III
tinés aux consommateurs indigènes et étrangers. L'ouvrier y est employé à une foule d'occupations accidentelles de construction et d'entretien, ainsi qu'à la confection des caisses d'emballage. Déduction faite des maladies et des chômages forcés, provenant du fait de l'ouvrier ou du chef d'industrie, le nombre de jours d'activité s'élève annuellement à 286.
Le travail secondaire de l'ouvrier a pour objet la confection de meubles et d'objets de menuiserie ou de charpente destinés à l'habitation qu'il se propose de bâtir prochainement (e). Ces travaux s'exécutent au logis pendant les journées disponibles, ou pendant les moments qui précèdent la sortie ou qui suivent la rentrée de l'ouvrier. Gomme les ouvriers décrits aux monographies VI et VII, il achète chaque jour les provisions du ménage.
Travaux de la femme. — Le travail principal de la femme comprend les travaux du ménage, savoir : les soins donnés à sa propre fille et à un garçon de 3 ans pris en pension (2) ; la préparation des aliments, y compris la préparation d'une boisson rafraîchissante dite Treaclebeer, du vinaigre et de conserves très-variées (9); enfin, le blanchissage des vêtements et du linge.
Les travaux secondaires de la femme ont peu d'importance, de même, au reste, que ceux de la plupart des femmes anglaises. Ici, ils se réduisent à peu près exclusivement au tricotage des bas.
Industries entreprises par la famille. — La famille n'entreprend à son propre compte aucune industrie permanente. Seulement, elle élève, moyennant une pension payée par les parents, un enfant de 3 ans qui lui est étranger.
Les préoccupations principales de la famille se rattachent à une entreprise accidentelle qui a déjà eu sur son passé et exercera sur son avenir la plus heureuse influence : c'est l'acquisition d'une habitation avec ses dépendances (e). Les époux ont trouvé dans leur origine rurale (12) la force morale nécessaire pour s'élever à la propriété par une épargne assidue.
Mede d'exUitence de la famille.
ALIMENTS ET REPAS
La famille se contente, par esprit d'épargne, du régime que la nécessité impose aux familles gênées. La différence qui existe entre les deux ménages vu et viii consiste surtout en ce que la femme du menuisier fait preuve d'une meilleure administration domestique : elle obtient le même bien-être avec moins de dépense; elle se montre, louchant certaines préparations, plus ingénieuse et plus entreprenante.
Ainsi, elle prépare mieux le Treaclebeer avec les mêmes matières (vu, 16, g). Elle se procure, de la manière suivante, le vinaigre nécessaire à la consommation du ménage. Dans un vase de grès vernissé, on verse : eau, 3' 40 ; cassonade brune, 0^30; mélasse {Treaele), 0^15. On ajoute à cette liqueur une sorte de couenne blanche épaisse, dite Vinegarplant^quise forme spontanément pendant la conversion de la liqueur sucrée en vinaigre, et qui aide à la fermentation acide ; puis on conserve le tout pendant 6 ou 7 semaines dans une armoire contiguë à la cheminée, où règne constamment une douce chaleur. Après ce temps, on décante la liqueur clarifiée et on la met en bouteilles. Dans le vase, on trouve, outre l'ancienne Vinegarplant, que l'on rejette, une seconde pièce semblable et nouvellement formée, que l'on conserve pour l'opération suivante. On recommence cette fabrication domestique 8 ou 9 fois chaque année.
Le vinaigre ainsi préparé sert pour l'assaisonnement de la viande froide et d'autres ahments ; mais on l'emploie principalement pour la préparation des conserves de légumes dites P/cÂ:/e5. On confit de cette manière des oignons, des choux-fleurs, des choux ordinaires, des concombres et des radis.
37â CII. VIII. -- MENUISIER DE LA VILLE DE SUEFFIELD.
