‹ Les Ostéomes du Sinus FrontalChapitre 12 sur 23 · RO · texte numérisé non relu

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pansement de cette dernière doit être complètement séparé du pansement occupant le reste de la cavité. MM. Lemaitre et Aubin le réalisèrent à l’aide d’un tulle gras isolant le fond de la cavité et destiné à permettre au cerveau, sous sa protection, de se recouvrir de bourgeons qui le mettront à l'abri de l’infection.

Tels sont les différents temps que comporte l’intervention sur un ostéome du sinus frontal. On conçoit que les suites opératoires varieront selon la forme en cause, On peut distinguer d'emblée les cas sans atteinte de la paroi cranienne et ceux dans lesquels elle est effondrée surtout lorsqu'il y à déhiscence dure-mérienne.

Les formes simples, dont le type est représenté par notre observation Il, guérissent très rapidement, sans complications. La mèche est retirée vers le cinquième jour, on tamponne seulement sans tasser et le bourgeonnement vient peu à peu combler la cavité. Selon l'étendue de celle-ci, ce comblement demande six à dix semaines.

Les formes compliquées de dénudation cérébrale, les plus graves, et dont le malade de notre observation I est un exemple absolument démonstratif, on redoute l'apparition d’une méningo-encéphalite tant que la protection du cerveau par des bourgeons et l’oblitération des voies d'infection représexitées par les canaux naso-frontaux ne sont pas réalisées. Or, la première condition demanda 25 jours et la deuxième 4o. jours pour se réaliser. Pendant 22 jours

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un écoulement abondant de liquide céphalo-rachidien traversa les pansements. Dans les 8 premiers Jours, une légère torpeur fit redouter l'apparition d'une encéphalite. Le 13° jour, à l’ablation du tulle gras l’encéphale jaunâtre semblait se mortifier et le pronostic plus grave. Mais cette escarre s’éliminait le 18° jour sans tendance à l'extension et sans signes de méningo-encéphalite, À la huitième semaine, la . plaie était comblée et les bords cutanés rapprochés.

Quant aux cas d’ostéomes compliqués d'infection, les suites opératoires furent toujours favorables, et la guérison plus rapide que ne le laissaient tout d'abord supposer les lésions associées. Dans le cas de Mouret et Dejean, il survint seulement le troisième jour un petit abcès de la paupière supérieure droite, qui guérit facilement par incision et drainage.

On pourrait penser qu'il persiste à la suite des brèches osseuses étendues et des grandes cavités laissées par les ostéomes des cicatrices inesthétiques. Or, celles-ci sont rares. |

Dans la majorité des cas, on note seulement une légère dépression, parfois même à peine visible. Il en fut ainsi chez la malade de notre observation II, dans les cas de Jacques, Citelli, Ardenne, par exemple.

Des ostéomes volumineux peuvent laisser des traces plus marquées. Le malade de Mouret et Dejean garda un affaissement marqué de l’arcade sourcilière droite. Dans le cas de notre observation I, une

amie CNE ES Diéene

plastique fut pratiquée deux mois et demi après l'intervention : les lambeaux cutanés furent rapprochés el suturés après décollement des plans profonds et le résultat esthétique,est excellent.

Au point de vue fonctionnel, nous avons vu qué les troubles oculaires peuvent régresser parfois considérablement, en particulier lorsque l’acuité visuel le est atteinte par compression du nerf optique, éventualité d’ailleurs exceptionnelle, Plus souvent, le retour de l'œil dévié à sa position normale permet à nouveau l’utilisation de la vision binoculaire, supprimée par la neutralisation de l'image trop déviée ou si la déviation était moindre, supprime la diplopie. Celle-ci peut d’ailleurs, persister s’il y a eu désinsertion de la poulie du grand oblique. |

Dans le cas d'Howarth, les céphalées intenses disparurent, mais l'auteur attribue ce résultat à la cure de la mucocèle associée, car l’ostéome ne fut que partiellement extirpé. |

Enfin, au point de vue neurologique, les crises d’épilepsie disparaissent après l'intervention, et le plus souvent il ne persiste, comme chez le malade, de notre chservation |, aucun trouble psychique.

Dans la majorité des cas, la guérison est donc.ob-. tenue, sans troubles esthétiques ou fonctionnels. Cependant, la mort a pu être observée dans les suites opératoires des ostéomes du sinus frontal, due le plus souvent à une méningite supppurée, parfois à une méningo- encéphalite chez des sujets présen-. tant un volumineux prolongement endocranien,

avec infection surajoutée avant ou après l’extirpation. Mais on peut dire que cette éventualité est exceptionnelle, et comme dans notre observation L'on peut espérer, malgré la gravité du pronostic obtenir par une technique méthodique une guérison complète à plus où moins longue échéance:

Nous avons vu que la récidive ne s'observe jamais. Mais si l'extirpation a été partielle, la portion restante continuera à se développer. C'est pourquoi, dans tous les cas d'ostéome du sinus frontal il faut chercher à pratiquer une extirpation chirurgicale précoce et totale, seul traitement rationnel de cette affection.

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Observations

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