‹ Les pagodes de HanoiChapitre 13 sur 27 · LA PAGODE DE QE AN-SU · texte numérisé non relu

LA PAGODE DE QE AN-SU

Cette pagode est complètement perdue au milieu des jardins qui se trouvent derrière le Camp-des-Lettrés. Autrefois, on y accédait de la route qui passe au nord, par un portique à petits toits relevés, mais aujourd’hui le portique est ruiné, envahi par les herbes, l’espace qui le sépare du bâtiment de la pagode est rempli d’arbres et coupé de haies de bambous, on est obligé de contourner la propriété et d’aborder la pagode par le côté sud.

Les cases qui l’entourent forment le village de An-tap, qui constitue l’un des faubourgs de Hanoi, entre la route de Hué et la route de Son-lay.

La pagode de Quan-su’ est desservie par des bonzesses et se compose de deux temples séparés par une cour carrée.

Le premier temple est très étroit, il est consacré à Ly-quôc-su’, saint homme de la famille royale des Ly, qui fut le bonze fondateur de cette pagode et à qui on attribue quelques actions merveilleuses.

Sur un des côtés de ce temple on remarque la statue d’un tigre jaune rayé de vert, cette statue consacre un événement historique ; le roi Than-tong fut atteint en 1138 d’une sorte de folie dans laquelle il se croyait transformé en tigre, le bonze Nguyen-minh-không parvint à le guérir, ce qui n’empêcha pas toutefois le roi de mourir la même année. En commémoration de de cette cure miraculeuse, la famille royale fit présent à la pagode du saint bonze d’une statue de tigre ; d’un autre côté on voit la représentation en plâtre peint d’un sac énorme qui a quelque ressemblance, quant à la forme, avec la bourse de cuir de nos paysans, c’est une allusion à la légende qui veut que le bonze ait pu mettre autrefois tout le cuivre de la Chine dans son sac.

Ly-quôc-su’ ou Nguyen-minh-không est représenté assis sur une chaise à dragons, sa statue laquée est recouverte sauf la tête, d’une housse de soie jaune.

Le second temple est consacré au bouddhisme, on y remarque une naissance de Bouddha assez bien sculptée, Çakya est, selon la tradition, représenté debout sur un lotus, sous une sorte d’arche formée par des nuages d’où sortent les têtes de neuf dragons (cu’u long) ; une vieille peinture chinoise sur bois

représentant la déesse Quan-àm, et deux vastes sujets en ronde bosse et haut relief représentant les lu’ Dieu ou quatre des juges de l’enfer entourés de démons et de pécheurs.

Voici la traduction de la stèle commémorative.

« Cette pagode appartient au village de An-tap.

« Elle ne se composait autrefois que d’un temple à la gloire de « Quôc-su’.

« Quôc-su’ est le saint homme qui ramena à la forme humaine « le roi Lê, changé en tigre.

« Il fit des choses extraordinaires, enferma tout le cuivre de la « Chine dans un sac, se servit de son chapeau comme d’un « vaisseau pour traverser la mer de l’est, tua le grand scolopen- « dre avec son ongle, et fondit une cloche composée de quatre « sortes de cuivre ; le son de cette cloche fit venir à Thang-long « (Hanoi), le buffle d’or de la Chine.

« Son pouvoir aujourd’hui est aussi grand que lorsqu’il habile tait près de la montagne et du fleuve de Luc-dâu, il a mérité ce le titre de Bouddha pour les services rendus à l’État, plusieurs « rois font publiquement reconnu.

« Le deuxième mois du règne de l’empereur Gia-long (1801), 11 Vinh-tai-quôc-công ayant vaincu les ennemis par son interet cession, fit construire une vaste pagode qu’il relia au petit « temple par deux bâtiments latéraux, puis il orna la pagode ci de nombreuses statues représentant quatre des tribunaux de « l’enfer, et d’un petit autel à neuf dragons (cu’u-long).

11 Cette pagode est une des quatre plus renommées de Hanoi ; « la bonzesse Thanh-minh-lhuy est chargée d’y assurer l’exer- « cire du culte.

« Mais après quelques années le vent et la pluie avaient dégradé « les bâtiments, et les fidèles perdaient peu à peu l’habitude « du chemin de la pagode ; les réparations étant trop consi- 11 dérables pour être supportées par le pauvre village, on fit une 11 souscription, chacun apporta son olïrande ; on fit appel à 11 toutes les bonnes volontés, chacun apporta son travail, et 11 l’on put, pendant l’année Qui-rau, réparer l’autel principal « et retourner sa face vers le sud.

« Pendant l’année Giap-tuât on fit un parvis, on répara les « statues et l’on grava l’inscription de la stèle.

11 Les bienfaits accordés par Bouddha seront désormais proie clamés chaque jour, et les noms des bienfaiteurs sont gravés 11 sur la pierre.

« Aujourd’hui les saintes images sont recouvertes de laque « et d’or. La pagode a repris sa splendeur, son influence est « égale à celles de Kiêm et de Banh. Chacun vit en paix à l’abri « de sa protection comme sous les règnes heureux de Thuât « et de Vu, les marchands réalisent de beaux bénéfices, les can- « didats civils et militaires sont sûrs de réussir aux examens.

« Que Bouddha nous couvre de sa grâce afin que nous soyons « dignes de recevoir les faveurs du ciel. »

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