‹ Les ouvriers européens (volume 2)Chapitre 16 sur 159 · XX CONSTITUTION SOCIALE DES RACES DU NORD · texte numérisé non relu

XX CONSTITUTION SOCIALE DES RACES DU NORD

dans une paix profonde les questions qui restent insolubles chez les peuples soumis exclusivement aux lois écrites!

Le régime de ces lois s'est introduit, sans abroger les coutumes, dans les régions agricoles, manufacturières et commerçantes de l'Orient et du Nord ; et il règne presque exclusivement dans les contrées de l'Occident qui scandalisent le monde par le spectacle de leurs discordes, de leur instabilité et de leurs souffrances. Partout les mêmes causes ont produit les mômes maux. Des branches innombrables d'activité ont compliqué à l'infini la vie des peuples placés près des grandes voies commerciales.

de tentes et de bestiaux. La terre des Taitsi est le pays mongol où l'on trouverait retracées le plus exactement les mœurs patriarcales, telles que la Bible nous les dépeint dans les vies d'Abraham, de Jacob et des autres pasteurs de la Mésopotamie. »

« Les Tartares qui ne sont pas de famille princière sont esclaves; ils vivent sous la dépendance absolue de leurs maîtres. Outre les redevances qu'ils doivent payer, ils sont tenus de garder les troupeaux de leurs maîtres; il ne leur est pas défendu d'en nourrir aussi pour leur propre compte. On se tromperait beaucoup, si l'on s'imaginait qu'en Tartarie l'esclavage est dur et cruel, comme il l'a été chez certains peuples ; les familles nobles ne dififèrent presque nullement des familles esclaves. En examinant les rapports qui existent entre elles, il serait difficile de distinguer le maître de l'esclave; ils habitent les uns et les autres sous la tente, et passent également leur vie à faire paître des troupeaux. On ne voit jamais parmi eux le luxe et l'opulence se poser insolemment en face de la pauvreté. Quand l'esclave entre dans la tente du maître, celui-ci ne manque pas de lui offrir le thé au lait; ils fument volontiers ensemble, et se font mutuellement l'échange de leurs pipes. Aux environs des tentes, les jeunes esclaves et les jeunes seigneurs folâtrent et se livrent aux exercices de la lutte, pêle-mêle et sans distinction ; le plus fort terrasse le plus faible, et voilà tout. Il n'est pas rare de voir des familles d'esclaves devenir propriétaires do nombreux troupeaux, et couler leurs jours dans l'abondance. Nous en avons rencontré beaucoup qui étaient plus riches que leurs maîtres, sans que cela donnât le moindre ombrage à ces derniers. Quelle différence entre cet esclavage et celui qui existait à Rome ! »

Mes concitoyens constatent journellement que les classes extrêmes de notre société sont divisées par l'égoïsme, l'orgueil et l'envie. Ils sont donc préparés à comprendre que les simples coutumes des Mongols sont plus favorables que nos savantes lois écrites au règne de la paix sociale.

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