‹ Les ouvriers européensChapitre 70 sur 196 · VÊTEMENTS DE LA MÈRE DE FAMILLE (14'7^0O · texte numérisé non relu

VÊTEMENTS DE LA MÈRE DE FAMILLE (14'7^0O

1° Vêtements du dimanche. — 1 pelisse de taffetas doublée de peau de mouton {Demi-Chouba) ; — 2 fichus de soie (cadeaux du père) ; — 1 bonnet russe en velours garni de galon {Kakochnick); — 1 pelisse d'étoffe bleue chinoise doublée de peau de mouton; — 1 kaftan de drap ; — des robes {Sarafanes) d'indienne (cadeaux du mari);

— 2 paires de bas de laine; — 1 paire de souliers en cuir. — Total, 102^00.

2° Vêtements des jours ordinaires. — 1 demi-kaftan drap ; — 1 demi-pelisse en peau de mouton; — 3 jupons de laine ; — 6 chemises de toile; — 2 ceintures de laine ; — 2 paires d'Anoutchi en laine ; — 2 paires d'Anoutchi en toile ; — 5 paires de Lapti ; — 1 paire de bottes; — 6 mouchoirs de tête. — Total, 45'' 00.

vêtements des 4 garçons (235*^00),

Vêtements de la petite fille (30*^00.)

Valeur totale du mobilier et des vêtements. . . 760 ^ 00

RÉCRÉATIONS

La récréation favorite des populations attachées aux exploitations forestières et métallurgiques de la contrée est la récolte des foins. Ce fourrage subvient à la nourriture des animaux domestiques, dans les rudes hivers qui se prolongent pendant six mois au nord du 58^ degré. Le fauchage et la fenaison améliorent ainsi les moyens de subsistance des familles ; et ils

OBSERVATIONS PRÉLIMINAIRES. Mi

constituent, en outre, pour tous leurs merabres une agréable diversion aux travaux ordinaires.

Pendant la première quinzaine de juillet, c'est-à-dire au moment de l'année où le nord de l'Oural possède un des plus délicieux climats dont on puisse jouir en Europe, les populations de ces montagnes attendent avec impatience l'époque de la maturité des herbes. Quand cette époque est venue, les travaux des mines, des forêts, des ateliers de carbonisation, des laveries d'or et de platine, des constructions de bâtiments et des forges sont complètement suspendus; et l'on ne garde en activité que les hauts fourneaux consacrés à la fusion des minerais de fer et de cuivre. Ainsi déchargées de leurs occupations habituelles, toutes les familles se ruent, en quelque sorte, sur leurs Pacos disséminés au milieu des forêts, et compris dans des cercles qui s'étendent parfois jusqu'à 15 kilomètres autour des gros villages. Après avoir été pendant de longs mois confinés au logis par les pluies de l'automne, les rigueurs de l'hiver et les dégels du printemps, les femmes et les enfants, accompagnés de leurs animaux domestiques, s'établissent avec une indicible satisfaction sous l'abri de magnifiques sapins, au milieu de vertes clairières, pendant quinze journées sans froid, sans humidité et sans nuit. Au milieu de ses jouissances champêtres, la famille conserve, avec de nouvelles nuances, les rapports sociaux et les plaisirs de sa vie de village. Elle fréquente les familles établies sup les Pacos du voisinage et fait de concert avec elles, à tour de rôle, la récolte des diverses prairies. Des réjouissances ont lieu après le travail de la journée : la famille qui récolte ses foins avec le concours d'une Pomotch (ir, u) paye toujours le service rendu en offrant à ses hôtes de copieux repas.

Les autres récréations communes à toute la famille sont les repas et les envois de gâteaux divers, faits à l'occasion des anniversaires, des mariages et de plusieurs fêtes religieuses.

Les récréations spéciales aux hommes sont la chasse et l'usage de l'eau-de-vie, surtout aux jours de la paye qui a lieu chaque quinzaine. Les récréations spéciales aux femmes sont les veillées d'hiver et la fête de la récolte des choux, à l'occasion

4i2 en. III. — FORGERON DES USINES A FER DE L OURAL.

