Marcel, Jeanne, Morin
Ouand le juge pensa surprendre mon secret,
Je mentis 1 j’étouffai l'aveu qu’il espérait;
Pour tromper leurs soupçons, j’inventai mille choses : J’expliquai ton absence et j'en donnai les causes;
Et plus ils s’acharnaient à m'arracher ton nom,
Plus, moi, je m’obstinais à leur répondre : noni
Uorin s'est assis à gaucho, accablé.
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O ma mère! chère àmo héroïque et sublime!
C’est toi qui le sauvais ainsi, toi, la victime!
UORIN, rêvnnt.
Tout ce que j’oubliais sc dresse en un moment ; J’ai cru le passé mort... il dormait seulement!
.1 EANNE.
Je guéris. C’est alors que commença la lutte Qui nous force à choisir la misère ou la chute!
La chute!
MORIN, ba».
J EANNE.
C’est alors que j’ai compris vraiment Ton crime, et que je t’ai jugé sévèrement.
C’est là, dans le silence et les longues soirées,
El les nuits sans sommeil, — ces nuits désespérées! — Quand on voit son malheur et qu’on l’approfondit.
Que j’ai nourri ma haine et que je t’ai maudit!
MouTcment de Morin. — Karcel est assis sur le fauteuil de droite; Jeanne est debout près de lui.
Tiens, en te revoyant, je frémis quand je pense Que je me suis trouvée au monde sans défense :
s ci: NK SKPTikMK.
Car les Icntatioiis m’assiégeaient, car enfin Sais-tu qu’il faut souvent lutter avec la faim ?
Qu’il est de ces ennuis dont le cœur n’est jias maître? Kt que devant mon fils j’aurais rougi peut-être?
Quand je me demandais qui me protégerait,
Je n’avais au berceau qu’un enfant qui pleurait I Eh! bein, c’est cet enfant qui tout bas, à l’oreille,
Me disait ; et Je suis là, ma mère! je te veille!... »
— Je quittai notre ville et mon nom... Sans appui,
Je travaillai pour vivre, et je vécus pour lui!
EUe montre Miircel.
Oui, Marcel, désormais, ma route était tracée :
Je pouvais me défendre, et ma seule pensée Fut do faire de toi, quand l’âge te viendrait,
— Au lieu d’un misérable, — un homme qui saurait Mo faire honneur, enfin son image contraire!
Maintenant, tu sais tout : fais accueil à ton pèrel
MARCEL, se levant
Mon père!
JEANNE
Tu n’es pas indécis, n’est-ce pas?
MORIN y se levant, d^une voix suppliante.
Voyons, mon fils, voyons...
JEANNE , soisissant la main de son Gis.
Marcel, lu parleras?
MARCEL, échappant h sa mère et sanglotant sur une eliaise nu foml.
Laissez-moi tous les deux... c’est une horrible lutte!