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LA PAGODE DE HUYÊNCHAN

Cette pagode aujourd'hui n’est plus qu’un souvenir; située sur le bord du petit lac de Hanoi (Hoan-kiêm) non loin de l’Obélisque du Pinceau, elle a été désaffectée, a servi pendant plusieurs années d’habitation particulière, et subit en ce moment une transformation complète qui a pour but d’en faire presque une maison européenne.

Elle est destinée, dit-on, à l’habitation du colonel Pernod.

La pagode de Huyên-chân a été construite en 1557 par le roi Chanh-tri, plus connu sous le nom dynastique de Anh-tong, elle était vouée à un culte local, celui des génies du village, mais jouissait d’une grande considération parmi les lettrés à cause du voisinage de la pagode de la Montagne de Jade (Ngoc-so’n).

L’entretien en était confié à une famille du nom de Lê, mais il faut croire que la famille s’éteignit, ou que les descendants se relâchèrent de leur vigilance, car nous voyons que plus tard les bâtiments étaient en si mauvais état que leur reconstruction fut décidée.

Ces travaux ont été exécutés en 1864; à cette occasion, une stèle de pierre reçut l’inscription commémorative suivante:

« Inscription commémorative de la reconstruction de la « pagode de Huyên-chân.

« Ce temple est situé sur le territoire de Hà-thanh, canton de « Dông-tho.

« Pendant plus de mille ans, depuis la dynastie Ly jusqu’à la « dynastie Lê, la ville de Thanh-long (Hanoi) capitale de l’Annam « fut embellie par de nombreux monuments religieux, quelques « uns d’entre eux jouissent d’une grande réputation, mais les « plus célèbres et les plus fréquentés sont ceux du lac de Hoàn- « kiêm et la pagode de Huyên-chân.

« Dans cette pagode, on adore les trois génies protecteurs du « village de Hà-thanh. La famille Lê, du liuyen de Du’o’ng-hào « est chargée d’assurer l’exercice du culte.

« Autrefois, quand je me rendais à l’école, j’aimais à passer « par cet endroit car il est voisin de l’Obélisque du Pinceau et du « Lac de l’Encrier, où les enfants vont se récréer, et les savants « se recueillir en se promenant.

« La pagode a été construite sous le règne du roi C hanh-trit « de la famille Lé, quelques années après elle fut agfandïm

« Plus tard, au printemps de l’année Qui-hoi, le bonze chargé « de veiller à son entretien vint m’avertir que les colonnes tom- « baient en ruines. Je lis procéder à la restauration complète « de l’édifice, et c’est pour perpétuer le souvenir de cet événe- « ment que la présente inscription a été gravée sur la pierre.

« La pagode a été considérablement embellie et décorée de « peintures éclatantes qui sont agréables au génie du bonheur, « mais ce qui plaît surtout au sage, c’est le site admirable au « milieu duquel elle se trouve.

« Les sacrifices n’ont jamais été interrompus et même aux « temps de troubles elle n’eut jamais à souffrir.

« La pagode est brillante, son aspect réjouit le*cœur, elle « plait aux philosophes, et l’inscription dédicatoire a non seule- « ment pour objet d’exalter les mérites des pieux fondateurs du « temple, mais encore de glorifier les savants et les sages.

« Composé par Nguyen-huy-ky, gouverneur de Hung-hoa, « pendant la troisième semaine du deuxième mois de la dix- « neuvième année du règne de Tu-duc. »

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