Ç6 LES OUTLAWS
plaisir d'avoir affaire à (Je si nobles bêtest Allons, relevez- vous, vieux squatter ; tout est fini.
Mais Tautre n'avait gardé de répondre : il était évanoui*
— Le diable soit de rhomme, murmura TAmériçain, la moindre chose lui fait peur et il m pâme comme une femme.
Il enleva Iç vieillard dans ses bras robustes et le porta sur le bord du ruisseau ; là il commença a lui inonder d'eau le visage et la poitrine.
Ce traitement énergique obtint un prompt résultftt| la vieillard poussa un soupir et entr' ouvrit les paupières.
— Yous m'^ve« sauvé, murmura- t-il. . -,
— Je le croi», fii en riant le jeune homme ; l'affaire était rude hein ! vieux squatter; sans moi vous auriez eu de la peine à vous en tirer ; aussi pourquoi diable vouSbavisez-vou9 de sortir de votre bar |)i(ation s^ns armes.
PT^ Cela w m' arrivera plus à l'avenir.
— Vous avez raison. Ah ça qu'allez vous faire maintenant? reprit-il, en lui montrant son chaval qui «e tordait dan9 les dernières convulsion^ de l'ar gonie.
— Je ne sais pas, répondit le squatter d'un ^ hébétét tout en jetant autour de lui un regard dans lesquels se lisait clairement une extrême angoisse»
— Comment, vous ne savez. pas l Mais il faut.retournex- cbe« vous au plus vite, par le plus court
chemin, et vous mettre au lit; vous me paraissez assez malade.
C'est vrai, je souffre ; mais comment faire ; Mon cheval est mort, pauvre bote, et, dans l'état où je suis, je me sens incapable de regagner mon habitation à pieds.
Le jeune homme haussa les épaules.
— Que diable faites-vous donc au désert avec ce courage de poule pattue, murmura-t-il avec dédain? C'est bien : attendez, je vais chercher mon cheval, je vous conduirai jusqu'en vue de votre hutte.
— Vous ferez cela? s'écria-t-il avec joie.
. — Pourquoi ne le ferai -je pas? s'écria le jeune homme d'un air vague. Vous êtes un vieux coquin, c'est vrai; mais vous êtes un homme, et je ne me reconnais pas le droit de vous abandonner sans secours.
— Vous avez un cœur d'or.
— C'est bon, attendez ; je suis à vous dans cinq minutes.
Et sans écouter les protestations du vieillard, Fe jeune homme s'éloigna vivement. Il n'eut pas dfe peine à retrouver son cheval. Le noble animal; feieh que tremblant encore, arriva à son coup de sifflet; Harry se mit en selle et retourna aussitôt dans la clairière. *
— Eh bien, demanda-t-il au vieillard, vous sentez-vous mieux? les forces vous reviennent-^Ues?
— Oui, mahïtenant je me sens bien.
— Alors mettez-vous en croupe, et partons.
Le sjuatter obéit sans répondre.
— Là vous y ôtes? En route 1 Et il s'élança.
Pendant tout le trajet, qui dura près d*une heure, ils n'ôoliaiigcrent pas une seule parole ; Harry siflail le Yankee dooUe ; le squatter réfléchissait. Eufi:) ils arrivèrent en vue d'une cbarmanle habitation bâtie sur le bord d'une rivière.
— Bon ! Vous êtes chez vous, dit gaiement le jeune homme. Descendez.
Lagreney mit pied à terre.
• — Ne viendrez -vous pasjusquà la logeV demanda4-il d'une voix insinuante.
— Moi ? répondit Harry, le diable m'emporte si j'en fais rien.
— Pourquoi me refuser ? vous, mon sauveur 1
— Ecoutez, vieux squatter : je vous ai sauvé, c'est vrai ; sans moi vous étiez mort ; ce qui peut être n'en aurait que mieux valu pour tout le monde; maintenant restons en là; vous voilà sain et sauf chez vous ; grand bien vous fasse 1 nous ne nous connaissons plus.
— Attendez, attendez.
— Rien, adieu.
—-Un seul mot.
— ^ Dites-le donc, et que ce doit fini.
tv MissouKi 369
— Ce n'est pas une menace que je vous fais, cest un avertissement que je vous donne.
— Parlez.
— Prenez garde.
— Hein?
— Prenez garde et veillez.
— Expliquez-vous.
— C'est inutile, vous n'ajouteriez pas foi à mes paroles.
— Au fait vous avez raison.
— Souvenez-vous de mes paroles; adieu et merci I
Le squatter se détourna alors et s'éloigna à grands pas dans la direction de son habitation. Le jeune homme demeura un instant pensif.
— Ceci doit cacher un mystère, murmura-t-il, je veillerai.
Et il repartit au galop.
Cette singulière aventure eut des résultats étranges.
Gommetit 4e capitaine Tom Mltcliell de- Tlnt l'arbitpe de «es ennemi» et con^ lial04iiaM«.
Depuisquelques semaines une agitation sourde lignait parmi les tribus du Haut-Missouri,
Cette -agitation avait commencée le jour même ^u mariage de Nouma^Rawa^ Posée-du-Soir, fi!le de François Berger, le chasseur canadiwi, ®^ 8®"f de Balle-Franche, avec le ch^f^indièi), NumanK- Cfaarakë.
Nous rapporterons succinctement les faits qui avaient eau >é cette agitatit>n, qui, selon toutes les probabilités, no devait pas tai;der à dégénérer eh une guerre générale.
Le mariage des deux jeunes gens devait se célébrer avec une splendeur peu commune chez les