‹ Les ouvriers européens (volume 2)Chapitre 17 sur 159 · LES TROIS CAUSES PRINCIPALES DE LA PROSPÉRITÉ. XXI · texte numérisé non relu

LES TROIS CAUSES PRINCIPALES DE LA PROSPÉRITÉ. XXI

Elles ont créé la richesse, la science et le pouvoir. L'abus de ces précieuses conquêtes a développé l'orgueil et organisé l'oppression du pauvre, de l'ignorant et du faible. La corruption des gouvernants et la souffrance des gouvernés ont amené la guerre sociale; et, pour rétablir la paix, on a fait appel aux lois écrites, appuyées sur la force. Il s'est alors produit, selon les lieux et les temps, deux résultats opposés : tantôt les gouvernants se sont réformés et la paix est revenue ; tantôt, au contraire, le peuple ignorant et révolté a voulu gouverner luimême en détruisant par des lois écrites les coutumes traditionnelles, et il a bientôt achevé la ruine de la patrie. Certaines nations riches et lettrées de l'Occident glissent aujourd'hui sur cette pente funeste.

Les peuples de l'Orient et du Nord ne sont point exempts de mal; mais, jusqu'à ce jour, ils se montrent plus sages que les races égarées de l'Occident. Les lois écrites s'y compliquent, à la vérité, avec certaines défaillances morales et avec la multiplication des intérêts matériels, mais elles n'attaquent point, en général, les vieilles coutumes. En ce qui touche les trois grandes causes de prospérité, les lois ont dû souvent favoriser la suppression des productions spontanées; mais, sauf quelques aberrations momentanées, elles ont toujours encouragé ou contraint les peuples à respecter le Décalogue et l'autorité paternelle.

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