‹ Les ouvriers du textile dans la Champagne troyenne: 1730-1852Chapitre 36 sur 80 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Les revendications ouvrières et les Cahiers de doléances aux Etats Généraux.

« On est frappé, à la lecture des innombrables cahiers dé doléances de 1789, d'en rencontrer si peu qui s'occupent des ouvriers, de leurs besoins où de leurs droits » déclare Roger Picard dans son enquête sur les cahiers de 1789 (1).

La plupart des cahiers étudient des questions professionnelles, traitent de l'état du commerce où du maintien des privilèges des fabricants, et il n'y est question des ouvriers que pour demander la répression des excès du tompagtions ñäge (2). Seule la noblesse du Poitou proteste contrée leur situation misérable : « elle déclare qu'ils ne peuvent jamais accéder à la maîtrise et que, malgré la longueur des journées de travail, ils sont dans l'obligation d’avoir recours à l'Assistance Publique pour vivre (3). » |

Si les corporations d'arts et métiers se bornèrent à émettre des vœux professionnels, où il n'était pas question des ouvriers, c'est que les compagnons réussirent rarement à faire entendre leur voix : les assernbléés préparatoires de gens de métier se firent par communauté et l’ouvrier n'avait pas voix dans les communautés. D'autre part, les membres du Tiers Etat, qui devaient rédiger les cahiers de doléances et nommer les députés chargés de porter ces cahiers à l’assemblée préliminaire de leur ordre, devaient être inscrits au rôle des contributions, ce qui équivalait à éliminer une notable partie de la population laborieuse,

Seules quelques brochures protestèrent contre cette exelusion des classes pauvres : « Pourquoi nous oublier, nous

{t) Cité par Edouard Dolléans, Cours d'Histoire du Travail et de la Législation industrielle (Doctorat : année 1040-1941), p. 148,

(2) A. Babeau, Artisans et Domestiques d'autrefois, p. 65.

(3) Germain-Martin, ouvrage cité, p. 277.

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