SPONTANÉES
Les races sédentaires ne possèdent la paix sociale, le plus grand des biens, que si elles pratiquent le Décalogue éternel sous le règne de la famille-souche. Chaque famille n'est heureuse que si cette paix s'étend sur la société entière; mais son bien-être n*est complet que si la sécurité de son existence est garantie par la possession régulière du pain quotidien.
Les deux* premières causes de prospérité, le Décalogue et la famille-souche, sont communes, avec des formes peu différentes, à toutes les bonnes constitutions sociales. La troisième, la possession du pain quotidien, n'est pas moins indispensable; mais elle offre, d'un lieu à l'autre, les formes les plus diverses. Ces formes varient, en outre, à l'infini selon l'état d'agglomération des familles; et c'est à ces variations que correspond surtout la diversité extrême des constitutions sociales, même de celles qui peuvent être citées comme des modèles. Les moyens habituels de sécurité touchant la possession du pain quotidien se rattachent à deux groupes distincts. Les premiers, que je nomme « les productions spontanées du sol ou des eaux », sont fournis par les libérahtés de la nature; et ils donnent la sécurité aux familles les plus pauvres, quand ils peuvent être librement acquis par la chasse, la pêche et la cueillette. Les seconds consistent en trois institutions : la communauté, la propriété individuelle et le patronage : ils donnent aux ouvriers l'équivalent des ressources que ceux-ci ne peuvent plus se procurer par la récolte des productions spontanées. Ces productions, m. c