I.MMELJÎLES
nabitation. — Maison avec un jardin de 4 ares 1/2, occupant en tout une superficie de 12 ares, possédée à titre de terre morte (17), 181^60.
Argent 136^ 20
Somme amassée au logis et prêtée sans intérêt à divers, 68^10; — monnaie d'argent employée, sous forme de collier-guirlande, pour la parure de la femme (19), C8flO.
Il est digne de remarque que, nonobstant la thésaurisation des sommes mentionnées ci-dessus, l'ouvrier est encore redevable à son patron d'une somme de 104"^ 40 sur la dette de 201'" 00 qu'il avait contractée envers ce dernier à l'époque de son mariage (12). La famille doit, en outre, à divers marcbands, une somme de 35''20.
Ammalx domestiques entretenus toute l'année. . ll\.^ 00
1 vache, 64'00; — G poules et 3 dindes avec des élèves, 10^00.
Matériel spécial des travaux et industries .... 21^ 56
1° Culture du jardin. — 1 hache et 1 bêche, 3^48.
2° Abatage du bois. — 1 hache, 1^74.
3° Exploitation des animaux domestiques. — 1 grande marmite, 13^62; — 1 peau de bouc pour faire le beurre, 2^72.— Total, 16*^34.
Les outils nécessaires aux travaux agricoles accomplis pour le compte des tenanciers du patron sont fournis par ces tenanciers ; l'ouvrier emprunte au patron les faucilles qui lui sont nécessaires pour récolter sa provision de foin.
Valeur totale des propriétés /ll3^ 36
SUBVENTIONS-
"La famille reçoit du patron, maître de forges, auquel elle est attachée, de nombreuses subventions fixes ou accidentelles. Elles
236 en. VI. — FORGÇRON BULGARE DES USINES A FER DE SAMAKOWA.
sont accordées à l'occasion des travaux accomplis par la famille; mais elles ne se mesurent pas rigoureusement à la quantité de ceux-ci. Examinées à peu près suivant l'ordre d'importance, ces subventions sont : la nourriture (pain, viande et eau-de-vie) donnée en nature à l'ouvrier pendant l'époque des travaux ; une partie de la provision de froment nécessaire à l'alimentation de la famille ; le droit d'en récolter par glanage une autre partie sur les terres dépendant du patron (i î) ; de la laine délivrée à la femme pour la confection de tous les vêtements tricotés ; le transport gratuit de la provision de foin récollée par la famille; un mouton donné en présent à l'époque de Pâques ; du tabac donné à l'ouvrier; les secours gratuits de médecine et de pharmacie pour toute la famille; la remise de tout intérêt sur les sommes prêtées; des présents faits en diverses circonstances, particulièrement lors des grossesses des femmes et à l'occasion des grands anniversaires. Les ouvriers qui possèdent des animaux de bât (ânes ou mulets) obtiennent en outre du patron livraison d'une certaine quantité de fer au-dessous du prix de vente, et vont, avec une charge de ce métal, faire un commerce d échange dans les villes voisines : cette remise de prix est encore une véritable subvention .
TRAVAUX ET INDUSTRIES
Travaux de l'ouvrier. — L'ouvrier exerce son travail principal au compte de Rachid-Bey, dans l'une des forges que ce riche seigneur turc possède près de Samakow^a. Pendant six mois du printemps et de l'automne il travaille en qualité de forgeron, c'est-à-dire qu'il convertit en fer marchand les loupes de fer spongieux provenant, dans une autre subdivision de l'usine, de la fusion directe du minerai. Pendant l'été, à l'époque où la rareté des eaux motrices ne permettrait pas de tenir la forge en activité, il est employé à divers travaux et surtout aux récoltes sur les cultures de terres concédées par le patron à des tenanciers (17). Le reste de son temps de travail est consacré à des
occupations secondaires ayant pour objets : l'entretien de la maison et du mobilier, la culture du jardin, les excursions aux foires voisines et surtout à celle de Tatarbazardjik. L'ouvrier profite de ces excursions pour acheter une partie des provisions nécessaires au ménage, et il les considère comme une distraction plutôt que comme un travail proprement dit.
