INSCRIPTION DE LA PAGODE DE DUC-KIIANII
« Celle pagode est une des plus renommées parmi toutes « celles qui se trouvent dans l’enceinte de Hanoi.
« Elle s’appelait autrefois lluy-van, mais on changea ce nom « en celui de Duc-khanh en mémoire de l’événement rcmar- « quable dont elle fut le théâtre.
« Yan-hohng, surnommé Tliiêu-hinh, de la dynastie Lê, avait « pour femme légitime l’impératrice Ngo, de noble naissance, « qui résidait au palais de Kbanh-phuong et pour deuxième '< femme, Huê-phi.
ce Cette dernière, accusée de sorcellerie, tomba en disgrâce et « fut enfermée dans la pagode de lluy-van, située non loin de « l’angle sud de la citadelle de Hanoi.
« Pendant une nuit, Huê-phi, qui était grosse, rêva qu’elle « enfantait un génie, ce qui était un présage céleste, puisqu’il « quelque temps de là elle donna le jour à un enfant qui devint « le grand roi Thuân.
« La disgrâce de Huê-phi ne dura pas, et elle fut très heu- « rcuse pendant les dix dernières années de sa vie. Lorsqu’elle « fut morte, on lui consacra, dans cette pagode, une cloche et « un gong, et on y plaça sa statue.
« Lorsque Thuân monta sur le trône, il donna à la pagode « où il était né le nom de Duc-khanh.
« Après la mort du roi, on fit également sa statue et on la « plaça dans la pagode de Khan-so’n, et quelque temps après,
« pendant l’année Buong-duc, on construisit, près du champ « des manœuvres militaires, un temple spécial pour la recevoir.
« Mais la guerre survint, le temple fut détruit et la statue « transportée à la pagode de Duc-khanh.
« Si le roi Thuân se trouve ainsi placé an rang des mo- « narques illustres des Chu et des lia, c’est grâce à ses mérites « personnels, à ses actions remarquables.
« Les grandes époques de l’histoire sont généralement annon- « cées par (l’éclatants augures, la naissance de Quang-luân a « été le présage de la gloire dynastique des Lê.
« L’emplacement de celte pagode est merveilleusement choisi, « elle fait l'ace à l’étoile Tu'-vi et rappelle les illustres temples « de Tu-thiên et de Duyên-hu’u.
« Le roi est adoré aujourd’hui dans la pagode même où il est « né, sa statue est réunie a celle de sa mère, et malgré la « ruine des bâtiments et les changements dynastiques, le culte « s’est perpétué jusqu’à ce jour.
« Le quan-bo de Hanoi, se promenant jusqu’ici vit l’état de « délabrement de la pagode, le riz poussant jusque sur les « murs écroulés, la pluie pénétrant de toute part à l’intérieur, il « prit sur son propre bien une forte somme, à laquelle d’autres « notables joignirent leur obole, on reconstruisit le temple et les « saintes images furent soustraites aux intempéries des saisons.
« Le nouveau temple se compose de deux bâtiments accou- « plés de chacun trois entrecolonnements. On a construit de « plus, en arrière, une autre pagode à laquelle on a donné la « forme de la lettre cong, on y a placé toutes les statues du culte ce bouddhique.
« Ce temple, reconstruit sur les ruines de l’ancien, ressemble « à une fleur nouvelle sur un vieux tronc d’arbre.
« Le ciel le couvre de sa protection, il est une perpétuelle « exhortation à la vertu pour les habitants du territoire de la « montagne de Ninh et du fleuve Nhi-ha (1).
« Philosophe, en voyant cette pagode, songe que les chapi— « très de Liêt-van et de Ky-uc du livre de Kinh-thi, ont été <1 écrits à la glorification des hommes illustres.
« Celte inscription a été composée par Ruong-cân-dinh, « directeur des écoles de Bien-boa.
« Le 22e jour du 9e mois de la 15e année de l’empereur « Tu-duc.
[1] La montagne de Ninh [Ninh-so’n] est une petite éminence de terre qui se trouve dans la citadelle de Hanoi ; le Nhi-ha est le fleuve Rouge.