‹ Les ouvriers de Paris: alimenationChapitre 11 sur 43 · XXVIII PREFACE · texte numérisé non relu

XXVIII PREFACE

sèment par leur éducation, leurs mœurs, leur existence tout entière. Ce n'est pas manque de sensibilité ou de justice, c'est ignorance. La pauvreté, pas plus que la richesse, ne donne des vertus ou des vices, et THomme n'est ni meilleur ni plus mauvais en haut qu'en bas de l'échelle sociale; la condition seule est différente.

De même pour une certaine classe de travailleurs manuels. Tel ouvrier qui reçoit un salaire un peu élevé ignore comment naît, vit et meurt un pauvre journalier. Telle ouvrière dont la rétribution est suffisante, — ce qui est une exception, — ne peut se résoudre à croire qu'un grand nombre de femmes travaillent toute une journée pour gagner quelques centimes.

A cet égard, on ne saurait trop le répéter, l'ignorance est profonde, invétérée, et ce n'est que par des preuves sans cesse reproduites qu'on parviendra à la vaincre.

J'ai donc essayé dans ce livre de retracer une à une les physionomies les plus fortement accentuées des ouvriers parisiens, en in'efforçant de conserver à chacune d'elles le caractère qui lui est propre. Entre le cuisinier et le bijoutier, entre le pâtissier et le mécanicien, il y a de grandes ditférences de .salaires, de costumes, d'habitudes, etc., qui, par leur contraste même, offriront peut-être de l'intérêt. Passant de

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