Par suite d'un usage général en Turquie, et contraire aux habitudes du reste de l'Europe, c'est l'ouvrier qui s'occupe de la confection et de la réparation des vêtements de la famille.
Les jours fériés ne peuvent guère être observés pendant les périodes consacrées au travail de la forge ; il en est tout autrement dans les autres époques; et le nombre total des jours de repos s'élève à 96 chaque année.
Travaux de la femme. — Les travaux de ménage forment le travail principal de la femme : ils comprennent la préparation des aliments, la confection et la cuisson journalière du pain, les soins exigés par les enfants, les soins de propreté concernant la maison et le mobilier, enfin le blanchissage du linge. Parmi les travaux secondaires, l'élaboration de la laine occupe le plus grand nombre de journées ; viennent ensuite la culture du jardin, les travaux concernant les animaux domestiques, les récoltes faites sur les terres cultivées parles tenanciers du patron, et le glanage du froment pour les besoins de la famille.
Travaux du fils aîné. — Le fils aîné travaille comme auxiliaire des parents; il se rend principalement utile à la famille en conduisant la vache au pâturage.
Industries entreprises par la famille. — Les seules industries qui soient pour la famille la source d'un bénéfice proprement dit, sont la culture du jardin et l'exploitation des animaux domestiques. C'est ici le lieu de rappeler que l'ouvrier a fait précédemment la plus utile de ses entreprises, lorsqu'il a défriché un terrain inculte, sous le régime des terres mortes (i 7), pour créer son potager te construire son habitation.
238 en. VI. — FORGERON BULGARE DES USINES A FER DE SÂMAKOWA.
Ifloile d'existence de la fnDiiille.
ALIMENTS ET REPAS
Les ouvriers de Samakowa, selon rhabitude des Orientaux, n'ont guère de repas réglés ; mais ils prennent fréquemment, et comme par récréation, de la nourriture à petites doses. Ils sont, en .général, sobres et ne mangent point au delà de ce qui est nécessaire pour calmer les excitations de la faim. Ils mangent plus spécialement aux heures suivantes :
Le matin (7 heures) : du pain avec des fruits dans l'été ; du pain sans addition en hiver, si ce n'est pour les jeunes enfants, qui prennent toujours du lait.
A midi : les jours gras, un plat de viande et de légumes cuits au beurre, ou une pâte de maïs à l'eau ou au lait et souvent frite dans le beurre ; les jours maigres, des olives ou un plat de poisson salé, et des légumes assaisonnés à l'huile. '
Le soir (7 heures) : du pain avec du fromage ou avec des fruits ; une pâte de maïs cuite avec du lait ou assaisonnée avec du beurre.
HABITATION, MOBILIER ET VÊTEMENTS
La maison d'habitation a une surface totale de 27 mètres carrés : elle offre beaucoup d'analogie avec celle des paysans russes; le rez-de-chaussée sert d'étable pour la vache et de magasin pour la provision de foin. Le premier étage, élevé de 2 mètres au-dessus du sol, comprend une cuisine où se préparent les aliments et où la famille prend, ses repas, une chambre à coucher pour toute la famille et un cabinet servant de magasin. On accède à cet étage au moyen d'un escalier extérieur couvert par le prolongement du toit.
Meubles: réduits au plus strict nécessaire 37^ 21
1" Lits. — 6à 8 peaux de mouton servant délits, 6' 35; — 1 berceau d'enfant (2* âge), 5^67 ; — 1 berceau-hamac (l" âge), 1^13; — 1 tapis de laine et 1 natte pour mettre sous les lits, 6^58. — Total, 19^73.
