférieure. A sa partie supérieure,

elle paraissait confondue avec la paroi supérieure de l'orbite ; en dedans, avec la partie externe des os du nez et de l’apophyse montante du maxillaire supérieur ; à sa partie inférieure, elle projetait des saillies irrégulières qui dépassaient la paroi inférieure de l'orbite ; en dehors,elle se perdait vers le fond de l’orbite en côtoyant l'œil, qui, propulsé en dehors et en avant, indiquait que la tumeur était volumineuse et profonde ; à sa partie antérieure, comme je l’ai dit plus haut, elle était mamelonnée, fort irrégulière.

L’exophtalmie était des plus prononcée, le larmoïement incessant, et le tiraillement en avant du nerf optique aussi bien que la compression de l’œil, commençait à amener un affaiblissement de la vision,

Dans certaines circonstances on entendait, en appuyant fortement, une certaine crépitation qui me fit penser que la tumeur pouvait être moins adhérente qu’elle ne le paraissait ; je reconnus bientôt mon erreur.

Le 2 mai 1862, aidé des D Bacheet Amand, qui m'ont prêté vaillamment leur concours, je fis une incision curviligne et profonde, s'étendant depuis la partie interne du sourcil gauche jusque sur Le pli inférieur de la paupière inférieure et contournant exactement en dedans les limites de la tumeur ; je disséquai profondément le lambeau externe, de manière à la mettre à nu, Il me fallut dans cette incision comprendre l’insertion du tendon des deux cartilages tarses, le sac laerymal, etc.Il fallut des efforts extraordinaires pour entamer cette masse éburnée, qui était trop volumineuse pour être enlevée en une seule pièce.Plus de vingt tours d’un trocart vigoureusement appliqué sur le milieu de la partie antérieure de la tumeur, donnaient à peine assez de place pour loger la tête d’une épingle ordinaire, Il fallut employer la gouge etle marteau de plomb, le ciseau à froid, les daviers courbes et droit, etc., pour entamer la tumeur, Une fois la partie externe ou oculaire enlevée, j’introduisis de force le ciseau à froid, en le dirigeant du côté des fosses nasales, entre les os sains et la production éburnée ; il fallut enlever toute la paroi interne de l'orbite jusqu’à un centimètre à peine du trou optique ; une des difficultées sérieuses à vaincre fut l’adhérence de la tumeur avec la paroi supé-

rieure de l'orbite, c’est-à-dire . avec le plancher de la partie antérieure du cerveau.

Entre la tumeur et le globe oculaire, se trouvait interposée une membrane cellulo-fibreuse, dépendant de l’aponévrose générale de l’orbite ; elle fut ménagée avec le plus grand soin ainsi que le globe oculaire, Aussi, après l’opération l’œil put-il rentrer à l'aise dans la cavité qu’on lui avait restituée. Il était séparé de la fosse nasale correspondante, et la paroi interne normale se trouvait pour ainsi dire rétablie. Un point de suture à la partie moyenne de la plaie, et des compresses d’eau froide incessamment renouvelées pendant plusieurs jours, furent le seul pansement prescrit, L’œil a repris depuis lors ses fonctions de la façon la plus complète. Quelque temps après l’extirpation, il ÿ avait un peu dediplopie, quand l’opéré regardait en bas ; mais cette lésion de fonction a complètement disparu. La vision se fait aujourd’hui, six ans après l'opération, parfaitement bien et dans toutes les directions. Il ne reste comme trace de l’opération qu’une cicatrice linéaire à peine visible et un très léger rétrécissement dans le diamètre tranversal de l’ouverture palpébrale. Cette masse volumineuse, dont les principaux fragments ont été conservés, était en grande partie logée dans l'orbite et la comblait aux deux tiers au moins. Desséchée, elle donne encore aujourd’hui un poids de 21 grammes et représente au moins en volume 13 centimètres cubes. Il est facile de se représenter quelle difformité elle avait déjà produite et quels désordres elle devait encore occasionner.

La fragmentation de la tumeur me parut dans ce cas une condition indispensable pour le succès de l’opération. Si ce mode opératoire n'avait pas suffi, il n’y avait plus qu’une ressource; c'était de briser le cercle osseux, dans lequel la tumeur était emprisonnée, en faisant disparaître l’apophyse montante du maxillaire supérieur et l’os propre du nez contigus à la tumeur.

