LA SOUMISSION AU DÉCALOGUE ÉTERNEL. XXIII
vraie prospérité. J'ai décrit, dans le volume précédent, ces races modèles (II, In. 3); et je n*ai ici qu'à en rappeler succinctement les caractères. Les pasteurs nomades de l'Asie centrale exercent depuis les premiers âges, en conduisant leurs troupeaux, un travail également salutaire pour le corps et l'esprit. Ils ont en abondance tout ce que réclame une vie simple et frugale : chaque père de famille, en laissant croître son troupeau, peut garder longtemps ses fils mariés près de lui ; et, quand la nécessité le contraint d'expédier au dehors un essaim, celui-ci est toujours en mesure de se placer sous la direction de vieillards expérimentés. En s'établissant sur des steppes disponibles ou sur des territoires en voie de défrichement, chaque essaim emporte donc, avec les usages de la famillemère, l'esprit de soumission au Décalogue. C'est ainsi que les traditions patriarcales restent encore apparentes de nos jours, même dans les régions défrichées de la Russie et de la Turquie. Quant à la famille-mère, elle garde avec une fermeté inébranlable la coutume des ancêtres, car elle est à l'abri de la corruption qu'engendrent ailleurs la richesse accumulée, la culture intellectuelle et la puissance politique. Elle reste surtout attachée au Décalogue, car les vieillards qui la gouvernent ont tous pu, dans le cours d'une longue vie et au contact journalier de générations fécondes, constater les maux qui émanent du vice originel et l'efficacité des remèdes sûrs qu'y opposent les dix commandements. D'ailleurs, les habitudes de méditation se créent spontanément au milieu des loisirs de la vie pastorale et à la vue des grands spectacles de la steppe : elles développent la sagesse de l'âge mur et de la viellesse beaucoup mieux que ne le fait toute autre constitution des sociétés.
Les rivages du Nord sont aujourd'hui, après les steppes