2» Mobilier de la cltambre à coticher et du cabinet. — 1 petite table en bois avec son plateau en tôle étamée, élevée de 0"',70 au-dessus du sol, 4^09; — 3 escabeaux, l''82; — 1 bahut à cadenas avec un compartiment pour les bijoux de la femme, 3^40; — 1 bahut en bois de cèdre peint en vert, 6^81; — 1 natte pour le plancher de la chambre à coucher, 1^30. — Total, 17^48.
Ustensiles /li^ 98
1° Pour le service de l'alimentation. — 1 marmite en cuivre étamé, 5''67; — 2 marmites et 2 plats en terre vernissée, 0^68 ; — 1 crémaillère avec un crochet et un trépied en fer, 4*^54; — 1 grand mortier de bois avec pilon de fer, 3''40; — 1 coutelas de cuisine, de Bosnie, 2^27; — 1 couteau-poignard (que l'ouvrier porte ordinairement sur lui), 2*' 04; — 2 fonds d'anciennes jarres à l'huile, pour cuire le pain, 2'' 27. — Total, 20^87.
2o Pour usages divers. — 1 chandelier à trois pieds, en fer, 1^82 ; — 1 auge en bois pour laver le linge et pour pétrir le pain, 3'" 40; — 1 fusil d'Albanie, 15^89. — Total, 21^11.
Linge de ménage : usage des draps de lit inconnu, k^ 00
Quelques serviettes et torchons en lin ou en chanvre.
Vêtements : nonobstant la simplicité des étoffes, les vêtements se distinguent par leur bon goût et leur caractère élégant (19). Sous ce rapport, ils forment un contraste frappant avec ces vêtements d'étoffes plus recherchées, mais sans goût et de coupe uniforme, qu'adoptent de plus en plus les populations de l'Europe occidentale 57^ 95
Vêtements de l'ouvrier (57^95).
V Vêtements des fêtes. — 1 casaque (demi-blouse) en laine blanche, à larges manches, avec passe-poils bleus, 5*^00; — I gilet de dessous, sans boutons ni manches, croisant sur la poitrine et se nouant derrière le corps, en laine brune, 2^05 ; — 1 pantalon long, demi-collant, laine brune, passe-poils bleus, 3*^69; — 1 ceinture de laine rouge, longue de 5 mètres, 4*^14 ; — 2 chemises de toile et coton, S'^OO; — 2 paires de bas de couleur tricotés par la femme, 2*^72; — chaussons de feutre brun, servant de chaussures dans l'intérieur des habitations, 0''C0; — souliers de maroquin rouge (forme turque), 1^13; — 1 bonnet bulgare en peau, 3''00; — 1 surtout de peau de •mouton pour l'hiver, forme de kaftan ou de paletot, avec ornements rouges, 15^0. — Total, 42Vt9.
2° Vêtements de travail. — 1 casaque, 1 gilet do dessous, 1 pantalon, d'un ancien costume de fêtes (à 1/4 de la valeur primitive), 2^95; — 1 ceinture de cuir à boucles, l'3G; — 2 cuissards en cuir avec boucles de fer, 2^27; — sandales de cuir à semelles do bois, 1^25; — t bonnet de feutre à pointe rabattue, 3^32; — plusieurs pièces de ces mêmes vêtements, en double, déjîi usés, 4^31. — Total, i5'^4G.