Une circonstance importante engageait à entreprendre cette opération, c'était l'espoir d’une guérison sans récidive, à cause de la bénignitéapparente de la tumeur, qui habituellement n’était le siège d'aucune douleur vive; il n’y avait chez ce jeune homme qu’une sensation de gène, de compression exagérée Span o quand l’œil et son voisinage étaient congestionnés à la suite

d’un travail prolongé. Je n’avais pas à redouter les conséquences fâcheuses d’un ostéo-sarcome qui, pour moi, n'existait pas.

OBSERVATION 48. — Duka (1862).

Une femme mahométane, âgée de 26 ans, vint au mois de mars 1862 à la consultation du dispensaire gouvernemental de Menghyr en Bengalie (Indes). La moitié droite de sa face était défigurée, une tumeur assez prononcée se voyait du côté inférieur de l’orbite droite, elle repoussait l’œil et empiétait sur le nez. Puis elle descendait en bas et en dedans.

De la narine droite s’écoulait un liquide muco-purulent ; ceci est ce qui ennuyait le plus la malade. La difficulté de respirer par le nez était assez considérable ; le voile du palais et la voûte palatine furent trouvés en état normal.

J’ai introduit une sonde dans la narine et l'instrument fut bientôt arrêté par un corps dur comme l’os et présentant à l’inspection une extrémité ronde, noirâtre, éloignée d’un quart de pouce de l’angle de l’aile et de la cloison nasale. Lorsque je saisis ce néoplasme avec une pince, il remuait, mais néanmoins je ne pus l’extraire malgré tous les efforts. La malade accepta la proposition de l’opération, elle me dit qu’elle souffrait de son mal depuis 6 ans.

Opération. — La malade fut couchée sur la table opératoire, et sans lui donner du chloroforme, j'ai incisé l’aile droite du nez espérant pouvoir ainsi extraire la tumeur. Mais alors je m’aperçus que je m'étais trompé : j'avais devant moi une tumeur osseuse 7onde, non nécroste. J’essayai alors de la couper en deux avec la pince de Savigny ; la seule que j'avais se brisa après avoir laissé une empreinte insignifiante sur l'os.

Après cela, je me décidai à enlever une portion du maxillaire supérieur pour ouvrir de la sorte une issue, Je retirai donc la première incisive et la première bicuspidienne et prolongeai l’incision en bas à travers la lèvre supérieure. Puis je détachai la membrane muqueuse le long du processus alvéolaire et fis un lambeau qui fut tenu par un aïde.

Puisje fis une incision longitudinale, d’arrière en avant versla ligne médiane,à travers la muqueuse du toit de la bouche, etune

autre à l’angle aigu de son extrémité interne à la dent bicuspidienne retirée. Alors, à l’aide d’une scie ; jenlevai enfin un morceau triangulaire de l’apophyse palatine du maxillaire supérieur et après cela, je retirai la tumeur. L'opération dura 3/4 d’heure et la malade supporta tout avec un stoïcisme héroïque,

La cavité qui resta après l'extraction était de grandes dimensions ; le vomer fut trouvé absent ; l’antre d'Highmore droit avait perdu sa lame nasale. Je cousis la plaie, qui guérit par première intention, La malade sortit guérie le 10° jour.

La tumeur pèse 1060 grains, son long diamètre est de 3 pouces son court diamètre de 1” 2”, la circonférence de 7”. Elle est de consistance éburnée. Au microscope on trouve qu’elle est composée de tissu osseux anormal. Un certain nombre de vaisseaux la parcourent, ils sont parallèles entre eux et s’envoient réciproquement de nombreuses anastomoses. Leurs dimensions sont plus petites que celles des canalicules de Havers, mais ils sont plus nombreux que ces derniers dans l’os ordinaire. Ils sont entourés de tissu osseux contenant des aréoles très nombreuses mais distribuées irrégulièrement, Dans certaines parties la structure du néoplasme rappelle celle d’un cartilage simplement.ossifié. Au point de vue microscopique la tumeur est ovale et irrégulièrement bosselée. Sa partie supérieure qui touchait à la lame criblée de l’ethmoïde présente des dépressions. A la face inférieure elle a un processus digital, lisse, il était en rapportavec l’apophyse palatine.

OBSERVATION 49. — Dolbeau (résumée) 1863.

Poi.., de 21 ans, entre à l’Hôtel-Dieu le 23 septembre 1864. Il vient pour une déformation de la région fronto-orbitaire droite avec déviation de l’œil. Antécédents : typhoïde à 5 ans, de 14 à 16 ans, fréquents maux de gorges; à 20 ans. blennorrhagie qui a duré 6 mois. Pas de syphilis.

