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ainsi in vivo en contact avec le sang, ces substances peuvent s'oxyder, l'alcool benzylique faiblement, l'aldéhyde salicylique très faiblement. A notre connaissance, les seules expériences qui aient encore contribué à constater in vivo la présence d'oxydases dans le sang circulant, sont celles de Langlois (1). Cet auteur injecte dans les veines d'un animal de l'extrait de capsules surrénales. Il détermine ainsi une élévation de pression dans tout le système artériel avec ralentissement du rythme cardiaque. Cette élévation de pression est toujours passagère chez les mammifères, elle dure beaucoup plus chez les animaux à sang froid. Langlois explique l'action si rapidement passagère de cet extrait par l'influence d'une oxydase du sang qui détruirait rapidement l'extrait capsulaire. De l'hémolymphe d'écre visse, mélangé in vitro à l'extrait capsulaire, annihile les effets de l'injection. Or, Ton sait que l'hémolymphe de cet animal renferme une oxydase active. Enfin les animaux à san froid, soumis à une température plus étevée, 37*" par exemple, ne subissent plus aussi nettement l'élévation de la pression artérielle à la suite de l'injection de l'extrait surrénal. 11 n'y a rien là qui doive nous surprendre, l'activité des ferments oxydants se révélant surtout entre 3o° et 40^
(1) Langlois. — Action dos agents oxydants sur l'extrait de capsules surrénales {Société de Biologie, 1897. p. 524).
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bi vitro ^ les expériences faites pour démontrer la présence des ferments oxydants dans les humeurs et les tissus des mammifères tout récemment sacrifiés sont nombreuses.
Schmiedeberg' (1) fit circuler du sang contenant de l'aldéhyde salicylique à travers des organes isolés d'animaux fraîchement tués et vit l'oxvdation se faire assez active.
Jaque t (2) étendit et précisa ces expériences, en démontrant que le poumon était l'organe de choix pour les entreprendre.
Ce sang, dit-il, n'est pas indispensable pour cette oxydation, et le phénomène peut se produire, même si la cellule pulmonaire est malade. En réduisant l'organe en bouillie qu'il fit durcir dans l'alcool, Jaquet put encore constater une oxydation manifeste.
Les résultats ne furent pas aussi nets avec le sang artérialisé. Aussi Jaquet crut-il que cette humeur était incapable d^oxyder l'aldéhyde salicylique.
Plus tard, Salkowski (3) put obtenir de l'acide salicylique en pulvérisant au contact de l'air du sang maintenu à 40°-42° et mélangé à de petites quantités d'aldéhyde salicylique.
(1) Schmiedeberg. — Loc. cit.
(2) Jaquet. — Socié/é de Biolofjie, 1892, p. 55,
(3) Salkowski, — Cenlnilblatt fur medicin. \Vissenschvi/l, 1892, t. XXX, p. 848.
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Abelous et Bianiès (1) arrivent au même résultat en laissant à i'étuve à 37° du sang- mis en contact de l'acide salicylique et soumis à l'influence d'un courant d'air. Voici les conclusions de leurs expériences : ni l'hémoglobine, ni les globules rouges n'interviennent dans la production du phénomène. Une température maintenue à 100% l'ébullition des organes suppriment toute action oxydante. La température optima est de 60% et suffit à ce taux pour impliquer l'indépendance complète de la vie des organes et de leur pouvoir oxydant. Le sang des divers animaux ne semble pas jouir du même pouvoir oxydant. Chez une même espèce animale le pouvoir oxydant des divers organes et du sang est plus énergique chez l'individu jeune que chez l'individu adulte.
Ces expériences, basées sur l'emploi de l'acide salicylique, étaient concluantes. Mais Abelous et Biarnës (2), dans une seconde série de mémoires, abandonnent ces réactifs fidèles pour aborder l'étude des oxydases avec les réactifs infidèles tels que gaïac, paraphénylènediamine, etc. Ils signalent alors, grâce à ces réactifs, la présence d'une oxydase directe dans la fibrine et les extraits de la plupart des organes. Ils vont
(1) Abelous et Jjiarnès. — Sur le pouvoir oxydant du sang {Archives de Physiologie, 1894).
(2) AnELOus et Biarnès. — Loc. cil.
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plus loin et essaient d'établir par cette méthode la hiérarchie du pouvoir oxydant des divers organes d'un même animal. Le poumon, le foie, la rate ont un pouvoir oxydant supérieur à celui du cerveau. Cette oxydase, pour eux, se comporte à la façon d'une globuline oxydante puisqu'elle présente quelques-unes des propriétés des globulines. Elle se distingue de l'oxydase qui agit sur l'aldéhyde salicylique : une solution de globuline oxydase est incapable, en effet, d'oxyder l'aldéhyde salicylique.
Enfin, Portier, expérimentant avec les mêmes réactifs infidèles, et constatant la présence d'oxydases directes dans la fibrine du sang du chien et surtout dans la couche des globules blancs, localise le ferment oxydant dans les leucocytes.
II. — Ferments oxydants indirects. — Les ferments oxydants indirects, c'est-à-dire ceux décomposant l'eau oxygénée, ont été, chez les animaux, l'objet de recherches de la part de Lépinois et de Abelous.
Lépinois (1) constate que la glande thyroïde ne contient pas d'oxydase vraie, mais un ferment oxydant indirect, capable de décomposer
(1) LÉPINOIS, — Note sur les ferments oxydants indirects de la glande thyroïde {Société de Biologie, 24 décembre 1898, p. 177).