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LE TEMPLE DE YIÊT DONG HOI-QUAN

PAGODE DES CANTONNAIS A HANOI

La pagode ou plutôt la maison commune des Chinois de la congrégation de Canton, à Hanoi, est située rue des Pavillonsnoirs.

Ce temple, de style absolument chinois, diffère sensiblement des temples annamites comme façade et comme dispositions intérieures.

11 ne contient aucun Bouddha, il faut le ranger dans la catégories des Uinh. Seul, à droite de la porte d’entrée, dans l’intérieur, un autel à la vieillesse est surmonté d’un Lao-tse à tête chauve et à barbe blanche.

Cette pagode est richement ornée, les pierres taillées, les bois sculptés y abondent, les autels sont garnis de vases de cuivre et d’accessoires dont quelques-uns sont fort remarquables.

Un grand fourneau, représentant une pagode, de près de deux mètres de hauteur, sert à incinérer les offrandes, c’est un joli spécimen de fonte de fer.

A l’époque où les maisons européennes étaient rares à Hanoi, l’administration et les Français de la colonie ont quelquefois emprunté cette pagode pour des soirées, des représentations théâtrales, des bals officiels.

La lumière électrique a fait sa première apparition au Tonkin, à la soirée offerte dans la pagode des Cantonn is au commencement de 1887, par les commerçants venus de France à l’occasion de l’exposition de Hanoi.

Près de l’autel à la vieillesse, deux grandes stèles de marbre sont scellées dans le mur, l’une porte l’inscription commémorative de la construction du temple, l’autre donne les noms de tous les bienfaiteurs et donateurs.

L’érection de la pagode date de 1801.

Voici la traduction de l’inscription de la première stèle :

Inscription commémorative de la construction du temple de Viêt-dông-hôi-quan.

« Depuis que le roi a ouvert le pays aux étrangers, les « Chinois en foule ont voulu profiler de la faveur royale et les « routes et les marchés se sont remplis de voyageurs et de « marchands.

« Nous avons quitté notre patrie pour venir en Annam, fran- (c chissant les montagnes et la mer au milieu de mille dangers « dont la protection des génies nous a garantis, et maintenant, « à l’abri de la clémence royale, nous nous réunissons pour « construire un temple qui sera notre lieu de réunion et le gage « de notre confraternité.

« Cet édifice est bien modeste auprès des splendides pagodes « de cette ville, mais nous ne sommes que de pauvres marchands « et ne pouvons nous comparer aux illustrations de la capitale.

« La ville de Thanh-long est la première ville de Y Annam, « on y lait depuis longtemps un grand commerce des objets « précieux du Ouang-tong, les navires y apportent toutes sortes « de marchandises. Jusqu’alors, bien que nos compatriotes « fussent ici en assez grand nombre, nous n'avions aucun édifice « consacré au culte, aucun lieu public pour y converser des « souvenirs de la patrie, nous étions réduits à sacrifier à nos « génies dans d’étroites maisons particulières.

« Aussi, pendant l’automne de l’année Ki-vi, sept notables de « cette rue se sont rassemblés et ont décidé d’ouvrir une cc souscription pour l’édification d’un temple. Les promoteurs «. de cette idée sont les nommés :

« Hà-xuong-Huy « Truong-thanh-Loi « Ly-thang-Ky « Hop-thiêu-Thinh « Luc-thê-Xuong « Chu- trong-Quang cc Tran-dang-Huy.

« Lorsque la liste fut complète, on voulut chercher d’abord « un terrain favorable près de la citadelle, on ne le trouva pas.

« Ce n’est qu’au 4e mois de l’année Canb-thân, que l’on « réussit à obtenir une surface suffisante, composée de deux « morceaux de terre en bordure sur la rue et de cinq maisons « entourées de murs en briques, appartenant au village de « Huong-bài.

« La façade mesure 21 pieds de largeur, la partie postérieure « mesure 28 pieds.

« Le site est heureusement choisi ; par derrière, la rivière de « To-lich, par devant, le village de Ta-vong, d’un côté l’air de « la montagne Nu’ng, de l’autre l’eau rapide du fleuve Nhi-hà.

« Les fondations ont été commencées immédiatement, la « porte et les murs ont été rapidement construits; la porte est « très élevée, richement décorée de peintures et de sculptures, « les bois sont recouverts de laque rouge et de dorures.

• « Les jours de fête, la foule s’y presse de tous côtés, et « chacun demeure étonné devant les riches présents qui y sont « accumulés.

« Les sacrifices sont accompagnés du bruit des gongs et des « tambours, les lampes brillent partout et l’encens s’élève « jusqu’au ciel.

« Pendant ce mois de chaleur accablante, on a vu constam- « ment une nuée de forme arrondie comme un parasol, se tenir « au-dessus de la pagode et lui procurer une fraîcheur bien- « faisante, n’est-ce pas là une manifestation céleste?

« Non seulement cette pagode est belle et riche, mais encore « elle est solide, chaque plafond a coûté plus de 7,000 liga- «. tures, aussi les génies sont-ils satisfaits, et le bonheur qui « rejaillit sur tous les hommes en est le résultat.

« Chacun s’en montrera reconnaissant en apportant ici les « offrandes les plus précieuses.

« Nous avons fait cette inscription pour célébrer la bonté du «. roi envers les étrangers, et nous l’avons gravée sur la pierre « avec les noms des pieux bienfaiteurs du temple.

« Le premier jour du 6e mois de l’année Qui-hoi, la deuxième « du règne de Gia-long. »

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