Il y a trois ans, il fut sujet à des douleurs occupant le côté droit de la tête, etil s’aperçut que la région du sourcil droit augmentait de volume, il ya dix mois que la tuméfaction a

D ON re .

envahi l'orbite et a soulevé la paupière supérieure droite. Malgré le traitement ioduré la tumeur n’a fait que croître.

de Taranto Al

Elat actuel, 27 sepleibie 1861. — Tuméfaction de la région palpébrale; abaissement de lœil droit, on constate aussi audessus du sourcil droit une tuméfaction, faisant une saillie d’au moins L c/m. Pas de crépitation parcheminée. La paupière est projetée dans sa moitié interne par une tumeur qui la refoule en bas et en avant. Zxploration: Tumeur fixe, indolente, d’une dureté osseuse ; en essayant de l’ébranler, on constate une certaine élasticité obscure. Pas d’exorbitis, l'œil est seulement rejeté en bas et en dehors. Diagnostic: exostose du sinus frontal droit ayant, suivant toutes probabilités, respecté la paroi cérébrale du Sinus.

Opération. — Grâce à un lambeau triangulaire relevé vers sa base, on voit la partie de la tumeur qui a fait irruption dans l'orbite, et la perforation du sinus qui a donné passage à l’exostose, Bien que cette production pathologique soit libre dans la cavité qui la contient, je saisis la portion orbitaire de la tumeur avec un davier et j’essaye d’arracher l’exostose.

« À ce moment, survient une difficulté imprévue ; l’exostose étant spongieuse à son centre, la tumeur se sépare en deux portions, dont l’une reste fixée dans le fond du sinus »... Cependant nous attaquons /e reste de l’exostose avec une gouge... ». Puis tout à coup, un fragment de 2 centimètres 1/2 de longueur sur un de largeur cède aux efforts de l'instrument... etnous acquérons la certitude que nous avons atteint la limite profonde de la tumeur. Le 30 octobre, le malade sort de l’hôpital, guéri, Poids : 10 grammes.

OBSERVATION 50. — Jobert (rés. d’après Dolbeau) 1864.

La tumeur, très volumineuse, a dépassé les limites de la cavité qui la contenait primitivement. L’exostose encore renfermée dans la cavité du sinus frontal, a détruit et usé les parois après les avoir tout d'abord refoulées. L'exostose se présente comme une sorte de rosace qui occupe la partie gauche et inférieure du front, la racine du nez et les 2/3 internes de lorbite du côté gauche. Sur sa face antérieure, on retrouve la trace d'une couronne de trépan. L'exostose a respecté les fosses nasales, mais elle occupe la fosse cérébrale antérieure

gauche, sans toutefois dépasser la ligne médiane, La tumeur mesure 8 centimètres de hauteur et 5 d'épaisseur,

OBSER V ATION 51. — Roux (rés. d’après Dolbeau) (1864).

Cette pièce comprend une partie de l’os frontal du côté droit, et les os du nez; on peut constater que le sinus frontal droit renferme une exostose du volume d’une petite pomme, la lame antérieure du sinus a été repoussée d’abord par la tumeur et usée ensuite. La paroi cérébrale du sinus a été soulevée par une production étrangère, mais elle a conservé son épaisseur et son intégrité; l’exostose semble avoir refoulé les cellules ethmoïdales, L’exostose est libre dans la cavité agrandie du sinus ; toutefois, au niveau de la cloison qui sépare les 2 sinus, la tumeur se confond avec la paroi.

IL est très probable que des tractions bien faites eussent permis d’arracher l’exostose, après avoir, au préalable, ouvert lar-

gement la cavité du sinus,

OBSERVATION 52. — Virchow (1864).

Un homme de 47 ans était morten présentant les symptômes d’une tumeur cérébrale. En examinant le crâne et ses orbites, on les trouva normaux. Mais à la dissection du cadavre onconstata un grand ostéome du sinus frontal qui avait pris naissance de la lame antérieure de l’os frontal et qui s'était développé vers la cavité cranienne. Cet ostéome était, à la surface cérébrale, parsemé d’un certain nombre de kystes, dont la grosseur variait depuis les dimensions d’une lentille jusqu’à celles d’une noisette ; la couche extérieure de ces kystes était formée par la dure-mère cérébrale, leur couche intérieure était pourvue d’un épithélium cylindrique stratifié, à cils vibratiles. La substance cérébrale voisine était ramolliesur une assez large étendue.