240 CH. VI. — FORGERON BULGARE DES USINES A PER DE SAMAKOWA. VÊTEMENTS DE LA FEMME (83^82).
1" Vêtements des fêtes. — 1 veste ouverte par devant, à manches larges et courtes, descendant à la ceinture, en drap bleu, 4^10;— 1 gilet de dessous en tricot, à bandes blanches et rouges, à demi-manches, boutonné en haut, entr'ouvert sur la poitrine, tricoté par la femme, 1^82; — I jupe ample de drap bleu, descendant au genou, 3'' 09; — 1 jupon de dessous en laine blanche tricotée, frangée de rouge en bas, descendant à moitié de la jambe, ¥bi; — 1 ceinture en laine rouge feutrée, faisant plusieurs fois le tour du corps; elle est serrée par une ceinture plus étroite, composée d'un galon de laine rouge rayée, fermé par devant avec deux très-grandes agrafes d'argent; le tout vaut (agrafes, 13''62, ceinture, 4^10) 17^72 r— 1 tablier étroit, en étoffe do tapis, avec franges en bas, 5'' 00; — 3 chemises de toile de lin et coton, 6^96; — 2 paires de bas en laine rayée rouge et blanche, 2^72 ; — chaussures et souliers, l'^82 ; — 1 toquebonnet en drap rouge , tombant sur le derrière de la tête, et protégeant les cheveux disposés en tresses nombreuses, l''36; — 1 mantelet-surtout, de drap fort, garni de passe-poils, 10^26; — 1 ccfllier en galon de laine rouge, avec petites boucles serrées sur le cou, 1'' 13 ; — 1 collier-guirlande composé de 300 piastres d'argent assemblées : pour mémoire (6). — Total, C142.
2° Vêtements de travail. — 1 veste, 1 gilet de dessous, 1 jupe, 1 jupon, 2 ceintures, avec grosses agrafes en cuivre ou argent, 1 tablier, 1 toque-bonnet, 1 collier-guirlande: des précédents costumes de fêtes (à 1/4 de la valeur d'achat), H^SO; — 2 paires de bas-guêtres en tricot (les pieds restant nus), 2*^27 ; — quelques doubles des anciens vêtements et objets divers, 8^63. — Total, 22'' 70.
VÉTEMENIS DES ENFANTS (45^40).
Analogue» à ceux des parents, en partie faits avec d'anciens vêtements, et en partie achetés neufs.
Valeur totale du mobilier et des vêtements. . . 270^ 36
RÉCRÉATIONS
Les principales récréations de l'ouvrier sont l'usage constant du tabac à fumer et une consommation assez modérée d'eau-devie et de vin, en société de quelques amis, pendant les jours de fête et de repos. Les excursions faites aux foires voisines, pour l'achat de diverses provisions, sont encore des occasions de plaisir très-recherchées.
Les principales récréations des femmes sont les réunions qui ont lieu entre voisines, et pendant lesquelles elles s'occupent de travaux de filage et de tricot. On se réunit pendant l'hiver à la maison devant un grand feu, pendant l'été devant les portes de l'habitation. Parfois les femmes prennent en commun
le plaisir de la promenade sur les voies publiques contiguës à leurs habitations.
Les enfants jouissent presque constamment d'une entière liberté et se livrent à une foule de jeux qui rappellent souvent ceux de l'Europe occidentale.
Histoire de la famille.
PHASES PRINCIPALES DE l'eXISTENCE.
Les fils de forgeron commencent seulement à 14 ans à seconder le père dans les travaux de la forge : ce n'est qu'à j8 ans qu'ils travaillent régulièrement comme apprentis forgerons. Vers l'âge de 22 à 24 ans, ils songent à se marier, et au besoin à se créer une habitation avec l'assistance des parents et surtout avec celle des patrons. L'ouvrier décrit dans la présente monographie, n'ayant pu trouver dans la maison paternelle l'emplacement nécessaire à son ménage, a emprunté à son patron une somme de 261 francs qui, jointe à l'assistance donnée par la famille, a suffi pour construire l'habitation et acheter une vache, des meubles et des vêtements. A partir de l'époque du mariage, les familles vivent dans les conditions présentement décrites. Chaque année, quand les circonstances sont favorables, elles remboursent sur le salaire une partie de la dette contractée envers le patron, jusqu'à ce qu'une maladie, une épizootie ou tout autre accident, diminuant momentanément les ressources de la famille, l'oblige à emprunter de nouveau. Ces prêts sont toujours accordés avec bienveillance et en proportion des besoins. Les ouvriers sont presque tous endettés au moment où les infirmités et la vieillesse leur interdisent le travail; et leurs enfants deviennent dès lors responsables de l'obligation contractée par leurs parents.
