‹ Les ouvriers du textile dans la Champagne troyenne: 1730-1852Chapitre 13 sur 80 · SECTION II. — LE COMPAGNON · texte numérisé non relu

SECTION II. — LE COMPAGNON

Le compagnon vit le plus souvent chez son maître qui lui donne la nourriture et le logement (6) : de ce fait, le maître exerce sur lui l’autorité du « père de famille » et prétend à une obéissance sans réserve,

Ce mode de vie ne suscite aucune difficulté tant que le maître entretient avec ses compagnons des rapports familiaux, mais lorsque le métier devient un monopole familial et que disparaît la cohésion qui unissait, sans distinction

(5) Louis Morin, Etude sur les contrats d'apprentissage à Troyes au xvire siècle.

(6) Pour mettre un terme aux réclamations des compagnons concernant la condition dans laquelle les maîtres les tiennent, une ordonnance du lieutenant général de police de Troyes, du 10 septembre 1773, leur interdit d’employer les menaces pour obtenir des maîtres lès clefs de leur maison. de la lumière dans leur chambre et des améliorations de la nourriture,

Cet état de choses n’est pas spécial à Troyes car, à la fin de l’Ancien Régime, on voit Restif de la Bretonne constater que « l'habitude de coucher et de chauffer honnêtement les compagnons se perd ».

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