‹ Les oubliés et les dédaignés; figures de la fin du 18e siècleChapitre 3 sur 46 · UN ÉPICURIEN · texte numérisé non relu

UN ÉPICURIEN

« Il est permis d'aimer les jolies femmes, la bonne chère et le bon vin ; moi, par exemple, je les aime modérément, car jamais je ne me grise; mais Cubières se grise quelquefois, et alors il adresse aux dames des madrigaux, des sonnets, des triolets, des chansons bachiques; il se met à leurs genoux devant tout le monde pour leur baiser la main, ce qui est vraiment scandaleux.

LE RAPPORTFAR.

» Cubières aime trop les jolies femmes, la bonne chère et le bon vin! Cubières aime tout ce qui est joli et bon ! Voilà un plaisant reproche.

UN BOx\ HOMME.

» Je connais Cubières depuis trente ans, et depuis trente ans je le connais étourdi, inconséquent, frivole, vivant au jour la journée, n'ayant ni plan ni règle dans sa conduite. Je crois mémo qu'il n'a aucune opinion politique; je crois qu'en politique il déraisonne comme tant d'autres, et qu't7 est plus bête que me'chant. »

Les excentriques vivent vieux ; — j'aurai l'occasion de le remarquer mainte fois. L'abbé-chevalier Cubières-Dorat-Palmézeaux vécut jusqu'à l'âge de soixante-huit ans. Il était né, en 1702, à Roquemaure, département du Gard; il mourut, en 1820, à Paris.

Son frère aîné, le marquis de Cubières, mort peu de mois eusuite, a laissé la réputation d'un savant ; c'est à lui qu'on doit VHistoire des coquillages de mer et de leurs amours.

GUBIKRES. l'-il

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