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Wilhelm M**, leur second fils

RELIGION ET HABITUDES MORALES

La famille professe la religion réformée de Luther; elle assiste régulièrement, le dimanche et les jours fériés, à tous les

exercices du culte. Les bonnes habitudes ne sont pas dues seulement aux sentiments religieux; elles résultent aussi de l'ensemble des coutumes qui tiennent l'ouvrier appliqué au travail et qui l'empêchent de se livrer à l'intempérance. Cependant il y a lieu de signaler l'influence fâcheuse qu'exercent sur les mœurs de la jeunesse les règlements qui interdisent aux ouvriers des corporations de mines du Haut-Hartz de se marier avant l'âge de 25 ans. Comme dans beaucoup des États allemands, ces règlements ont pour objet de restreindre le développement de la population. En fait, ils n'ont souvent qu'un seul résultat : affaiblir au sein des populations le sentiment de l'ordre moral (12).

HYGIÈNE ET SERVICE DE SANTÉ

Le climat, bien que rigoureux, est salubre. Parfois, l'insuffisance du régime alimentaire et la nature des travaux, pendant lesquels l'ouvrier est soumis à l'influence prolongée de l'humidité et à des refroidissements brusques, portent une atteinte nuisible à sa constitution. Il arrive même que ces circonstances provoquent prématurément la mort ou des infirmités incurables. Le service médical est bien organisé, soit à domicile, soit dans les hôpitaux. Les frais de ce service sont supportés par une caisse de secours : celle-ci a pour aliments une retenue sur le salaire des ouvriers et diverses dotations (13).

RANG DE LA FAMILLE

L'ouvrier appartient à la catégorie des tâcherons-propriétaires, car il est payé en raison de la quantité de travail. Cependant, par une nuance assez fréquente dans ce genre de travaux, l'abatage de la roche dans les mines (s), la rétribution à la tâche diffère peu en fait de la rétribution à la journée. Les travaux à

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exécuter sont d'une nature très-variable, et l'administration, en tenant compte de la nature de la roche à abattre, fixe les prix de manière que le salaire de l'ouvrier ne varie qu'entre des limites fort restreintes (de 8 fr. 68 à 9 fr. 52 par semaine). Lorsque le salaire n'atteint pas la limite inférieure, on bonifie à l'ouvrier la différence; lorsqu'il dépasse la limite supérieure, on diminue pour l'ouvrier le taux du prix fait : en résumé, l'ouvrier est payé en raison du nombre d'heures consacrées au travail plutôt qu'en raison de la quantité du produit. L'ouvrier possède des immeubles dans les conditions indiquées au § 6.

Moyens fl'ex.îistence de la famille.

PROPRIÉTÉS

(Mobilier et vêtements non compris.)

Lmmeubles (y 00

L'ouvrier possède nominalement deux immeubles, savoir : une maison valant 2,300^; un jardin potager valant 40^

L'ouvrier jouit de ces immeubles dans des conditions qui sont toutes spéciales et qui forment une possession dont la nature est intermédiaire entre la propriété et la subvention. Les ouvriers de Clausthal et de Zellerfeld ont nominalement la propriété des maisons qu'ils habitent et du jardin attenant; et ils en font l'acquisition dans des circonstances particulières. Lorsque, au décès d'un ouvrier, une maison est mise en vente, un autre ouvrier a le droit de s'en porter acquéreur; et on lui donne, à offre égale, la préférence sur les capitalistes, les marchands et les chefs d'état de la localité qui voudraient lui faire concurrence. L'adjudication est faite à l'ouvrier, alors même qu'il ne peut payer la moindre partie de son acquisition. L'argent nécessaire lui est prêté, moyennant un intérêt de h pour 100, par l'administration supérieure des mines, qui prend hypothèque sur l'immeuble pour la garantie de ce prêt. En fait, l'ouvrier n'est que le locataire de cette administration supérieure. L'acquisition

