‹ Les ouvriers européensChapitre 15 sur 196 · XX'I CONSTITUTION SOCIALE DKS RACES DF L ORIENT · texte numérisé non relu

XX'I CONSTITUTION SOCIALE DKS RACES DF L ORIENT

de travail en faisant ses choix dans l'élite de chaque génération ; elle répare facilement les pertes dues à des calamités accidentelles ; elle assure pacifiquement par ses colonies l'extension de sa nationalité.

Les constitutions sociales de l'Orient offrent toutes, à première vue, un caractère commun et, pour ainsi dire, un air de famille qu'elles doivent à ces six causes de bien être. Quant aux traits spéciaux qui les distinguent l'une de l'autre, ils dérivent de l'abondance relative du sol diwSponible et surtout de l'usage qui en est fait dans l'intérêt des populations ouvrières.

Depuis les premiers âges de l'histoire, les peuples de l'Orient ne cessent de s'agglomérer en devenant agriculteurs. La conséquence inévitable de celte transformation des sociétés a été la multiplication des familles qui, étant incapables de pourvoir à leurs propres besoins et à ceux du public, ont été dépourvues de toute propriété. Dès que survient ce contraste de richesse et de dénûment, la conservation de la paix sociale exige que les familles riches adoptent des combinaisons propres à assurer le bien-être des familles pauvres. Le moyen employé pour atteindre ce but est partout un trait distinctif de la constitution sociale. Les chrétiens de l'Orient résolvent de la même manière cette partie du problème social. Ils permettent à chaque propriétaire de donner au sol les destinations les plus utiles à son intérêt personnel; mais, en même temps, ils lui imposent l'obligation d'assurer l'existence des familles attachées à sa fortune. C'est, par exemple, dans cette obligation que réside le principe des constitutions féodales décrites dans ce volume : en Russie (ii à v), le seigneur dispose de la terre à son gré, mais celle-ci est grevée d'une sorte d'hypothèque légale au profit des paysans chargés de la culture; en Hongrie et dans les régions

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