SCÈNE- SE PTIÈME
Que je ne voyais plus les points sur mon ouvrage.
Lui, — c’était sa coutume, — il partait, s’enivrait.
Les cartes et la pipe, au fond d’un cabaret.
L’arrêtaient tout le jour...
MARCEL
Comment?... lui?...
UORIN.
Quel supplice!
J F. A N NK.
Un hasard eût sulli pour me jeter ^u vice!
Le rouge au front, j’allais quelquefois le chercher,
Et, comme un grand enfant, je le faisais coucher, Heureuse quand les coups n’étaient pas mon salaire,
Et quand il n’était point dans ses nuits de colère!
Ce soir, ma patience était poussée à bout:
Je voyais la misère et le chagrin partout;
J’aurais dû fuir alors : mais je gardais dans l'âme La pitié, qui survit à l’amour chez la femme.
J’appelai donc la mort : — elle vint, cette fois!
Continuant, plus exaltée.
On montait l’escalier, je reconnus la voi.v...
Quelle voix!...
MORIN, suppliant.
^ Jeanne I Jeanne I oh! ce récit, de grâce, Ne le poursuivez point!...
JEANNE
' Il le faut! jo suis lasse D’avoir porté vingt ans dans mon cœur ulcéré Ce secret qui l’étouffe et qui l’a lorluré*.
l.J eannn, Morin, Marcel.
MORIN, ovAê résolution.
Alors, j’achèverai moi-mètne celte histoire!
Car elle pèse aussi bien lourd sur ma mémoire.
Oui, j’ai le souvenir confus, vague, effrayant.
Du soir où je rentrai sous mon toit, bégayant.
Au seuil, je trébuchai, cherchant des mains la porte. Votre mère m’ouvrit, pâle comme une morte.
Une table était mise, attendant mon retour./.
Sans doute j’étais gai, car je parlai d’amour :
Mais je faisais horreurl...
Montran Jcarmc.
Cette main me repousse!
Je vois encor le geste, et je sens la secousse.
La querelle suivit, terrible chez tous deux.
— Ah! l’ivresse! la bête a des cris moins hideux I — J’entendis quelques mots plus durs qu’à l’ordinaire : D’idiot, je devins féroce et sanguinaire;
Je ne pus supporter ma honte et son mépris!
Sur la table un couteau m’attirait... je le pris.
Et j’en portai deux coups, comme avec une épée...
MARGE)., cournnl vers sn m^re L
Quoil ma mèrel c’est vrai? c’est lui qui l’a frappée?
A Morin.
Vous avez fait cela?
Sur un ligne de Morin, il baille la ti'te, anéanti.
UORIN.
Pis encore 1 j’ai fui !
Celui qui frappe est lâche et ne songe qu’à luil
Jeanne tombe assise à droite.