‹ Les ouvriers du textile dans la Champagne troyenne: 1730-1852Chapitre 32 sur 80 · NEO · texte numérisé non relu

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Il réalisera l’avantage qu’il pourra obtenir en réunissant dans un même local son matériel de production et sa maind'œuvre. Le phénomène de concentration industrielle sera alors prêt à jouer .

La + * $ 2. — La durée du travail.

La durée du travail est assez irrégulière, mais oscille autour de quinze heures par jour. Elle commence et finit avec le jour.

A la manufacture de bas de l’Hôtel de la Trinité, durant l'été, les enfants se lèvent à quatre heures et demie, et travaillent de 5 heures jusqu’à la messe qui est suivie d’une heure d'école, Le travail reprend ensuite jusqu’à 7 heures du soir, coupé d’une heure de repos seulement pour le repas de midi, car les vêpres sont chantées en travaillant (6). La journée comprend donc 10 heures de travail effectif.

A la manufacture de l'Hôpital Saint-Nicolas, les enfants sont employés douze heures par jour à la filature du coton.

Les ouvriers employés à la manufacture de l'Hôpital de la Trinité, à partir de l’autorisation de 1775, travaillent de 4 à 20 heures l’été et de 5 à 21 heures l'hiver (7).

Quelquefois, les règlements de la communauté interviennent pour limiter la durée de la journée de travail. C’est ce qui explique, par exemple, l’usage des tondeurs de grandes forces de Troyes qui, du fait du ralentissement des affaires, décident que le travail ne commencera qu’à cinq heures du matin pour finir à sept heures du soir (8). Ils donnent 18 livres par an à « un messager qui marque les heures de travail », et en 1780 « pour une femme qui va dire bonsoir à sept heures du soir. »

Mais cette limitation ne constitue qu’une exception et il faut considérer que la moyenne de la journée de travail est de 15 heures environ.

(6) Archives®de l’Aube, 48 H 358.

(7) E. Chaudron, ouvrage cité, p. 139.

(8) Archives de l’Aube, E 1154.

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