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a consacré son immense savoir, sa vie tout entière, à démontrer les lois rationnelles qui peuvent les rendre heureux. Nous étions unis par la même pensée : Tanéantissement du paupérisme; et nul plus que lui ne m'a encouragé par une amitié dont je resterai toujours fier. C'est Tune des deux personnes qîii m'ont frayé la voie de la publicité. Si je ne nomme pas la première, c'est qu'elle m'en a instamment prié, car j'eusse bien désiré lui témoigner ici toute ma gra* titude.
J'ajouterai que, lorsque j'étais à peu près ignoré, M. Emile de Girardin m'a donné droit de cité dans le monde littéraire, et cela en me laissant la plus grande indépendance. Aucun autre journal que la Presse, dont M. Emile de Girardin était alors le rédacteur en chef, n'eût peut-être voulu publier mes travaux. Je ne l'oublierai jamais.
Parmi ceux qui m'ont aimé et ont contribué pour une large part à rendre ma vie moins sombre et
moins douloureuse, il est encore un homme à Tes-
prit élevé, au cœur ardent et généreux, et qui unit à de vastes connaissances une énergie et une persévé-
DEDICACE. X\l
rance infatigables. Depuis plus de trente ans, sans vanité et sans ambition aucune, il a employé son temps, sa fortune, toutes ses nobles facultés à Témancipation intellectuelle des déshérités. Afin de répandre sur eux cette manne qu'on nomme la Science, il a fondé Y Association Polytechnique^ dont je suis un ancien élève. Je remercie donc son président, mais je lui dois plus encore.
Le jour où, après avoir rempli mon devoir comme homme privé et comme publiciste, j'étais répudié et puni aussi durement que si j'eusse commis une faute, ce jour-là M. Auguste Perdonnet est venu à moi et m'a offert la main. Sans son affection, je dirai toute paternelle, — aucun mot ne rendrait mieux ma pensée, — il m'eût été impossible d'achever l'œuvre que je vous dédie aujourd'hui. Néanmoins, s'il avait su que je voulusse le nommer, lui qui se cache pour accomplir le bien comme d'autres se cachent pour faire le mal, il m'aurait prié de garder le silence. Il me pardonnera si je n'ai pu m'empêcher de parler de lui, bien que je sois loin d'exprimer tout ce que mon cœur ressent