(lesquelles les femmes, après avoir accompli en commun le filage du lin et la préparation de la choucroute pour l'hiver, reçoivent comme régal de la maîtresse de la maison une sorte de pain d'épice, des noisettes de pin cembro et de l'eau-de-vie.

niistoire de la famille.

PHASES PRINCIPALES DE l'eXISTENCE.

Les enfants, élevés avec sollicitude et affection par les parents des deux générations précédentes, ne reçoivent guère, dans la plupart des propriétés de l'Oural, qu'une éducation religieuse donnée par le clergé, et à l'occasion de laquelle celui-ci est plus ou moins secondé par le zèle religieux des parents. Dans le cas particulier pris pour exemple, deux des fils ont reçu, dans une petite école instituée par le seigneur, les notions élémentaires d'écriture, de lecture et de calcul. La loi et la coutume n'astreignent les enfants mâles au travail que lorsqu'ils sont parvenus à l'âge adulte; jusqu'à cette époque ils se développent avec toute la liberté qui convient à leur âge, s'adonnant seulement aux occupations qui rentrent dans leurs goûts, ainsi qu'à la pêche, à la récolte des chanipignons et des baies sauvages. Il est même rare que, comme cela a lieu souvent dans l'Europe centrale et occidentale, les enfants soient employés à conduire les bestiaux au pâturage. Dans les villages rapprochés des exploitations aurifères, les enfants de 12 à 15 ans s'emploient quelquefois, moyennant un salaire librement débattu, au lavage du sable dans des appareils simples et d'une manœuvre facile. Ce travail se fait l'été, dans des ateliers bien aérés, et n'exige qu'un faible déploiement de forces; il est très-bien approprié à la constitution physique des enfants, et contribue au bien-être des familles.

Les filles et les femmes sont exemptées, par la coutume, de toute redevance en travail dans les propriétés ayant pour objets

les mines et les usines métallurgiques; elles s'appliquent exclusivement aux travaux domestiques et à quelques travaux extérieurs, tels que la fenaison, qui sont pour elles autant une récréation qu'un travail. Dans les cas rares où elles prennent part aux travaux industriels, par exemple au lavage de sables aurifères, ces travaux sont toujours proportionnés à leur force et à leurs aptitudes physiques ; ils sont d'ailleurs toujours rétribués par un salaire librement débattu.

Dans les établissements de mines de la chaîne de l'Oural, de la haute Kama, des provinces de Perm et d'Orenbourg, auxquels ces détails se rapportent spécialement, la profession qu'embrasse chaque ouvrier adulte est déterminée par l'exemple des parents, par la vocation et l'aptitude de l'ouvrier, par les besoins de l'exploitation^ et souvent aussi par le degré d'aisance de la famille. Les jeunes gens les moins intelligents, ou appartenant aux familles les moins aisées, sont employés comme manœuvres; les autres font, aux frais du seigneur, l'apprentissage d'une profession spéciale. Ceux, en particulier, qui peuvent recevoir au moins un cheval de leur famille, sont chargés de la livraison du combustible nécessaire aux forges, et en général de travaux de transport dont la quantité est déterminée à l'avance. Après avoir accompli cette tâche en se faisant aider au besoin par des ouvriers étrangers à la propriété, ils peuvent tenter à leur propre compte diverses entreprises de transport et de commerce, et parvenir, s'ils sont doués des quahtés nécessaires, à une fortune considérable. La famille décrite dans la présente monographie est placée, sous ce rapport, dans des conditions favorables; mais elle a moins de tendance à s'enrichir qu'à jouir avec quiétude du bien-être qui lui est acquis. Les jeunes gens les plus intelligents sont instruits dans une institution fondée par le seigneur : ils y reçoivent des notions assez étendues de grammaire, de géographie, d'histoire, de sciences exactes et de comptabilité. Ils sont ensuite préposés à la direction des affaires administratives ou techniques ; quelques-uns même vont étudier avec succès la médecine, la chirurgie et la pharmacie aux universités de Kasan, de Moscou et de Saint-Pétersbourg.

