CHAPITRE VII
L'assistance : ateliers et bureaux dé charité.
Les autorités publiques, de même que l'initiative privée, ne restèrent pas inactives devant la détresse de la classe ouvrière troyenne. Mais les moyens qui furent employés, moyens provisoires et limités, firent de l'intervention officielle un acte de charité à l'égard de ceux qui ne pouvaient plus trouver de travail pour assurer leur subsistance.
Les ateliers de charité, création des pouvoirs publics, étaient des chantiers, ouverts aux endroits où les indigents étaient les plus nombreux, dans lesquels les hommes, les femmes et les enfants travaillaient « à l’envie les uns des autres pour gagner leur pain (1). » On les employait à travailler sur les remparts, à construire ou améliorer des chemins.
Les demandes de nouveaux ateliers de charité, ou celles qui concernaient la continuation des ateliers déjà ouverts, étaient adressées à l'Intendant par les grands propriétaires ou les communautés d'habitants, fréquemment accompagnées de l'offre de « contribuer en argent, ou en travail, pour la moitié, le tiers ou le quart des fonds accordés par le Roï (2). »
Un état de ces demandes, ne comprenant que celles dont l'utilité était démontrée, était adressé au Ministre qui autorisait le plus souvent l’ouverture de nouveaux ateliers « aux endroits où cette contribution particulière venait accroître la masse de la contribution publique (3). »
(1) Journal de l’abbé Tremet, manuscrit 2322, Archives Municipales de Troyes.
(2) Discours d’un des membres de l’Assemblée Administrative du département de l'Aube, à la séance du 8 décembre 1790, ouvrage cité.
(3) Discours du procureur général syndic à la séance du 4 novembre 1790 de l’Assemblée Administrative du département de l’Aube, ouvrage cité.