Pour bien saisir le caractère de la dette des ouvriers de Samakowa, il faut remarquer que l'ouvrier décrit dans cette mono-
242 en. VI. — FORGERON BULGARE DES USINES A FER DE SAMAKOWA.
graphie pourrait s'acquitter immédiatement au moyen des sommes amassées et du collier de monnaie d'argent servant à la parure de la femme. Mais, sous l'influence des mœurs établies, le consentement spontané des deux parties maintient cette dette comme un témoignage ostensible des bonnes relations qui les unissent. Les parents âgés trouvent une heureuse existence auprès de celui de leurs enfants qui est le plus capable de diriger les affaires de la communauté.- Ils continuent d'ailleurs à jouir de la plupart des subventions qu'ils recevaient du patron, à l'époque oii ils pouvaient travailler pour lui.
MŒURS ET INSTITUTIONS ASSURANT LE BIEN-ÊTRE PHYSIQUE ET MORAL DE LA FAMILLE.
La principale garantie pour l'avenir de la famille est fondée sur les mœurs qui lient à perpétuité les deux classes de la population, et font delà fortune des patrons un moyen d'assurance contre toutes les éventualités qui peuvent compromettre l'existence des familles d'ouvriers. Une autre garantie dérive de la coutume propre à la majeure partie des nations asiatiques, et qui impose à chaque femme l'obligation de comprendre dans sa parure une certaine valeur en objets d'or ou d'argent (i9). Toute la population de l'empire turc trouve d'ailleurs de puissants motifs de sécurité dans l'esprit de charité qui distingue éminemment la loi musulmane, et qui, en interdisant le prêt à intérêt, prévient les abus de l'usure et de l'hypothèque.
Dans la Turquie d'Europe, en effet, une grande partie de la propriété est grevée d'une obligation morale d'assistance au profit des nécessiteux (i"). Il y existe aussi beaucoup de terres incultes qui n'appartiennent à personne. Les produits naturels en sont récoltés sans aucune redevance : c'est ainsi qu'à Samakowa les ouvriers peuvent obtenir, à titre gratuit, le bois pour le chauffage et l'herbe nécessaire à la nourriture des vaches. L'individu qui veut disposer exclusivement d'un terrain vague pour
OBSERVATIONS PRÉLIMINAIUES. 243
la culture ou pour la construction d'une maison en obtient facilement l'autorisation du gouvernement ; puis, cette autorisation obtenue, il conserve l'usufruit à la condition de continuer la culture ou de maintenir la maison dans un état habitable. Pour assurer à ses descendants sa propriété et la soustraire aux reprises éventuelles qui pourraient être faites par l'État (17), l'ouvrier a donné à sa propriété le caractère d'un bien Wakfl. A cet effet, il a traité sur les bases suivantes avec les administrateurs de la mosquée voisine. Ceux-ci ont acheté la nue propriété du petit domaine ci-dessus décrit, moyennant une faible somme. L'ouvrier s'est engagé à payer une rente annuelle de 91 centimes. Il a d'ailleurs gardé l'usufruit avec le droit de transmission, parmi ses descendants, aux héritiers du premier degré.
Assurément cette organisation sociale ne peut être citée comme un modèle à imiter parles nations européennes, qui tirent précisément des principes opposés la supériorité dont elles jouissent : cet état de choses explique même en partie l'état stationnaire de l'empire ottoman. Néanmoins, dans une étude où l'on recherche surtout les conditions fondamentales de la société, il était utile de signaler l'heureuse influence que les institutions turques exercent sur la condition des classes inférieures. La connaissance de ces faits explique pourquoi l'ordre social repose, en Turquie, sur de si solides bases, malgré les différences de race et de religion qui sembleraient devoir séparer les gouvernants des administrés, et nonobstant les vices de l'administration des pachas. Ces faits, comparés à ceux qu'on observe chez les Européens, partout où les conditions de l'ordre sont restées intactes, nous ramènent de nouveau à la conclusion suivante qui peut être considérée comme un des principes fondamentaux de la paix publique. La meilleure organisation sociale est celle où la loi assure les droits les plus étendus aux propriétaires des capitaux et des terres, et où les mœurs concilient ces droits avec la protection dont la classe ouvrière ne saurait jamais se passer.
