XXII CONSTITUTION SOCIALE DES RACES DU NORD
dres intelligences, la distinction du bien et du mal. Sous certaines influences, dont l'action s'est exercée de tous temps, ces préceptes s'imposent au corps social avec une autorité irrésistible. Ils déterminent alors chacun à réagir par sa propre volonté contre ses mauvaises tendances innées. Enfin les pouvoirs sociaux contraignent, au besoin, l'individu à pratiquer certains devoirs et à s'interdire les actes qui peuvent être nuisibles, soit à lui-même, soit au prochain. Les sociétés prospères n'ont jamais pu rien substituer à cet ensemble si clair et si précis d'enseignements et de contraintes : elles y ont parfois ajouté des lois fort compliquées; mais celles-ci n'ont été bienfaisantes que lorsqu'elles ont été les corollaires naturels des dix commandements. En résumé, la source du bonheur et de la paix s'est toujours trouvée dans le Décalogue : depuis les premiers âges de l'histoire, on voit prospérer les peuples soumis à cette loi suprême, souffrir ceux qui la violent, périr ceux qui persistent dans leur révolte.
A toutes les époques et dans tous les lieux on a vu des peuples souffrants revenir à la prospérité, grâce aux circonstances qui les ont ramenés à la pratique du Décalogue. Mais si tous les lieux se prêtent à une telle restauration, ils ne sont pas également aptes à en conserver les bienfaits. Les deux hémisphères présentent certaines régions où celte aptitude se fait sentir à un plus haut degré que dans les autres. Les steppes de l'ancien continent offrirent le spectacle de cette prééminence aux géographes de l'antiquité, depuis le bassin du Danube jusque dans l'extrême Orient. De nos jours, les mêmes conditions se maintiennent
dans la Grande-steppe de l'Asie centrale. Sous l'influence
de ces lieux privilégiés se sont perpétuées des races d'hommes qui n'ont jamais eu la renommée de certaines populations urbaines, mais qui ont toujours joui de la