II. — Toutes les recherches qui ont eu pour
BUT DE DÉCELER LA PRÉSENCE DE FERMENTS OXYDANTS INDIRECTS AU MOYEN DES RÉACTIFS PRÉCÉDENTS ET APRÈS ADJONCTION d’eAU OXYGÉNÉE, OU DE TÉRÉ- BENTHINE VIEILLIE, ONT DONNÉ DES RÉSULTATS POSI- TIFS. — C’est dire qu’il nous suffisait d’ajouter aux liquides, humeurs, extraits de tissus, solutions d’organes, quelques gouttes d’eau oxygénée, ou de térébenthine vieillie, et un peu de teinture de gaïac pour obtenir une coloration plus ou moins intense.
11 est évident que la gamme de la coloration pour des proportions relativement égales de substance en expérience, d’eau oxygénée et de teinture de gaïac n’était pas toujours la même. A ce point de vue, en nous plaçant dans les conditions d’expérimentation les plus favorables et toutes proportions respectives gardées relativement, nous avons constaté que les éléments leu- * cocytaires fournissaient la coloration la plus rapide et la plus intense ; puis, venaient par teintes décroissantes: les tissus du poumon, du foie, du corps thyroïde, de la capsule surrénale, du pancréas ; enfin, donnant une même teinte de
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coloration peu marquée : les tissus du cœur, de la rate, du rein.
Parmi les humeurs ou liquides expérimentés se placent, suivant un ordre décroissant : le sérum, la salive, les crachats, la sueur.
Le liquide céphalo-rachidien de malades sans réaction méningée aiguë, ne donne pas également de réaction positive. L’urine d’individus normaux ne nous a jamais donné de réaction positive. Nos résultats concordent sur ce point avec ceux de Carrière. Comme cet auteur encore, nous avons pu également constater que les urines pathologiques donnaient, dans certains cas, des ferments oxydants indirects. Mais il s'agissait alors, comme nous avons pu nous en assurer, d’urines soit albumineuses, soit laissant déposer par le repos ou la centrifugation des leucocytes ou des hématies, soit encore renfermant de l’iodure de potassium, du bromure de potassium ou du salicylate de soude, médicaments éliminés par l'urine, après ingestion.
En tous cas, la réaction bleue avec la teinture de gaine et l’eau oxygénée s’est également montrée toujours positive après ébullition des extraits de tissus, ou des liquides en expérience et même après calcination de certains éléments, comme les leucocytes ou les hématies. 11 est cependant vrai, et cela démontre la présence des ferments oxydants indirects, que pour la plupart des
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organes (foie, rate, rein, cœur), toutes proportions respectives encore gardées, et dans les mêmes conditions, la teinte bleue était bien moins nette après ébullition qu avant.
Seuls les éléments calcinés du sang fournissent une teinte bleue aussi intense que les hématies ou les leucocytes fraîchement recueillis. Carrière note la présence de ferments oxydants indirects (mensuration de l’oxygène dégagé) dans les crachats. Le phénomène ne se produit plus après ébullition des crachats. Nous verrons plus tard l’interprétation que l’on peut donner de ces résultats.
III. — Les RECHERCHES QUI ONT EU POUR BUT DE DÉCELER LA PRÉSENCE DE FERMENTS OXYDANTS DIRECTS (OXYDASES) AU MOYEN DES RÉACTIFS DE LA SECONDE SÉRIE (ALDÉHYDE SALICYLIQUE) ONT DONNÉ DES RÉSUL- TATS positifs. — Ces recherches sont longues et exigent un matériel spécial, nécessité par l’extraction des gaz. Notre ami, le Dr M. Nicloux, préparateur de la chaire de physiologie au Muséum, et dont on connaît toute la compétence à ce sujet, a bien voulu nous aider dans la seconde partie de notre expérimentation, celle concernant h extraction des gaz et le dosage de l'acide salicylique.
Nous ne répéterons pas la technique suivie.
Le temps le plus difficile de cette méthode est certes la conservation stérile, aseptique, à l’étuve,
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des organes en expérience. Nous nous sommes arrêtés à l’emploi du fluorure de sodium, ou mieux du chloroforme en grandes quantités, en ayant soin délaisser surnager directement au-dessus des extraits un tampon assez épais de ouate hydrophile, et que nous humections de temps à autre de chloroforme pur.
Dans ces conditions, voici les résultats obtenus pour les organes (poumons et foie) de trois malades ayant succombé : le premier, rapidement à un traumatisme l’ayant frappé en pleine santé (mort vingt-quatre heures après le heurt d’un camion); le second, à une tuberculose chronique (14 mois de maladie) ; le troisième, aune paralysie générale progressive.
Les autopsies ont été faites seize heures environ après la mort. Il est juste de dire que certaines précautions avaient été prises pour éviter l'altération des tissus. C’était en saison froide, et de plus, peu de temps après la mort, des injections de fluorure de sodium ou de chloroforme avaient été poussées au centre et aux alentours même des organes que nous devions prélever.
Résultats n° 1 ( Mort violente).
Tissu ( Oxygène absorbé.... 14 c. c.
pulmonaire . ( Acide carbonique exhalé 8 c. c.
Acide salicylique formé : 0sr,024.
Tissu j Oxygène absorbé 10 c. c.
hépatique., j Acide carbonique exhalé.... (J c. c.
Acide salicylique formé : 0sr,018.
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Résultats n 0 2 ( Tuberculose chronique).
Tissu ) Oxygène absorbé 12 c. c.
pulmonaire . ( Acide carbonique exhalé ... 8 c. c.
Acide salicylique formé : Os r. 023.
Tissu j Oxygène absorbé 9 c. c.
hépatique.. ( Acide carbonique exbalé.... 5 c. c.
Acide salicylique formé : Os1-, 017.
Résultats n° 3 ( Paralysie générale progressive).
Tissu ( Oxygène absorbé 14 c. c.
pulmonaire. } Acide carbonique exhalé... 11 c. c.
On n’a étudié que le tissu pulmonaire et on n’a pas fait la recherche de l’acide salicylique.
Les résultats nos2et3, rapportés au kilogramme, ont été obtenus par la macération de 500 grammes de tissu pulmonaire. Nous avons voulu, pour ces dernières expériences, faire une recherche de contrôle et soumettre les 500 grammes restants de solution pulpée de ce meme tissu pulmonaire à rébullition. L’expérience a été poursuivie ensuite dans les mêmes conditions. Or, l’analyse des gaz a été nulle. Il n’y a pas eu un centimètre cube d’oxygène absorbé et l’acide carbonique n’a pas été dosable.
Ce sont là les résultats que nous avons acquis jusqu'à présent. Quoique incomplets, puisqu’ils ne portent que sur deux organes, ils démontrent la présence d’oxydases directes chez l’homme.
Tout semble indiquer que les tissus humains
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doivent se comporter à cet égard comme les tissus des végétaux, comme l’oxydation du laccol par la laccase, et que les phénomènes d’oxydation sont rendus plus intenses par la présence de certains sels, chlorures, iodures, ou de certains métaux comme l’arsenic, l’iode, etc.