SOURCES DES RECETTES
SECTION l'«.
Propriétés possédées par la famille.
Art. !"■. — PROPRiéris immobilières.
Habitation :
Maison
Immeubles ruraux :
Jardin-verger de 4 ares 1/2 attenant à la maison
Art. 2. — Valeurs mobilières.
Animaux domestiques entretenus toute l'année :
1 vache, 6 poules, 3 dindons avec des élèves •• • ■ •
Matiêriel spécial des travaux et industries :
Pour la culture du jardin
Pour l'abatage des bois
Pour l'exploitation des animaux domestiques
Argent :
Somme amassée au logis ou prêtée (sans intérêt) à divers
Art. 3. — Droit aux allocations de sociétés d'assurances mutuelles.
(La famille ne fait partie d'aucune société de ce genre) T
Valeur totale des propriétés [sauf déduction des dettes mentionnées (15, S"» V)].
BVAIUATIO».
approximativ(
des
sources
de recettes.
VALEin
des propriétés.
Subventions reçues par la famille.
Art. 1er. — Propriétés reçues kn usufruit.
Somme d'argent prêtée sans intérêt par le patron
Matériel spécial des industries entreprises au compte de la famille :
Outils pour la récolte du foin prêtés à titre gratuit par le palron
Art. 2. — Droits d'usage sur les propriétés voisines.
Droit sur le foin à récolter dans les forêts domaniales
— sur l'herbe des prairies domaniales
— sur le bois de chauffage et d'éclairage des forêts domaniales
— sur les céréales à glaner sur les terres dépendant du patron
Art. 3. — Allocations d'objets et de services Allocations concernant la nourriture et l'habitation
concernant les vêtements
— concernant les récréations .......
— concernant le service de santé
— concernant les industries
^ concernant les assurances ,
en. VI. — FORGERON BULGARE DES USINES A FER DE SAMAKOWA,
RECETTES
SECTION pe.
Revenus des propriétés.
Art. 1". — Revenus des propriétés immobilières.
Loyer :
Intérêt (5 p. 100) de la valeur de cette maison
— — de ce jardin
Art. 2. — Revenus des valeurs mobilières.
Intérêt (6 p. 100) de la valeur de ces animaux
Intérêt (-5 p. 100) de la valeur de ce matériel
(Cette somme ne donne aucun revenu)
Art. 3. — Allocations de sociétés d'assurances mutuelles.
(La famille ne reçoit aucune allocation de ce genre)
Total des revenus des propriétés. ,
Produits des subventions.
Art. le'. — Produits des propriétés reçues en usufruit.
Intérêt (5 p. 100) de la partie non amortie de cette dette (104^40)
Intérêt et amortissement (10p. 100) de la valeur de ces outils (4f 00)
Art. 2. — PRODurrs des droits d'usage.
Herbe donnant 3,300 kil. de foin, évaluée sur pied à (16, E).
Herbe broutée par les animaux : 1,800 kil. d'herbe, à 0,005 (16, B).
Bois (12,000 kil.) évalué sur pied à (16, F).
Céréales évaluées avant le glanage à (16, D) .
Art. 3. — Obji-.ts et services alloués.
Nourriture et céréales en nature données par le patron à l'occasion des travaux (16,
G, H et J). Voir S»» III
Mouton donné en présent à l'époque de Pâques; valeur: viande, IS^à 0^237, 3f40;—
peau, 1' 14 ,
Objets de vêtements donnés comme présents en diverses circonstances : valeur
moyenne
Tabac : 5 kil., àO'54
Secours médicaux donnés aux frais du patron : dépense moyenne
Transport de foin exécuté avec les animaux du patron (16, E)
Laine pour confection de vêtements : 6 kil. à 2' 93
Allocations faites par le patron en cas de disettes, d'épidémies, d'incendies, etc.,
dépense moyenne par famille
Totaux des produits des subventions
VALEOB
des objets
reçus en nature.
orgent .