MU CH. m. — FORGERON DES USINES A FER DE l'gURAL.

Les mariages ont lieu généralement, pour les filles dans l'âge de J6 à 19 ans, pour les garçons dans l'âge de 18 a 22 ans. Pendant longtemps, les jeunes ménages restent dans la maison du chef de la famille, et y trouvent toujours, pour eux et pour leurs enfants, l'affection et l'appui de tous les parents. La bonne harmonie est maintenue, entre tous les 'membres des trois générations ainsi réunies, par l'autorité incontestée du chet de famille. Il est à noter que, lorsqu'une mort prématurée, des infirmités précoces, ou toute autre circonstance, ne permettent pas au chef naturel de la famille d'exercer l'autorité patriarcale, celle-ci, par le commun accord de tous les membres, est déférée à celui qu'on juge capable de remplir cette fonction avec le plus d'ascendant. Quand l'accroissement de la famille rend un essaimage nécessaire, celle-ci appelle l'attention du seigneur sur la nécessité de fonder un nouvel établissement et elle obtient de lui (7) un emplacement, des matériaux et des dispenses de travail. Tous les membres de la famille combinent alors leurs efforts pour élever la nouvelle habitation (v, 24), et emploient l'épargne commune à la pourvoir des meubles nécessaires; on y installe enfin le ménage dont le chef paraît être le plus apte à diriger la nouvelle maison. On comprend tous les avantages économiques et moraux d'une telle organisation sociale; il est évident, en particulier, qu'elle assure l'assistance continuelle des membres les plus valides de la famille aux jeunes enfants et aux vieillards infirmes. On comprend, en outre, que de telles mœurs engendrent naturellement de puissantes institutions communales, et qu'avec le temps il peut en sortir également une forte organisation politique.

§ iâ.

MOEURS ET INSTITUTIONS ASSURANT LE BIEN-ÊTRE PHYSIQUE ET MORAL DE LA FAMILLE.

L'existence des ouvriers attachés aux grandes exploitations minérales de l'Oural est garantie contre toutes les éventualités

imprévues, d'abord par la constitution même de la famille, qui maintient la vie commune entre trois ou quatre générations successives, sous l'autorité absolue du chef le plus capable de gouverner la communauté. Les propriétés (e) et les subventions abondantes (7) émanant du seigneur assurent, dans les circonstances ordinaires, des moyens d'existence indépendants des vicissitudes du commerce et de l'industrie. Enfin, lorsque des événements graves et imprévus, tels que des épidémies, des disettes, des incendies et diverses calamités atmosphériques rendent les ressources ordinaires insuffisantes, le seigneur est tenu d'y pourvoir. Sous ce rapport, les mœurs, la coutume, et au besoin l'intervenlion de l'autorité publique, assurent à la population ouvrière une véritable hypothèque légale sur tous les biens du seigneur.

Les familles parvenues à l'heureuse condition que décrit la présente monographie sont fort nombreuses parmi les populations employées dans les naines, les usines et les forêts de la contrée. Elles sont satisfaites de leur sort et ne semblent pas désirer l'abrogation du régime d'engagements forcés qui les lie aux seigneurs. Elles seraient plus attachées à ce régime si ceux-ci résidaient plus habituellement sur leurs propriétés. Au surplus l'état actuel de bien-être ne serait pas compromis si le gouvernement russe donnait suite aux projets d'émancipation réciproque qui sont depuis longtemps à l'étude. L'avenir serait assuré si la réforme tenait compte de la tendance spontanée des familles, c'est-à-dire si le nouveau régime se combinait avec une forte organisation de la vie communale.

CH. m. —FORGERON DES USINES A FER DE L OURAL.

SOURCES DES RECETTES

Propriétés possédées par la famille.