OBSERVATION 53. — Textor (1865).

Chez une femme de 22 ans parut sans cause appréciable au bord supérieur droit de l’orbite une tumeur osseuse du volume

d’une noisette.Au bout de 10 ans, elle devient grosse comme une tête de fœtus. Assez mobile, elle recouvrait la moitié droite du front et le nez et repoussait l'œil en bas et en dehors. Ce dernier n'avait cependant pas subi d’avaries, seulement la cornée était un peu trouble. La malade dit avoir eu des abcès répétés du côté de la tumeur, aussi de temps en temps une portion de cette dernière s’est en allée avec le pus. À l'examen, on trouva que les parties molles recouvrant la tumeur étaient par place totalement détruites, de sorte qu’on pouvait voir lostéome à travers les trous.

Opération. — Textor essayait d’abord de scier verticalement la tumeur au milieu, pour extraire ensuite séparément les parties ; mais la force réunie de lui et de ses quatre assistants n’y suffit pas. Alors il essaya de mettre à découvert la racine de la tumeur. Dans ce but il entama l'enveloppe osseuse recouvrant la base avec une scie de Raimbaud. En effet d’abord de petites portions, puis de plus grandes se détachèrent, enfin la tumeur entière fut extraite, Après l'extraction on a obtenu une cavité du volume d’un poing, profonde, sinueuse, revêtue de membranes et formée par la réunion de la cavité orbitaire, sus-maxillaire et nasale.

On ne sait pas si la guérison a été définitive, car l’histoire du cas s'arrête au 12 jour. Jusqu'à cette date tout allait parfaitement bien. Arnold pense avec Textor que c'était là un ostéome du sinus frontal. Mais Bornhaupt (1) n’est pas de cef avis. Il lui paraît d’abord étonnant que la tumeur malgré son volume énorme, wait pas ouvert la cavité cranienne, ce que font d’habitude les ostéomes des sinus frontaux, et qu'au contraire il ait pénétré dans l’antre d’'Highmore, ce qui n’a jamais été observé dans les cas des ostéomes des sinus frontaux, Il pense donc que probablement il s'agit ici d'un ostéome de l’os ethmoïde qui ensuite à augmenté de plus en plus et a fini par pénétrer en haut dans le sinus frontal, en dedans dans les fosses nasales,

en bas dans l’antre d'Highmore.

1 AOC AN IDE

OBSERVATION 54. — Hewitt (1867).

Femme de 24 ans. Il y a quelques années une tumeur osseuse s’est développée au-dessus de la racine du nez. Au moment de l'opération son volume est celui d’un œuf de poule. Déplacement de l'œil et symptômes cérébraux obligent le professeur Regnoli (de Pise) d’enlever à l’aide du ciseau cette tumeur avec des portions attenantes de la table antérieure du frontal, des os du nez et de l’apophyse du maxillaire supérieur. Le reste de la tumeur laissé en place fut traité par les caustiques ; de cette façon Regnoli pénétra jusqu'à la dure-mère, Malgré cela,guérison complète après 19 mois de traitement.

A cette occasion Heister communique qu’'ila enlevé à un soldat de 33 ans un ostéome énorme qui se trouvait au-dessus de la racine du nez et du front descendait à l'orbite où 1l déplaçait l’œil. Bien que pendant l’opération la dure-mère fût découverte, la guérison eut lieu.

En outre Lawrence dit qu’il a trouvé à l’autopsie d’un de ses malades un ostéome qui au cours de trois ans avait rempli le sinus frontal et envoyé des prolongements dans l'orbite et dans

la cavité cranienne.

OBSERVATION 55. — Wecker (1867).

Dans un cas que nous avons eu l’occasion d’observer dans le service de Morel Lavallée, l’os frontal avait donné naissance à une tumeur éburnée qui déprima l’œil et souleva le rebord orbi-

taire supérieur.

OBSERVATION 56.— Fergusson (rés.) (1868).

