LES TROIS CAUSES PRINCIPALES DE LA PROSPÉRITÉ. XVII
s'affaiblissent plus ou moins quand les hommes se corrompent; la troisième s'anéantit quand ils s'agglomèrent dans les villes ou dans les groupes manufacturiers.
L'amoindrissement ou la suppression des productions spontanées, que les ouvriers de l'Orient et du Nord récoltent à leur profit par la chasse, la pêche ou la cueillette, forment un des traits caractéristiques de l'Occident. La diminution de bien-être qui en résulte peut avoir pour compensation les avantages émanant de certaines institutions qui complètent le Décalogue et la famille, et qui apparaissent souvent dans les monographies des tomes II et III. Au premier rang de ces institutions figurent la communauté, la propriété individuelle et le patronage. Ces trois compléments, que réclame partout le règne de la paix sociale, se fortifient à mesure que diminue le bienfait des productions spontanées. Ils adoucissent même les maux que développe aujourd'hui, en Occident, l'infidélité aux deux éléments fondamentaux sans lesquels il n'y a point de société stable. C'est par ce motif que les trois institutions complémentaires occupent habituellement une place prépondérante dans les derniers volumes de cet ouvrage. L'accroissement de cette prépondérance est visible dans le texte des trois volumes ; et j'ai résumé dans les titres le principe des organisations sociales qui y sont décrites. Les populations qui sont l'objet du tome IV restent fidèles à la loi suprême; et, sous l'influence des institutions complémentaires, elles constituent des oasis de paix et de stabilité, malgré la disparition des productions spontanées. Les populations du tome V, ébranlées par l'infidélité à la loi suprême, conservent les apparences de la paix. Enfin les populations du tome VI, désorganisées par la révolte formelle contre la loi, sont soumises à des catastrophes périodiques : elles n'échappent à la m. b