HABITATION, MOBILIER ET VÊTEMENTS
La famille habite, dans l'iatérieur de la ville, une maison entière pour laquelle elle paye un loyer de 168^ 75 par an, non compris la taxe des pauvres (vi, 19) et les taxes municipales de police et de voirie établies en proportion du loyer, et payées, en même temps que ce dernier, par l'ouvrier au propriétaire. Indépendamment de la cave, qui sert è déposer la plupart des ustensiles de cuisine et ceux qui servent pour l'entretien de la propreté, la maison comprend, à chacun des trois étages supérieurs, une pièce éclairée par deux fenêtres. Le rez-de-chaussée, ou parloir, dont le foyer est employé pour la cuisson des aliments et pour le chauffage, sert à la fois de salle à manger et de salon. Au premier étage est la chambre à coucher des époux et des deux enfants. Au deuxième étage enfin se trouve l'atelier de travail oii l'ouvrier prépare et emmagasine les pièces de menuiserie et de charpente destinées à l'habitation qu'il se propose de construire (g). Un escalier tournant fort étroit met en communication les divers étages.
On remarque dans le mobilier de la famille une certaine recherche indiquant une situation intermédiaire entre celle de l'ouvrier et celle du bourgeois.
Meubles : abondants et tenus dans un état convenable de propreté 720^ 01
1° Lits. — 1 lit des deux époux : bois de lit, paillasse, lit de plume, couverture de laine, 125^00; — 1 lit d'enfants, 50^00 ; — 3 couvertures de laine à 10^00, 30^00. — Total, 205^00.
2" Mobilier. — 2 descentes de lit, 31^25; — 1 table à tiroirs, 12^50; — i table ronde, 8*^75; — 2 cadres vitrés en acajou, contenant des oiseaux empaillés, 50^00; — 1 table à laver en bois peint (chambre à coucher), 11^25 ; — 1 petite table de toilette {idem)y 2^50; —1 table grossière dans la cave (pour placer les vases), 2^50; — 7 chaises en bois, 50^00 ; — 1 petite chaise d'enfant, en acajou, 6^25; — 1 sopha en crin couvert d'une étoffe en crin, 50^ 00 ;— 1 commode en bois d'Amérique, 33^ 75; — 1 commode (bahut) en l)ois peint, 25^00 ; — 1 commode à tiroirs, en acajou, 37^50; — 1 petit meuble h ouvrage de femme, en acajou, 25^ 00; — garniture de cheminée du salon, 13^^ 13; — 2 petites boîtes à ouvrage pour la cheminée du salon, 2^50; — objets
OBSERVATIONS PRÉLIMINAIUES. bîS
en porcelaine, pour la cheminée du salon, 5^00; —objets en porcelaine pour cheminée et guéridon de la chambre à coucher, 3^75; — une garniture intérieure de fenêtre, en acajou (ouvrage de l'ouvrier), 25^00; — 2 horloges à poids, 100^00; — miroir, 8^ 75; — 2 cadres avec gravures grossières (sujets écossais) (chambre à coucher), 1^88 ; — tapis mobiles, 8' 75. — Total, 515^01.
Ustensiles : bien tenus ; rangés avec ordre dans le parloir, ou disposés avec une certaine recherche, à chaque repas, sur la table 102^ 71
1° Pour le service de l'alimentation. — 3 chaudières en fonte, 10^00; — 1 bouilloire en cuivre, 6' 25; — 3 pots en fer-blanc, 1^88; — pots en terre, 5^00; —24 plats et assiettes en faïence, 2^50; — 1 théière et 1 cafetière, 5^00; — 6 tasses à thé en faïence, 5^00; —2 plateaux à thé en tôle vernie, 6^25; — verres et bouteilles, 6^25;
— 24 bouteilles à vinaigre, 5^00; — 2 grands vases à bière, 1^66; — 8 couteaux et fourchettes, 5^00; — scie pour couper la viande, 1^88; — 6 cuillers à thé en argentane, 2^50; — 6 cuillers en argent, 15^00; — 2 grandes cuillers en métal britannique, 1^66. — Total, 80^83.
2° Pour usages divers. — 2 chandeliers en laiton, 3^75; — écrans en bois et en fer-blanc, 6^25; — pot à laver, 3^13; — balais communs, brosses, seaux, balais de crin, 6^25; — 1 grand vase de grès verni pour laver le linge, 2''50. — Total, 21' 88.
Linge de ménage : peu nombreux, de qualité inférieure, médiocrement entretenu 33^ 77
3 paires de draps de lits en toile à 5^63, 16*" 89 ; — 24 serviettes, 15^00; — 2 petits rideaux de fenêtre, 1^88. — Total, 33^ 77.
VÊTEMENTS : ils témoignent des habitudes de propreté, de décence et de confort des deux époux, sans déceler aucune tendance au luxe , . . 280^ 00