Homme de 21 ans, début remonte à 12 ans, apparition d’un gonflement à la partie interne de læil gauche, qui augmenta : pendant six ans ; il y a deux ans un charlatan la cautérisa etil résulta une cicatrice à la partie interne de la tumeur, l'œil déplacé avait ses mouvements entièrement parfaits, la vue. était peu diminuée. Toucher : tumeur dure, ayant envahi les

narines, obstruant la gauche, et repoussant le malaire en dehors. Opération : Fergusson fit Pablation ; ses attaches principales étaient sur le corps du sphénoïde, au-dessus des apophyses pterigoïdes et à la paroi interne et supérieure de l'orbite. A la fin du troisième jour, le malade, pris d’une grande faiblesse, mourut rapidement, A /’autopsie, pas de lésions suffisantes pour expliquer la mort, cerveau et méninges normaux. Mais deux tumeurs osseuses occupaient l’étage moyen et l'étage antérieur du crâne, Poids de la tumeur+ dix onces et demie.

OBSERVATION 57. — Richet (Rés.) (1869).

P... Catherine, âgéede 14 anset demi, début d’une tumeur dans la narine gauche, il y a 3 ans, avec déformation de la joue de ce côté. Le nez et sa cloison sont déviés à droite. (Eil gauche repoussé en dehors. Pas d’exophtalmie où strabisme, Au niveau du sac lacrymal est. une tumeur dure ayant le volume d’un noyeau de prune, La petite tumeur de la narine est atteinte avec le doigt et crépite soas une légère pression. Le doigt en crochet sent en arrière du voile du palais une tumeur avec les mêmes caractères qu’en avant. Rien du côté de la vision et du cerveau. Jamais de douleurs ni d’épistaxis. Respiration par la bouche.

Opération le 22 février 1869. Incision du grand angle de l'œil, et suivant le sillon naso-génien, contournant l’aile du nez, divisant la lèvre supérieure, séparation du périoste et section des os du nez avec la pince de Liston, La tumeur brisée en deux fragments fut extraite,

Le 16 avril, la malade quitta lPhôpital, La tumeur est d’un tissu aréolaire formé d’aiguilles, de trabécules osseuses rayonnant vers le centre. Dans l’intervalle est une matière gélatineuse rougetre, plus abondante à mesure que l’on avance vers le centre de la tumeur qui est creusée d'une vérilable cavité. A la pression, cette tumeur crépite.

OBSERVATION 58 — R'chet (Résumée 1869).

P..., de 20 ans, pas de syphilis ni rhumatisme, Le malade a: eu des saignements de nez se répétant 2 ou 8 fois par mois; et

qui ont cessé avec l'apparition de sa tumeur, Début des accidents par la saillie de l'œil droit, il y a 6 mois ; 3 mois après appa rait une bosse au niveau du grand angle de l’œil droit. Pas de douleurs de tête, diplopie et strabisme léger. Exploration : Tumeur sous la paupière, distincte du rebord orbitaire en haut, des os du nez en dedans. Une aiguille à acupuncture ne peut pénétrer dans la tumeur.

Opération. — La tumeur mise à nu, Richet chercha à la détacher, en passant un levier entre elle et le rebord orbitaire, il la détacha facilement en produisant un craquement. Le malade sort quelques jours plus tard. Poids : 19 grammes.

OBSERVATION 59. — Birkett 1871.

Chez une jeune fille âgée de 15 ans et bien portante se montra, il ÿ a 3 ans, sans cause appréciable, une tumeur osseuse qui repoussa l’œil gauche en avant, en bas et en dehors. Au moment où la malade consultait Birkett, la tumeur se trouvait un peu à gauche de la ligne médiane ; grande comme la moitié d’une pomme, elle dépassait le niveau de los frontal. Aussi à droite il y eut une exostose à l'angle orbitaire supéro-interne. Du côté gauche, à l’angle supéro-externe, un abcès s'était formé ; après l’incision, il reste une fistule d’où s'écoule du pus.

Opération. — Après avoir découvert la tumeur par une inci- Sion, Birkett trouva dans la face antérieure de l’os frontal une solution de continuité ronde, aux bords rongés et relevés ; à travers ce trou passait la tumeur. De l’espace libre existant entre celle-ci et la paroi du trou sortait un liquide muco-purulent. Ablation de la portion proéminente à l’aide d’un ciseau. Mais lorsque Birkett vint à la table postérieure de los frontal, il cessa l'opération, craignant d'ouvrir la cavité cranienne.

Trente-huit jours après opération, mort du malade de la méningite et de Pabcès du lobe frontal gauche.