SOURCES DES RECETTES (SUITE)
DESIGNATION DES TRV/kVX ET DE l'emploi DU TEMPS.
SECTION m.
Travaux exécutés par la famille.
rRAVAiL PRINCIPAL, exécuté au compte du patron : Fabrication de fer forgé (au printemps et en automne), et réparation des appa-
reils .
Travaux agricoles (récoltes) exécutés pour les tenanciers du patron
Travail principal, spécial à la femme, exécuté pour la famille :'
Travaux de ménage : préparation des aliments ; cuisson du pain ; soins donnés aux enfants ; soins de propreté concernant la maison et le mobilier; blanchissage des vêtements et du linge
Travaux secondaires ;
Culture du jardin-verger pour le compte du ménage
Glanage des céréales sur les terres dépendant du patron
Récolte et transport de foin des forêts domaniales
Abatage et transport de bois des forêts domaniales
Soins donnés aux animaux domestiques
Conduite de la vache au pâturage
Récolte do bois de feu et d'éclairage
Confection de vêtements pour la famille -
Filage do laine pour la confection des vêtements de la famille
Tricotage de bas et de guêtres pour la famille
Entretien de la maison et du mobilier
Travaux de ménage : entretien des vêtements de la famille
Nota. — Le fils aîné exécute ses travaux comme auxiliaire des parents.
Totaux des journées de tous les membres de la famille. . . .
QUANTITÉ DE TBAYAIL EKFECTIÉ.
père mère flls aîné
journées
journées
jojrnces
Industries entreprises par la famille
(à son propre compte).
Industries entreprises (sans redevance) au compte de la famille :
Culture du jardin-verger
Exploitation des animaux domestiques. , .
Filage de laine .
Confection do vêtements
RECETTES (SUITE)
mil SES SlUIRES lOIRIllIERS.
pjre
mère
flis aîné
fr. c.
fr. c.
fr. c.
Qaifàtea.
Salaire total attribué à ce travail (16, G) .
— — (16, H et J) .
(Aucun salaire ne peut être attribué à ces travaux.) Salaire total attribué à ce travail
(Aucun salaire ne peut être attribué à ces travaux). . . Totaux des salaires do la famille
Bénéfices des industries.
Bénéfice résultant de cette culture (16, A).
— de cette exploitation (16, B).
(Aucun bénéfice ne peut être attribué à cette industrie)
Totaux des bénéfices résultant des indusiries. . .... (16, C) .
Nota. — Outre les recettes ci-dessus, les industries donnent lieu à une recette de y82 (16, C), qui est appliquée de nouveau à ces mômes industries; cette recette et les dépenses qui la balancent (15, S""> V) ont été omises dans l'un et dans l'autre budget.
Totaux des RECETTBS^de l'année (balançant les dépenses). . . . (447' 45.)..
MONTANT DES RECETTES
VALEUR
des objets
regus en nature.
HECEITES
en argent.
2&8 en. VI. — FORGERON BULGARE PES USINES A FER DE SAMAKOVVA.
DÉSIGNATION DES DÉPENSES
SECTION l'e.
Dépenses concernant la nourriture.
Akt. 1er. — Aliments consommés dans le ménage
(Par rouvrier pendant 155 jours; la femme pendant 350 jours, et 3 enfants de 12, 10 et 4 ans, pendant 365 jours).
Céréales :
Froment : reçu comme salaire (16, H et J), 469''; — acheté, 180'' ; — glané, 75"' (16, D)
Maïs acheté
Riz acheté»
Poids total et prix moyen
Corps gras :
Beurre de vache (16, D).
