SECTION Î. = LE TRAVAIL
8 1%, — Le régime de production.
Alors qu'à Nîmes et à Lyon, ainsi que dans les autres villes industrielles, le fabricant est un gros capitaliste, à Troyes, an déhors de quelques marchands tout à fait indépendañts, l'industrie est répartie entre 20.000 ouvriers isolés « qui sont réduits À vendre, la veille du marthé, Île produit de leur travail de la semaine, pour se procurer le lendemain, d’abord leur sulbsistance pour la suivante, ensuite le peu de matières premières qu’ils pourront employer péñdant sa durée (1). »
Le filéur achète chaque semaine du coton brut en quantité suffisante pour l’occuper, qu'il carde et file au simple rouet pour la vendre au prémier marché.
Les 3 à 400 maîtres tisserands de Troyes, qui possèdent de 10 à 15 métiers selon leur fortune, vendent au comptant, le vendredi, les étoffes qu'ils ont fabriquées dans la semaine ; avec ces fonds ils payent leurs ouvriers et achètent au marché du lendemain les fils et les cotons filés dont ils ont besoin pour la sérnaine suivante.
Le grand fabricant reste l'exception : on ën compte cépetidant quelques-uns, tels Claude Fournier qui possède üne manufacture de bas de 32 métiers et occupe quotidiennement, tant sur ses métiers que pour sa filature, plus de 450 personnes, Louis Deheurle, marchand drapiér, qui ermploie plus de 500 ouvriers en ville et à la campagne, Ponsard, plus de 400 tisserands, Guillaume, fabricant de bon-
(1) Discours d’un membre de l’Assemblée Administrative du département de l'Aube, à la séance du 18 novembre 1700.