de l'immeuble se réduit en quelque sorte à une forme du contrat de location. L^intérét servi pour l'emprunt n'est, à vrai dire, que le paiement d'un loyer. Cette combinaison a cependant des effets moraux dont on ne peut méconnaître l'importance : avec des formes mieux appropriées aux exigences de la dignité humaine, elle a tous les avantages de la subvention russe (II, ii à v) ; elle défend l'ouvrier contre sa propre imprévoyance et contre l'avidité des usuriers; enfin, elle élève au moins nominalement la condition sociale de l'ouvrier, et l'initie, autant que le comporte son imperfection intellectuelle et morale, au sentiment de la propriété.

Le capital indiqué ci-dessus étant balancé par une dette égale, il n'y a rien à porter sous ce titre à l'avoir de la famille.

Animaux domestiques 0^ 00

Le climat, qui s'oppose à la production des céréales, des fruits, des légumes farineux, ne permet pas non plus l'élevage des volailles. Les simples ouvriers, ne devenant jamais propriétaires de prairies, ne peuvent entretenir une vache laitière. En général, cette dernière industrie est exercée par des contremaîtres et par des marchands.

1° Pour la culture du jardin. — Outils divers, 5^00.

2" Pour l'abatage et le transport du bois de chauffage. — 1 hache et 1 brouette, 7^00.

Droit éventuel aux allocations de plusieurs caisses d'assurances mutuelles garantissant une pension à l'ouvrier vieux ou infirme, à la veuve et aux orphelins (13) 42^ 00

Droit éventuel aux allocations d'une caisse d'assurances mutuelles garantissant une sépulture décente à l'ouvrier (13) 8^ 40

Droit éventuel aux allocations de plusieurs caisses d'assurances mutuelles, garantissant les secours de médecine et de chirurgie et des subsides en argent aux malades (13)... 0^ 00

Valeur totale des propriétés 62^^40

SUBVENTIONS

Le principe du patronage, qui s'est conservé intact dans les corporations de mines du Hartz, s'y manifeste par de nombreuses subventions. Ainsi qu'on l'a indiqué ci-dessus (e), l'habitation et le jardin qui y est annexé constituent, à quelques égards, une subvention permanente, L'ouvrier a le droit de récolter h titre gratuit, dans les forêts domaniales, le bois de chauffage, et d'acheter, à un prix inférieur au prix du marché, la portion de cet approvisionnement que ses occupations ne lui permettent pas de récolter personnellement. Le salaire de l'ouvrier étant fixé d'une manière à peu près invariable, on s'attache à le protéger contre toutes les éventualités qui peuvent entraîner un accroissement de dépenses : on lui vend le blé à un prix invariable et toujours inférieur au prix du marché. Les caisses d'assurances, qui fournissent des secours de toute nature aux ouvriers malades ou infirmes, aux veuves et aux orphelins (13), sont alimentées bien plus par des subventions de l'administration supérieure que par les retenues faites sur le salaire des ouvriers. Enfin les dépenses concernant les écoles de garçons sont complètement supportées par cette administration.

TRAVAUX ET INDUSTRIES

Travaux de l'ouvrier. — Le travail principal de l'ouvrier a pour objet l'abatage de la roche métallifère ou stérile, c'està-dire la partie principale des travaux de mines. L'ouvrier consacre, chaque semaine, à cette occupation, 6 postes comprenant chacun 8 heures de travail effectif, mais exigeant il heures lorsqu'on tient compte du temps nécessaire pour descendre dans les mines et pour remonter au jour. L'ouvrier fait quelquefois un

travail supplémentaire en prolongeant certains postes au delà de la durée normale.

Les travaux secondaires de l'ouvrier sont : la récolte du bois de chauffage pour le ménage, la culture du jardin et l'entretien de la maison.

Travaux de la femme. — Le travail principal de la femme a pour objet les soins du ménage.

