SECTION ÎI, == L'ORGANISATION DES ATELIERS
$ 1%, — L'insalubrité.
Ces inconvénients sont encore accrus par la mauvaise organisation des ateliers, car « les ouvriers voient leur joie au travail s’accroître lorsqu'ils accomplissent leur tâche dans des usines aérées et claires. »
Les mécaniques ont été montées souvent rapidement dans des bâtiments qui ne sont pas adaptés à cette utilisation et dans lesquelles les conditions élémentaires d'hygiène restent négligées. Dans les filatures de coton qui éxigent une température élevée, l'air est irréspirable. Les ouvriers qui y travaillent sont fréquemment atteints d’inflammations, de
(7) Les états tendent à devenir purement mécaniques », déclare le compositeur typographe Adolphe Boyer, en 1841, Ed. Dolléans, Histoire du Mouvement ouvrier, t. I, p. 14.
(8) Archives dé l’Aübe, M 12 b 1.
(9) Ed. Dolléans, Histoire du Mouvement ouvrier, t. f, p. 29.
nu
câtarrhes de poitrine, d’afféctions rhumatismalés et de phtisies pulmonaires (10).
Les tisséränds sont également exposés aux catarrhes et phtisies pulmonhairés, aux rhumatismes chroniques, névralgies... Les enfants « sont décirmés, dès leur première enfance, par deux maladies... : le catarrhe pulmonaire pendant les froids d'hiver, et surtout l’été et au commencement de l'automne, la diarrhée... (11) s
Les ouvriers, occupés au travail de la bonneterie, « sont généralement chétifs et de conformation vicieuse. Beaucoup d’entre eux sont affectés de scrofule qu'ils transmettent à leurs enfants (12). »
Pour le premier semestre de 1828, par exemple, l'Hôpital de Troyes soigne 570 malades, sur lesquels on dénombre 140 individus employés à la filature du coton « sous le titre d’éplucheurs, de batteurs, de cardeurs, de fileurs, de soigneürs où ide rattacheurs, » 69 tisserands et 81 bonnetiers, Sur vingt malades atteints dé phtisies pulmonaires, cinq sont des filéurs, quatre des soigneurs dans les fabriques et cinq des bonnetiers (18),
Lés conditions d'installation des petits ateliers familiaux ne valént pâs mieux que celles des grands ateliers : le matin avant l’aube, le soir dès l’obscurité, à la lueur d’une lampe fixée à gauche du métier, dont la lumière traverse un globe de verre rempli d’éau qui forme lentille, l’ouvriér bonnetier travaille sur un métier « installé entre l’âtre et le lit, däns la Chambre commune, ernfumée, obscure, sinon malsaine (14). » Et les rapports de la sous-préfecture d’Arcis-sur-Aube sigñalènt à plusieurs reprises l’insalubrité de ces ateliers où les règles d'hygiène les plus élémentaires restent ignorées (15).
(10) Mémoires de la” Société d'Agriculture de l'Aube, année 1828.
(11) A. Guépin, Nantes au xrx® siècle, cité par Ed. Dolléans, Histoire du Mouvement ouvrier, t. I, p. 17.
(12) Archives de l’Aube, M 12 d 1.
(13) Mémoires de la Société d'Agriculture de l’Aube, année 1828.
(14) A. Prévost, Fontaine-lés-Grès, page 112.
(5) Les ouvriers travaillénit dans des 4 bouges enfumés, hümidés et infects » (rapport du Sôus-Préfet d’Arcis-suür-Aubé defévriér 1847) ; « dans
dés cloaques infects ét insalubrés» (rapport d'octobre 1848). Archives de l’Aube, M 12 b 1.