‹ Les ouvriers de ParisChapitre 7 sur 15 · I»K I»AI\IS · texte numérisé non relu

I»K I»AI\IS

l(s quiitro coni[)M{jiioiis en savourèrent quatre bouteilles. Avaient-ils oublié leur rancune jalouse, où l'avaient ils sinaplemcni laissée à la porte du cabaret pour la re[>rendre en sortant? Les voici buvant et discutant [faîment la diflérence qui existe entre le petit picton d'Argenteuil et Taigrelet de Suresnes.— Mais ils ne trinquent pas! — Ne pas trinquer! Les Corses qui aiguisent leur poignard, les Arabes qui se cachent pour charger leur fusil, n'ont rien de plus sinistre que des compagnons buvant et ne trinquant pas.

Se sourire, se raconter des fariboles, avant d'aller s'entretuer est une originalité qui semble naturelle aux oi:vriers. La colère qu'il leur faut pour se battre entre eux, sentiment soui)le et docile, vient quand

bon leur semble à l'heure qu'ils lui assignent. Ce n'est qu'à d'imperceptibles mou-

vemenls de l'œil qu'on peut deviner iju'il y a promesse de coups de poing ou de bâton dans le fond du cœur. Quiconque eût examiné minutieusement nos quatre compagnons n'eût donc surpris chez eux que de vagues symptômes de rancune.

Libournais paya une bouteille. Chacun imita son exemple.

— Et en route, dit-il.

— La plaine Saint-Denis est-elle bien éloignée ? demanda Yivarais - la - Candeur.

— Non. Avant quinze minutes nous y serons.

Aux environs de Paris , la campagne n'est qu'un immense potager ; les sillons semés de blé ou de seigle s'y rencontrent rarement. Quelques coins de terre aride etrougeàtre conservent seuls le genre de culture et de production véritablement

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