LE RÈGNE DE LA FAUILLE-SOUCHE. XXIX
force. Enfin, ils complètent l'éducation de l'adulte, en lui procurant, autant qu'il dépend d'eux, dans la société, une situation en rapport avec ses vertus et ses talents. Chez les peuples prospères, les gouvernants n'interviennent que par des moyens indirects et par le bon exemple dans le gouvernement intérieur de la famille : ils laissent aux pères le soin de créer les coutumes les plus efficaces pour réprimer, selon les lieux, les effets du vice originel; et c'est ainsi que régnent, depuis un temps immémorial, la famille patriarcale en Orient et la famille-souche dans le Nord.
Dans les régions du Nord, comme chez tous les peuples prospères, la fonction de la famille est le principal élé- . ment de l'activité sociale; et, à vrai dire, elle constitue une sorte de souveraineté. Quand ils ont la plénitude de leur autorité naturelle, les pères, agissant isolément ou assemblés par voisinages ou communes, règlent souverainement la plupart des intérêts sociaux (m, 19). Sous les meilleures constitutions du Nord, les familles sentent peu l'action du souverain; dans l'Orient, cette action est moindre encore ; et, dans la Grande-steppe, elle est purement nominale.
Sous les régimes sociaux les plus opposés, l'organisation de la famille a une importance telle qu'elle est adoptée comme le modèle de la souveraineté. En Turquie, où les particuliers ont conservé, pourla plupart, les mœurs patriarcales des peuples pasteurs, l'héritage du trône est attribué à l'aîné des membres de la famille régnante. Dans les États du Nord, où la famille-souche est le principe conservateur de toutes les maisons, l'héritier de la couronne est généralement, comme celui du foyer et de l'atelier domestique, l'aîné des enfants.
Quand on compare les quatre dernières monographies