LE RÈGNE DE LA FAMILLE-SOUCHE. XXXI
rivages continentaux de la mer du Nord. Elles s'altèrent à quelques égards en Norvège et en Danemark (ii, 17,20); mais elles se conservent en Suède et dans la plaine saxonne (i, 17; m, 17), avec une efficacité démontrée par la paix et la stabilité qui se montrent dans tous les éléments de la constitution sociale. Les grands propriétaires, les paysans et les bordiers, c'est-à-dire les trois classes qui sont nécessaires à une bonne hiérarchie et à une solide organisation de la société, gardent ces coutumes dans toute leur pureté; et elles restent unies par les liens d'une solidarité intime. Les classes urbaines et manufacturières, qui se recrutent surtout dans les campagnes ou qui y sont ramenées par le succès, s'inspirent aussi des sentiments qui émanent de ces coutumes ; et elles contribuent pour leur part à l'œuvre de prospérité. J'aurai également l'occasion de montrer, dans le volume suivant, que certaines races de l'Occident prospèrent^ depuis vingt siècles au moins, sous l'empire de ces mêmes coutumes de la famille-souche. 11 y a donc lieu de craindre que l'Angleterre ne fasse fausse route en s'en écartant sur les points essentiels que j'ai signalés dans ce paragraphe et dans le texte des monographies. En détruisant la cohabitation permanente du chef de famille et de l'héritier, les Anglais compromettent la transmission du Décalogue au sein des grandes familles rurales qui sont les plus aptes à diriger la société. En expropriant, à l'amiable, au dernier siècle, les paysans et les bordiers, les grands propriétaires ont supprimé les classes qui, aux époques de corruption, maintiennent le mieux, grâce à un travail opiniâtre, les pratiques de la vertu. Les classes dirigeantes se sont ainsi privées d'appuis naturels qu'elles ne retrouvent plus chez leurs riches fermiers, ni chez les manœuvres ruraux dénués de toute propriété foncière. C'est précisément le danger social que