XXVIII CONSTITUTION SOCIALE DES RACES DU NORD
les jeunes générations, un régime régulier d'émigration riche (m, 20 ; iv, i9j.
Dans le Nord, comme dans les steppes défrichées de l'Orient (4), la famille-souche des agriculteurs est moins apte que la famille patriarcale des pasteurs à conserver dans toute leur pureté les traditions du Décalogue. Son action doit être fortifiée par l'intervention des clergés et des gouvernants; mais il s'en faut de beaucoup que, dans un ordre régulier, cette intervention soit jamais prépondérante. La force même des choses règle à cet égard le partage des attributions. L'action du prêtre sur les jeunes générations est fort intermittente; elle est nulle à ces premiers âges de l'enfance où s'établit dans les âmes flexibles la distinction pratique du bien et du mal. Cette tâche est d'ailleurs fort pénible. Le prêtre la remplit par dévouement plus que par une impulsion naturelle; et, quand ce dévouement se ralentit, le succès de l'œuvre est compromis. Avec l'organisation la plus parfaite de l'Église et de l'État, les chefs de famille sont efficacement ramenés à la pratique de leurs devoirs ; mais c'est à eux surtout qu'il appartient de transmettre la notion du bien aux générations qui s'élèvent à leur foyer.
Partout le père et la mère sont portés par une tendance innée fort énergique à réprimer chez leurs jeunes enfants toute inclination persistante vers le mal. Ils prennent spontanénient l'initiative, même dans les nouvelles maisons, en se rappelant les exemples du foyer paternel. La mère surtout, retenue au logis par la coutume, combat avec un art infini les manifestations vicieuses de la volonté, dès qu'elles apparaissent chez le nouveau-né. Les parents ont ensuite recours à l'emploi croissant de la raison, à mesure que l'intelligence de l'enfant se développe, sauf, quand il résiste, à reprendre l'usage de la