XXX CONSTITUTION SOCIALE DES RACES DU NORD
de ce volume avec les cinq premières, on constate que la constitution de l'Angleterre offre aujourd'hui un affaiblissement qui ne se montre encore sur le Continent que par de légers symptômes. Le mal provient surtout des exagérations de la prospérité matérielle : il pèse particulièrement sur les populations ouvrières; et il a détruit, chez les classes riches, une des meilleures coutumes de la famille-souche. Gomme je l'ai indiqué ci-dessus, les pères de famille du Continent cohabitent jusqu'à leur mort avec leur héritier : et ils se trouvent ainsi dans les conditions les plus favorables pour le dresser, par les exemples de la vie journalière, à la pratique des meilleures traditions. En Angleterre, l'héritier d'une famille riche quitte la maison patrimoniale, au plus tard à l'époque de son mariage; et, sauf les visites temporaires, il n'y rentre qu'après la mort du père et le départ de la veuve. Je fus frappé de cette circonstance, dans le cours de mes premiers voyages; mais je continuai à croire, d'après certaines réponses faites à mes questions réitérées, que la coutume de la cohabitation se conservait chez beaucoup de familles anciennes. Enfin, dans le cours d'une longue révision commencée en 1851, j'employai à ce sujet un moyen de vérification qui m'a souvent réussi : je promis à un Anglais actif et intelligent une récompense pécuniaire s'il pouvait me signaler une seule famille de grands propriétaires où la coutume de la cohabitation serait conservée. Depuis lors mon agent n'a rien découvert. Je crois même pouvoir affirmer d'après le témoignage de personnes compétentes que la coutume de la cohabitation du père et de l'héritier n'était plus pratiquée à la fin du dernier siècle.
Les trois coutumes fondamentales de la famille-souche, telles qu'elles sont définies dans ce paragraphe, ont fait leurs preuves, depuis quatorze siècles au moins, sur les