Art. l". — Propriétés immobilières.

Habit ATioK :

Maison

Immeubles ruraux :

Écurie, étable, terres.

Art. 2.

Valeurs mobilières.

Animaux domestiques entretenus toute l'année :

1 cheval, 1 vache, 2 brebis, 1 mouton, 7 volailles. Matériel spécial des travaux et industries :

Pour la culture du jardin

Pour l'exploitation de la prairie

— du cheval..

Pour la confection des métiers à tisser

Pour l'abatage des bois

Pour le tissage des étoffes

Pour la chasse

Art. 3. — Droit aux allocations de sociétés d'assurances mutuelles.

(La famille ne fait partie d'aucune société de ce genre)

Valeur totale des propriétés {sauf déduction des dettes mentionnées (15, S<"> V)] .

Subventions reçues par la famille.

Art. l«r. — Propriétés reçues kn usufruit. (La famille ne reçoit aucune propriété en usufruit) ..é ■

Art. 2. — Droits d'usage sur les propriétés du seigneur.

Droit sur le bois de chauffage et de construction des- forêts voisines.

— sar les champignons et les fruits sauvages des forêts voisines. ,

— sur le gibier des forêts voisines

Art. 3. — Allocations d'odjets et de services.

Allocation concernant la nourriture.

— concernant l'habitation..

— concernant les vêtements.

Concernant l'instruction des enfants, concernant le service de santé

— concernant les assurances.

EVALtIATIOrC

approximative

des

sources

de recettes.

VAtECn

des propriétés.

eu. ni. — FORGERON DES USINES A FER DE L'OURAL.

§ i i . — BUDGET DES RECETTES DE L'ANNÉE,

SECTION I^e.

Revenus des propriétés.

Art. 1". — Revenus des propriétés immobilières.

Lover :

InWiêt (5 p. 100) do la valeur de cette maison

— — de ces immeubles

Art. 2. — Revenus des valeurs mobilières.

Intérêt (6 p. 100) de la valeur de ces animaux

Intérêt (5 p. 100) do la valeur de ce matériel

Art. 3. — Allocations de sociétés d'assurances mutuelles.

(La famille ne reçoit aucune allocation de ce genre)

Totaux des revenus des propriétés

Produits des subventions.

Art. lef. — Produits des propriétés reçues en usufruit. (La famille ne jouit d'aucun produit de ce genre)

Art. 2. — Produtts des droits d'usage.

Bois évalué sur pied à (16, J).

Champignons et fruits divers évalués sur pied à (16, K) .

Écureuils, lièvres, oiseaux sauvages évalués à (16, L) .

Art. 3. — Objets et services alloués.

Réduction du prix des céréales en cas de disette (voir ci-dessous)

Matériaux et journées de travail alloués pour la construction de nouvelles maisons aux jeunes ménages, qui, faute d'espace, ne peuvent rester dans la maison paternelle : valeur moyenne par famille

(Aucun vêtement n'est alloué régulièrement par le seigneur, mais de tenops en temps il accorde à l'ouvrier un vêtement de choix comme récompense de sa bonne conduite) (10) ,

Frais de culte supportés par le seigneur qui rétribue le clergé orthodoxe et entretient les églises

Instructicn des enfants donnée aux frais du seigneur : dépense moyenne par famille.

Secours médicaux donnés à l'hôpital ou à domicile aux frais du seigneur

Blé accordé par le seigneur à prix réduit en cas de disette : réduction équivalant, par année, à

Allocations faites par le seigneur en cas d'épidémies, d'incendies, d'épizooties, et, en général, à l'occasion d'événements qui viennent frapper la population : dépense moyenne par famille

Totaux des produits des subventions

montant des recettes.

VALEUR

des objets

reçus en natur,^,

argent .

en. III. —FORGERON DES USINES A FFR DE I. OURAL.

i4. —BUDGET DES RECETTES DE L'ANNÉE (SUITE).

SOURCES DES RECETTES (SUITE)

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