CHAPITRE Y
PRIMAVERA, GIUVENTU DE l'aNNO
Le printemps arrivait aussi sur la montagne. Ce n'était pas le printemps épanoui du Vallon et des Causses, qui s'élance avec des brassées de fleurs et de chaudes haleines, mais un printemps frileux et maigre, s'attardant aux abris, s'insinuant au creux des collines, incertain et prêt à s'en revenir, au moindre vent de froidure. Et la saison durait ainsi, depuis que la terre avait secoué, comme une immense bête qui se réveille, la dernière jonchée de neige. Il n'en restait que quelques rubans pendus au flanc des coteaux, aliment glacé de la bise qui les frôlait en grésillant, avant d'aller se briser, avec des sifflements aigus, sur les branches hautes des chênes.