Parmi les travaux secondaires, il faut compter au premier rang le transport à dos des denrées alimentaires. Deux fois chaque semaine, la femme se rend dans les villes de Goslar ou d'Osterode, situées dans la plaine de Hanovre, et elle y achète du blé, des pommes de terre, etc., qu'elle transporte immédiatement jusqu'à Glausthal, à une distance de iO kiloniètres, en gravissant une rampe haute de 400 mètres. Les objets ainsi transportés servent, en partie, pour la consommation du ménage ; une partie est livrée à prix fait aux personnes aisées de la ville ; le reste est vendu au marché avec un bénéfice qui représente les frais de transport.

Les autres travaux sont la culture du jardin, le transport du foin à dos pour les propriétaires de prairies de la banlieue de Glausthal, le blanchissage du linge chez les habitants notables de Glausthal et de Zellerfeld, enfin la confection des vêtements de toile et de coton pour le ménage.

Travaux du fils aîné. — Le fils aîné, âgé de H ans, exécute le travail unique qui lui est confié dans les ateliers de préparation mécanique, où le minerai brut est enrichi et préparé pour la fusion ; il y reçoit un salaire fixé invariablement pour chaque journée de travail.

Industries entreprises par la famille. — Ces industries sont peu nombreuses et comprennent : la spéculation que fait rouvrier en exécutant son travail principal à la tâche; la culture du jardin et la location d'une partie de la maison à une famille étrangère; la spéculation sur le commerce et le transport des denrées achetées à Goslar et à Osterode.

108 cil. III. — MINEUR DES CORPORATIONS DE MINES DU HAUT-IIARTZ.

Ifloile fl*exiisteiice de la famille.

ALIMENTS ET REPAS

Les bases de la nourriture sont le pain de seigle, la viande de cochon, la charcuterie, le beurre, les pommes de terre et les choux. Le pain est fabriqué dans chaque ménage; et il est cuit, moyennant une rétribution modérée, chez les mêmes boulangers qui fabriquent le pain pour la partie la plus aisée de la population. La viande se mange, en général, bouillie; les pommes de terre se cuisent à l'eau et au sel ; les choux sont consommés ordinairement a l'état frais. On en convertit en choucroute une proportion d'autant plus grande que le. ménage peut consacrer à l'assaisonnement une plus grande quantité de corps gras.

HABITATION, MOBILIER ET VÊTEMENTS

La maison, que l'ouvrier possède dans les conditions indiquées précédemment (e), se compose d'un rez-de-chaussée et d'un premier étage. Le propriétaire occupe, avec sa famille, le rez-de-chaussée composé d'une chambre à feu et de deux petites pièces; il occupe également au premier étage une petite pièce servant de grenier et de magasin. Il donne en location à une autre famille d'ouvriers les deux pièces qui forment le complément du premier étage, mais garde la jouissance exclusive du jardin potager (e).

L'ouvrier, bien qu'il n'ait en quelque sorte sur sa maison qu'un droit fictif de propriété (e), apporte cependant à la conservation et à l'entretien de cet immeuble la même sollicitude que s'il était réellement propriétaire ; l'administration supérieure

se trouve ainsi dispensée des charges et des embarras qui résulteraient pour elle du régime de la location. Le mobilier comprend :

Meubles entretenus avec propreté 260^ 00

4° Lits. — 3 lits garnis pour les deux époux, les enfants mâles et la fille, 180*^00. 2" Mobilier de l'habitation.— 2 tables, 6 chaises, 1 commode, 1 colTre, 80^00. Le poêle en fonte qui sert au chauffage de la chambre est une dépendance de la maison, et se trouve compris dans l'évaluation de cette dernière (0).

Ustensiles réduits au strict nécessaire 33' 70

i° Pour le service de l'alimentation. — Batterie de cuisine; — objets en verre; — cuillers, fourchettes, couteaux. — Total, 25^00.

