RENSEIGNEMENTS RECUEILLIS SUR LES LIEUX, EN SEPTEMBRE
Avec le concours de M, et de M""' N. Timacheff,
PAR
MM. A. DE SAINT-LÉGER ET F. LE PLAY
DÉl'INISSAST LA CONDITION DES DIVERS MEMBRES DE LA FAMILLE.
DéSnition du lieu , «le l'organisation iniliistrielle et de la famille*
ÉTAT DU SOL, DE l'iNDUSTRIÈ ET DE LA POPULATION.
Le village de Tachli, qu'habite la famille décrite dans la présente monographie, est situé par 52° 24' de latitude N. et 54° 00' de longitude E. du méridien de Paris, entre Sterlitamak et Orenbourg, sur le versant occidental ou européen de l'Oural, dans le pays de collines et de steppes qui forme la transition de ces montagnes aux plaines cultivées longeant la rive gauche du Wolga. Le sol est légèrement montueux ; le fond du terrain appartient à la grande formation permienne qui, précisément à
48 CII. II. — PAYSANS A CORVÉES DES STEPPES d'oRENBOURG.
cet endroit, vient s'appuyer sur les masses carbonifères formant vers l'ouest la limite géologique de l'Oural. La surface est composée de ce riche dépôt de terre noire auquel les régions S. E. de la Russie d'Europe doivent leur fertilité. Le climat est moins tempéré que dans les contrées de l'Occident situées à la même latitude. La neige couvre ordinairement le sol du 15 novembre au 15 mars ; la saison chaude dure du 15 mai au 15 septembre. Les transports s'effectuent à peu de frais dans la première saison, par traînage; dans la seconde, sur les chariots à quatre roues (Télègues) employés dans toute l'étendue de l'empire; ils sont à peu près impossibles aux époques qui forment la transition de l'une à l'autre saison . Les principales productions du pays compris entre Tachli et Orenbourg sont les moutons, les bœufs, les chevaux, les porcs, les volailles, le froment, le seigle, l'avoine, divers grains à gruaux (i9), le lin et le chanvre, le concombre {cucurbita maxima L. />.), la pastèque {cucurbita angula L. D.). Il faut également citer en première ligne d'admirables herbes croissant spontanément sur toute la contrée, dont une faible partie seulement est livrée à la culture. Ces herbes fournissent aux cultivateurs les moyens d'entretenir des quantités d'animaux qui n'ont d'autre limite que le nombre de bras appliqués àJa récolte des foins nécessaires pour l'alimentation pendant l'hiver. Parmi les productions spontanées, il faut encore citer une grande variété d'arbres feuillus croissant en beaux massifs (20), les baies de la région tempérée de l'Europe : la fraise (fragaria vesca L.) , la framboise {rubus idœus Z.) , le cassis (ribes nigrum Z.), le myrtille {vaccinium myrtillus L.), etc. Les fruits à pépin et à noyau n'y prospèrent point : cependant la merise {cerasus avium Z,.), rare dans les contrées plus septentrionales, commence à s'y montrer dans les forêts.
Les paysans cultivent et récoltent ceux de ces produits qui sont nécessaires pour les besoins de leurs familles : les seigneurspropriétaires produisent en outre, pour l'exportation, les laines et les céréales. La rareté des bras ne permet pas aux seigneurs de se livrer à l'industrie manufacturière et de lutter avec les fabriques de la Russie centrale : les paysans se bornent à pro-
duire les étofTes nécessaires à la famille, et les seigneurs à convertir sur place une partie des céréales en eaux-de-vie, qui sont livrées aux magasins de l'État, et qui, avec les laines, forment ordinairement dans ce district le principal revenu d'une grande propriété (21).
La famille est établie sur une propriété de 167,000 hectares répartis ainsi qu'il suit entre les divers genres de cultures et de productions:
Terre labourable soumise h rassolement triennal (21)
Terres fiiucliéts pour la récolte des foins...
Pâturages dont la majeure partie est abandonnée au parcours de Bachkirs demi-nomades (21 1 établis dans le voisinage
Bois
Totaux
TBRRK OCCUPÉE