Gras de lard
Huile d'olives
Poids total et prix moyen
Laitages et oeufs :
Lait de vache : frais, 300 litres à 0f03, 9f 00 ;— caillé (de la fabrication du beurre), 23'' à Of 06, 1*38
Fromage blanc
Œufs de poules et de dindes : 144 pièces
Poids total et prix moyen
Viandes et poissons ;
viandes de boucherie : Veau (de l'exploitation domestique), S^ ; — mouton (reçu en présent), 15'' ; — veau et mouton achetés, 100k ,
Viande de porc : Viande et saucisses d'un porc acheté en commun avec un autre ménage
Volailles : Poulets et dindons (de l'exploitation domestique)
Poissons : Poulpes, sardines et divers poissons de mer salés pour les carêmes
l'OIDS et PRII des lUHESTS
POIDS
consommé
PRIX
par Idlogr,
VALEUR
d3S objets consommés m naturu.
eu. VI. — FORGERON BILGARE DES USINES A FER DE SAMAKOWA- 249
DÉSIGNATIOiN DES DÉPENSES (SUITE).
SECTION Ire.
Dépenses concernant la nourriture [suite).
LéGDMES ET FRl'lTS :
Tubercules : Pommes de terre (16, A).
Légumes verts à cuire : Choux, lôOi' ; — haricots et pois verts, 30'' (16. A).
Légumes racines : Carottes et navets (16, A).
Légumes épices : Poireaux (16, A), 20'' à Cf04, 0f80| — oignons (achetés), lôk à 0' 11, 1' 65
Salades: Laitue (16, A).
Cucurbitacées : Petits polirons, concombres (16, A).
Fruits farineux : Amandes du pin à pignons {Pinus pinea L.)...
Fruits à pépin et à noyau : Pommes, poires, raisins, 2^^ (provenant en' partie du jardin) (16, A) à 0^09, 2''43; — olives (pour les carêmes), 6^ à Qf 50, 3f 00
Poids total et prix moyen
Condiments et stimulants :
Sel pour assaisonnements et salaisons....,
Épices : Poivre
Vinaigre
Poids total et pçix moyen,
Boissons febmentées :
(On n'en consomme pas dans le ménage, maïs l'ouvrier en prend à la forge (16, G) et au cabaret (S<"> IV)
, Poids total et prix moyen
POIDS et PRII des ILIIENTS
POIDS
consommé
PRU
par kilog.
lOO^O
0 OoO
UOSIAST BES DÉPENSES.
VALEUR
lies objets consommés n nature
Art. 2 — Aliments priparés et consommés en dehors du menaoe.
aliments divers :
Donnés à l'ouvrier pendant 210 jours ()6, O et H) et à la femme pendant 15 jours (16, J);— céréales, 281''; — viande, '7«'' ; — eau-de-vie, 2'' ,5
Totaux des dépenses concernant la nourriture.
argent.
If 65
2o0 en. VI. — FonGERON bulgaue des usines a fer de samakowa.
DÉSIGNATION DES DÉPENSES (SUITE)
Dépenses concernant l'habitation.
Logement :
Loyer (intérêt de la valeur de la maison), 7f08; — entretien : achats, papier pour fenêtres, Qf 91 ; — travaux (de l'ouvrier), Of 57
Mobilier :
Entretien : 1 peau de mouton pour lit (14, So» II), 1^14; — travaux (de l'ouvrier), 0f58
Chauffage :
Bois : 11,400'' à 0f2a7 par 100»' (16, F).
Éclairage :
ChandeUes : 2^5 à 0^64, If 60; — bois résineux, 600'' à 0^227 par 100»' (16, F), If 36. .
Totaux des dépenses concernant l'habitation
Dépenses concernant les Têtements.
Vêtements de l'odvrier :
Achats (16, K), 20^45; — objets de confection domestique (16, L), 2^72; — travaux de confection exécutés par l'ouvrier (14, S»» III), l'Ib