2° Pour usages divers. — 1 lampe de mine (elle dure toute la vie d'un mineur). 3^70; — 2 hottes pour les transports effeclucs par la femme, t>^00. — Total, 8^70.

Vêtements 200' 00

Suivant un de ces antiques usages qui, malheureusement, tendent à s'abroger en Europe, les mineurs du Hartz, ainsi que les jeunes garçons, portent tous un uniforme qui donne un caractère remarquable de dignité à l'ensemble de la population ouvrière. Ce costume, très-bien approprié à la profession et au climat, comprend, comme partie essentielle, une veste ample avec un large collet rabattu {Kitlel) , un pantalon en drap noir comme le Kittel, un cuir noir (Arschleder) qui recouvre la partie postérieure du buste et des cuisses, et qui est fixé autour des reins et au bas du Kittel par un ceinturon à boucle, un shako avec plumet, des bottes, une canne avec tête en forme de marteau, etc. (Voir ci-après, sur le tableau des dépenses, les autres vêtements.) — La tendance à abandonner le costume local est déjà très- prononcée dans le Hartz. Le mineur ne revêt son uniforme que dans les solennités officielles ou lorsqu'il doit se présenter chez ses supérieurs; on remarque qu'il préfère maintenant se présenter à l'église en redingote et en casquette, c'est-à-dire dans un costume moins distingué que l'uniforme.

VÊTEMENTS DE l'ODVRIER (104^00).

i° Uniforme. — 1 Kittel et un pantalon do drap noir; 1 chapeau à plumet; \ Arschleder et 1 ceinturon à boucle; 18'"00.

2" Vêtements du dimanche. — 1 redingote, 1 gilet et 1 pantalon de drap ; 1 paire de bottes; 1 casquette; 41' 00.

3» Vêtements de travail— 2 blouses de toile noire; 1 veste de drap; 3 pantalons de toile; 2 cravates; 4 chemises de toile; 6 paires de chaussettes de laine; 2 paires de souliers; 1 paire de guêtres; 1 bonnet de travail; 1 Arschleder; 45^00.

VÊTEMENTS DE LA FEMME, dii dimanche et de travail, 50^00, Vêtements des enfants, du dimanche et de travail, 46^ 00.

Valeur totale du mobilier et des vêtements., û.93^^70

RÉCRÉATIONS

Le tabac à fumer procure aux ouvriers du Hartz leur principale distraction. Les critiques que l'on doit adresser, sous plusieurs rapports, aux personnes de la classe aisée, adonnées à l'usage habituel du tabac, ne sauraient être appliquées aux ouvriers de cette condition, qui, au moyen d'une dépense annuelle de 10 francs, s'assurent une jouissance presque permanente et à laquelle, dans une existence aussi sévère, rien ne pourrait évidemment suppléer. Ces mêmes ouvriers fréquentent peu le cabaret. L'eau -de-vie, qu'ils consomment en petite quantité, est, en général, bue dans le ménage, à petites doses, après le principal repas. Les veillées de famille, les cérémonies sévères du culte luthérien, sont, avec ces modestes jouissances physiques, les seules diversions que puisse trouver le mineur au milieu de ses travaux pénibles et assidus.

Histoire de la famille.

PHASES PRINCIPALES DE l'eXISTENGE.

Les enfants fréquentent l'école jusqu'à l'âge de 14 ans. Arrivés* à cet âge, les garçons commencent à travailler dans les ateliers où les minerais sont soumis au triage, au bocardage et

OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES. i11

au lavage. Ils se consacrent à ces occupations très-convenables pour l'adolescence, et qui sont menées de front avec la continuation de quelques études scolaires, jusqu'à l'époque où le développement des forces physiques leur permet d'entreprendre les travauîc des mines et des fonderies.

Les filles, de leur côté, commencent, à la sortie de l'école, autant que leurs forces le permettent, à assister la mère dans tous ses travaux, et particulièrement dans les soins du ménage et dans le transport à dos des denrées.