Autopsie. — En dehors de l'os frontal,la tumeur avait détruit les différentes parties de la fosse cérébrale antérieure et moyenne et envoyé des deux côtés des prolongements dans la cavité cranienne. À gauche l’os ethmoïde totalement détruit ; des deux côtés les parois de l'orbite et des fosses nasales sont

it

perforées par la tumeur. Au point de vue de la structure, la tumeur consiste pour la plus grande part en tissu osseux, fragile; par places seulement se montrent des plaques de s ubstance osseuse.

Birkett considère comme point d’issue de la tumeur, la paroi postérieure du sinus frontal,

OBSERVATION 60. — Bryant. 1872.

Homme 24 ans. Il y a 5 ans, a remarqué une légère protrusion de l’œil droit ; elle augmente graduellement depuis ce temps.

Etat actuel. — Globe droit très proéminent, diplopie consécutive au prolongement de l'axe visuel seulement d’un côté, Orbite gauche normale, Au-dessus du nez, une tumeur osseuse large ; elle descend dans l'orbite droite.

Opération (4 décembre 1872). — L'œil et ses annexes sont retournés en bas, puis l'opérateur enlève à l’aide d’un ciseau la portion orbitaire de l’ostéome, grosse comme une petite orange. Puis il aborde la portion renfermée dans le sinus, celle-ci adhère au dernier, moyennant un pédicule que l’opérateur coupe, pour l’extirper ensuite autant que possible.

Seulement la table externe de l'os frontal avait subi une modification (consistant en résorption très considérable du tissu osseux), la table interne de l’os était intacte, par conséquent le cerveau ne courut aucun danger.

Bryant n'était pas sûr que la vision de l’œil droit soit rétablie ; mais n’ayant pas rencontré le nerf optique pendant son opération, il supposait que l’ostéome n’y avait pas porté atteinte. Aussi laissa-t-il l'œil en place espérant qu’il continuerait à rendre des services, Suture de la plaie, pansement.

OBSERVATIONS 61-62. — J. Arnold (1870-71).

Premier cas.— Je n'ai que très peu de renseignements sur ce malade, Tout ce que je sais c’est que le néoplasme ne s’est manifesté de son vivant que par une petite tumeur au segment

interne du bord supérieur de l’orbite, La peau était ulcérée à

cet endroit et on arrivait par cet orifice dans un couloir court, dont s'écoulait de temps en temps spontanément du pus peu épais. j

Anatomie pathologique. — Avant la dissection de la peau le bord supérieur de l’orbite nous paraît épaissi dans sa totalité, dans la moitié interne il présente des excroissances bulbeuses. Mais après la dissection de la peau il se montre qu’il n’est pas épaissi; seulement il est repoussé très en avant et il bombe tellement qu’on dirait qu’il est perforé dans sa moitié interne par une tumeur osseuse dont les prolongements ont été pris pour excroissances du bord orbitaire. Mais en effet ce sont les portions d’une tumeur osseuse qui remplit complètement le sinus frontal gauche. Ce dernier est très dilaté, la table supérieure de l’os frontal est repoussée fortement en haut et aux différents endroits on y voit des crevasses plus ou moins considérables où reposent les prolongements bulbeux de la tumeur. Aussi la table antérieure est comme nous l'avons dit, perforée exactement au bord supérieur de l'orbite Mais c’est surtout le toit de l’orbite qui est le plus endommagé, car il a disparu presque entièrement dans toute sa moitié antérieure. Le bord de cette perte de substance est très irrégulièrement dentelé. La surface de la tumeur tournée vers l’orbite est inégale, bosselée; près du rebord orbitaire elle porte des prolongements bulbeux. La tumeur remplit totalement le sinus frontal gauche et s'étend de la ligne médiane de l'os frontal jusqu’à la terminaison du bord externe de l'orbite. Son diamètre est dans cette direction de 4 c/m., dans la direction d’arrière en avant de 3, 5 c/m, En haut la tumeur s’amincit assez Vite, sa longueur de bas en haut est de 2, 5 c/m. Son point le plus élevé se trouve à la jonction des faces antérieure et supérieure de l’os frontal. À sa surface, on voit une membrane très tendre de tissu conjonctif. Aussi la portion ascendante de l'os frontal est très épaissie et consiste en substance osseuse compacte. Si on exerce une pression sur la tumeur en fixant en même temps l'os frontal, on peut mobiliser la tumeur.

Ceci s’explique par ce fait que la tumeur n’esten bas, en haut, en avant et en dehors en aucune connexion avec l’os, qu’elle y est seulement appliquée contre lui; au contraire, en arrièreelle paraît être fixée.

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