‹ Les ouvriers européensChapitre 44 sur 196 · TERRE · texte numérisé non relu

TERRE

TOTAL

par le seigneur.

par les paysans.

indivise.

liectaros.

hectares.

hectares.

hectares.

La population consacrée à la culture s'évalue, selon la coutume adoptée en Russie, par unités dites Tiaglo (i8), correspondant à peu près aux ménages (mari, femme et enfants non mariés). Elle est répartie dans onze villages et comprend 1,012 Tiaglo et li,7M âmes. Chaque famille correspond, dans la plupart des cas, à deux ou trois Tiaglo, en sorte que le nombre total des familles ou des maisons monte environ à 500, Dans l'état actuel des choses , la propriété présente par habitant 35 " 35.

En échange de ces allocations de terre et des diverses subventions (i4, s"" II) que le seigneur doit donner, conformément à la loi ou à l'usage, tous les membres de la famille parvenus à la force de l'âge sont tenus, en principe, de travailler pour le seigneur trois jours par semaine. Les nombreuses fêtes chômées par prescription religieuse (22), les intempéries qui interrompent momentanément certains travaux, les excuses pour cause

50 CII. n. — PAYSANS A CORVEES DES STEPPES d'oUENDOURG.

de maladies, enfin divers usages locaux, réduisent ici, dans la pratique, pour chaque adulte, la corvée à une moyenne de 125 jours par année. Pour les travaux de labour et de transport, chaque ouvrier mâle doit être secondé par un attelage de deux chevaux. Selon l'usage de cette localité, les hommes ne fournissent cette corvée entière que de 19 à 52 ans : de 14 à 19 ans et de 52 à 55 ans, ils sont tenus seulement à une demi-corvée; avant i!\ ans et après 55 ans révolus, ils sont exempts de tout travail pour le seigneur. Les femmes fournissent la corvée entière, de l'époque du mariage à liS ans ; elles en sont complètement dispensées avant et après ces époques : il en est de même pour toutes les femmes mariées, quel que soit leur âge, qui ont plus de six enfants vivants.

Pour favoriser l'essor des familles les plus intelligentes et les plus morales, tout en maintenant entre elles l'égalité de droits, le seigneur distribue par la voie du sort 100 Abroks (i 7) entre les paysans de sa propriété. Les familles auxquelles ce privilège est définitivement attribué l'ont acheté pour la plupart à prix d'argent à celles qui, ayant été favorisées par le sort, ne sont point assez habiles pour exploiter l'Abrok à leur profit. Elles sont alors exemptes de la corvée, à la charge d'acquitter envers le seigneur une contribution en argent de 200 francs par Tiaglo. Dans la même intention, le seigneur accorde aux femmes de plusieurs familles quelques exemptions de travail d'hiver, à raison de 12 francs par personne exemptée.

Indépendamment des paysans, le seigneur entrelient sur sa terre une classe particulière de gens, dits Dvarovié, attachés exclusivement à son exploitation agricole et à son service personnel, savoir, les bergers chargés de la garde des troupeaux, les artisans travaillant le bois, le fer, le cuir, etc., les employés chargés de l'administration des villages, de la fabrique d'eaude-vie, des magasins seigneuriaux, enfin les domestiques attachés à la maison seigneuriale. La classe des Dvarovié, qui tend toujours à s'accroître au delà des besoins, est une charge et presque toujours une source d'embarras pour l'administration d'une grande propriété russe (3) .

OBSERVATIOiNS PRÉLIMINAIRES. 51

lîTAT CIVIL DE LA FAMILLE.

Jusqu'à ce jour, la famille russe reste organisée sur des bases essentiellement difTérentes de celles qui prévalent dans le centre et dans l'occident de l'Europe. Les personnes issues d'un même sang persistent dans la communauté de biens et de travaux aussi longtemps que l'étendue de la maison rend possible l'habitation en commun. Un père de famille conserve ordinairement près de lui plusieurs fils mariés, leurs femmes et leurs enfants. Souvent même, après la mort du premier, les frères restent en communauté sous la direction de la mère ou du membre de la famille jugé le plus capable d'exercer les fonctions de chef (Starchi). Celte réunion de trois générations ne permet pas d'user du nom de famille pour désigner les individus, et l'on s'est trouvé conduit depuis un temps immémorial à désigner chaque individu, à la fois, par son propre nom de baptême et par celui du père. La famille décrite au présent tableau comprend un Starchi veuf, trois fils récemment mariés, avec trois brus et deux petitsenfants, plus une fille non encore mariée, en tout dix personnes. L'âge et le nom de chacun des membres de la famille, ainsi que les relations de parenté, sont indiqués ci-après :

i. JÉcoR Grégorevitch S**% père do famille ou Starchi, veuf depuis

3 ans d'une fomme âgée de 59 ans au moment de son décès.. . . 61 ans

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