Suivant les principes adoptés par plusieurs administrations allemandes, l'administration supérieure des mines du Hartz s'efforce de restreindre le développement de la population en retardant, autant que possible, l'époque du mariage. Ici l'ouvrier n'est pas, en général, autorisé à se marier avant l'âge de 25 ans; toutefois, ainsi que cela a lieu dans les mines d'Idria, en Garniole, ce régime reste sans efficacité. Il n'a guère d'autre résultat que de provoquer des unions illicites et de porter atteinte à la moralité publique. Presque toujours, au reste, les enfants provenant de ces unions sont légitimés par le mariage, dès que l'époque réglementaire est arrivée.

La famille, une fois constituée, est placée dans les conditions physiques et morales indiquées par la présente monographie. Vouée à un labeur pénible et à une existence frugale, sous un climat triste et rigoureux, elle s'attache cependant à ses occupations et se plaît au lieu natal. Pendant ces dernières années, les mineurs du Hartz ont su résister à l'appât des salaires élevés et aux excitations de tout genre qui ont attiré, vers les travaux des chemins de fer, les ouvriers du nord de l'Allemagne et qui ont jeté une perturbation si profonde dans les antiques relations de patronage. Aucun exemple, peut-être, n'est plus propre à indiquer la tendance naturelle des populations ouvrières et à prouver qu'elles savent préférer, même à des nouveautés se luisantes, une existence rude, mais fondée, en toute sécurité, sur un patronage affectueux et sur un bon régime de subventions (7).

112 cil. III. — MINEUR DES CORPORATIONS DE MINES DU IIAUT-IIARTZ.

MCffiURS ET INSTITUTIONS ASSURANT LE BIEN-ÊTRE PHYSIQUE ET MORAL DE LA FAMILLE.

Un système complet d'institutions de prévoyance, qui a été souvent imité par d'autres corporations de mines, et qui paraît remonter à l'origine des corporations de mines du Hartz, protège chacun des membres de la famille à toutes les époques de son existence. Des écoles, entretenues aux frais de l'administration, donnent aux garçons l'enseignement avec l'éducation morale et religieuse. L'administration est obligée par la tradition de donner du travail aux ouvriers adultes, même lorsque l'industrie des mines ne donne point de bénéfices aux exploitants. Des caisses d'assurances mutuelles fournissent aux malades les secours de la chirurgie, de la médecine et de la pharmacie avec des subsides en argent. Elles allouent aux infirmes, aux vieillards, aux veuves et aux orphelins, une assistance permanente ou des secours temporaires. Enfin, à la mort de l'ouvrier, elles supportent les frais d'une sépulture décente. Les caisses d'assurances, qui jouent un rôle si important dans l'existence des populations ouvrières du Hartz, sont entretenues par des moyens variés (17), en partie par des retenues opérées sur les salaires, en partie et surtout par des subventions émanant de l'administration supérieure.

En résumé, l'ouvrier du Hartz, en sa qualité de membre des corporations de mines, possède sur les richesses minérales et forestières de ce district une sorte d'hypothèque légale qui le garantit, ainsi que sa famille, contre toutes les éventualités fâcheuses qui peuvent se présenter. Sous ce rapport, sa condition offre beaucoup d'analogie avec celle des ouvriers attachés aux mines de la Russie (II, 11 à iv, 13) et de la Suède (i, 13).

Les forêts et les mines de ces deux régions, comparées à celles du Hartz, sont un sujet d'étude éminemment propre à mettre en lumière les vrais principes de la constitution des

sociétés. Cette comparaison montre le danger des idées préconçues, au nom desquelles certains lettrés contemporains prétendent fonder de nouveaux systèmes sociaux sur « la liberté systématique et Tégalité providentielle ». En effet, ces systèmes aboutissent invariablement à l'antagonisme social et à l'instabilité; tandis que la paix et la stabilité se conservent dans ces trois régions, savoir : en Russie, malgré la dépendance réciproque des patrons et des ouvriers ; en Suède^ malgré l'organisation féodale de la propriété; au Harlz, malgré certaines immixtions de l'État dans le régime du travail.

