‹ Les ouvriers du textile dans la Champagne troyenne: 1730-1852Chapitre 67 sur 80 · SECTION I. — LA CONDITION DU TRAVAIT DES ENFANTS · texte numérisé non relu

SECTION I. — LA CONDITION DU TRAVAIT DES ENFANTS

Dans les premières années de la Monarchie de Juillet, l'attention du public est attirée par la nécessité de protéger l'enfance contre un travail précoce et excessif.

En Grande-Bretagne, l'opinion est depuis longtemps alertée par les abus qui se commettent dans les manufactures, John Doherty qui travailla tout jeune dans les filatures de coton, révèle « l'existence de ces enfants, qui entraient à l’usine à 5 ou 6 heures du matin et ne la quittaient qu'entre 7 et 8 heures du soir, enfermés pendant quatorze heures dans des ateliers, dans une atmosphère étouffante de 78 à 85 degrés Fahrenheïit (2). »

Robert Owen, le « type du patron humain », lutte pour l’établissement d’une législation protectrice dù travail, Ses efforts persévérants aboutissent au vote de l’Act de 1819, qui interdit l'emploi des enfants de moins de 140 ans et protège le jeune ouvrier jusqu'à 48 ans,

En Prusse, une loi réglemente le travail de tous les enfants de moins de 16 ans « dans toutes les fabriques, usines, forges, ou fonderies, »

En France, si les abus étaient moins fréquents qu’en Grande-Bretagne, la situation des enfants nécessitait cependant l'intervention du législateur. Dans les manufactures et les ateliers ide la région troyenne, les enfants de 6 ou 7 ans travaillent 12 à 15 heures par jour (3). Leur travail est évidemment très facile et ne consiste le plus souvent qu’en une simple surveillance, mais « la fatigue résulte d’une station debout beaucoup trop prolongée (4). » Dans les manufactures de coton même, il n'est pas rare de voir des enfants de 5 à 6 ans passer 14 et 15 heures consécutives à rattacher des fils et tomber épuisés sur le métier (5).

On leur apprend à « un âge trop peu avancé » le métier de bonnetier, les obligeant à un travail fatigant, qu’ils ne

(2) Edouard Dolléans. Histoire du Mouvement ouvrier, t. I, p. 113. (3) Archives de l’Aube, M 12 b 1.

(4) Edouard Dolléans, Histoire dun Mouvement ouvrier, t. I, p, 23. (5) Levasseur, ouvrage cité, 1. IV, p. 4.

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