Le régime que décrit la présente monographie réduit au plus strict nécessaire les satisfactions matérielles acquises aux populations ouvrières; mais il en garantit la jouissance contre toutes les éventualités fâcheuses qui peuvent frapper la famille ou la société. Le contentement des intéressés est un utile enseignement, car il prouve que la sécurité du pain quotidien est la première condition du bien-être. Cet heureux état de choses n'est pas spécial aux montagnes du Hartz : il se retrouve partout dans le Hanovre (19) et même dans toute l'étendue de la plaine saxonne (17).

Après de nombreux voyages exécutés depuis 1829, l'Auteur a pu résumer et contrôler rapidement, en j 844 et en 1845, les résultats de cette comparaison. A partir de ce moment, son opinion a été fixée en ce qui touche les principes fondamentaux de la paix sociale. Pendant dix autres années, c'est-à-dire jusqu'en 1855, cette opinion a été sans cesse confirmée par deux sortes de motifs : par la concordance de tous les faits observés ; par Tapprobation unanime des Autorités sociales, c'est-à-dire des personnes, de tout rang et de toute condition, qui conservent autour d'elles le règne de la paix sociale en s'appuyant sur l'affection et le respect des populations. En se reportant à ces souvenirs de 2G années, l'Auteur se plaît à signaler, parmi les hommes qui l'ont aidé à trouver la vérité, M. le baron de Tamm, propriétaire des forges d'Osterby (i, 1, 13, 20), et M. Alberts, directeur général {Derghaupimann) des mines du Ilaut-IIartz.

4^14 on. III. — MINEUR DES CORPORATIONS DE MINES DU HAUT-HARTZ.

SOURCES DES RECETTES

SECTION Pe.

Propriétés possédées par la famîlle.

Art. l". — Propriétés immobilières.

Habitation :

Maison («3)

Immeubles ruraux :

Jardin (6)

Art. 2. — Valeurs mobilières.

Matériel spécial des travaux et industries :

Pour la culture du jardin ■

Pour l'abatage et le transport du bois de cbautiàge

Art. 3. — Droits aux allocations dk caisses d'assurances mutuelles.

Caissss accumulant les souscriptions de la famille :

Droit éventuel à une pension pour l'ouvrier vieux ou infirme, pour la veuve, pour les

orphelins, jusqu'à l'âge de travail (6)

Droit éventuel à une sépulture décente pour l'ouvrier. ....... (rt)

Caisses répartissant immédiatement les souscriptions de la famille :

Droit éventuel aux secours de médecine et do chirurgie, et à des subsides en argent en cas de maladie ....,.,,... ... (6)

Valeur totale des propriétés (sauf déduction des dettes mentionnées, 15, S"n V).

KVALOATION

ipproximative

des

sources

de recettes.

propriétés.

SECTION II

Subventions reçues par la famille.

Art. 1er. Propriétés hbcues en usufruit. (La famille ne reçoit aucune propriété en usufruit)

Art. 2. — Droits d'usage dans les biens domaniaux. Droit sur une partie du bois de chauffage

Art. 3. — Allocations d'objets et de services. Allocation concernant la nourriture

— concernant l'habitation

— concernant l'instruction des enfants

— concernant le service de santé

— concernant les industries ,

— concernant les dettes

— concernant les assurances

MONTANT DES UKCETTErS. |

RECETTES

VALEUR

des objets

regus en nature.

UECETTES

en argent .

SECTION 1«

Revenas des propriétés.

Art. l«r. — Revenus des propriétés immobilières.

Intérêt (4 p. 100) de la valeur de cette maison

— — de ce jardin

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