‹ Les pagodes de HanoiChapitre 19 sur 27 · PAGODE DE LINH-SON · texte numérisé non relu

PAGODE DE LINH-SON

La pagode de Linh-son a été construite à la glorification de la réunion des trois doctrines (Tam-giao) le bouddhisme, le taoïsme, le confucéisme.

Elle est enfouie dans des jardins, sur la rive du petit lac de Truc-bach qui fait face au Collège des interprètes de Hanoi, non loin de la pagode dite du Grand-Bouddha.

On y accède par un portique situé sur l’avenue du Grand- Bouddha et ouvrant sur un sentier bordé de ces arbres que les Annamites appellent cây-soi et dont les feuilles produisent une teinture noire très appréciée.

A droite de ce sentier, à l’angle du lac, quelques gradins de pierre donnent accès dans un jardin au milieu duquel on aperçoit le temple littéraire (van-chi) dujiliagc de An-ninh.

La pagode de Linh-son se'Tfouvéplus loin à gauche, elle n’a pas grande apparence, le premier bâtiment sert de portique, à droite et à gauche deux plaques de marbre sont scellées dans le mur, l’une porte la narration de la reconstruction à cet endroit de la pagode qui était autrefois à Ninh-duong, l’autre, l’inscription commémorative de sa restauration sous Tu-duc.

La cour centrale est plantée de quelques aréquiers, de chaque côté sont des bâtiments contenant des autels annexes, l’un est dédié au bonheur; ainsi que l’indique l’énorme caractère phuc peint en rouge et encadré au-dessus de la table des offrandes. L’autre autel, qui occupe tout le bâtiment de gauche, est dédié aux génies féminins, ce dernier se fait remarquer par une centaine de vases à baguettes d’encens, alignés sur une longue base de maçonnerie ; deux petits personnages laqués, habillés d’étoffe, sont agenouillés au pied de l’autel et tiennent dans leurs mains un vase à encens.

Le bâtiment du fond contient les bouddhas, il n’offre rien de bien remarquable, si ce n’est à l’entrée deux colosses assis sur des lions, et une vieille peinture sur bois représentant Tu-vi, génie planétaire.

Inscription de la première plaque de marbre.

« Cette pagode appartient au village de An-ninh de la ville de « Hanoi, on y adore Bouddha.

« Depuis que l’empereur chinois Khang-hi a composé le

« Thang-huân-quang-ru (1) pour moraliser le peuple, la religion « des lettrés a recruté dans le nord un grand nombre de parti- « sans.

« Sous le règne de Lê-vinh-dinh (1547) un bonze partit pour « la Chine avec le dessein d’approfondir la religion de Bouddha ; « arrivé à Van-ninh, il rencontra un autre bonze nommé Si-anh, « qui venait de la pagode de Linh-so’n, de Minh-du’o’ng.

« Ils étudièrent ensemble, dissertèrent avec les plus savants « d’entre les bonzes et les philosophes et comprirent le vrai sens « de la vraie loi.

« Pendant la sixième année de son règne, le roi Canh-hung « ordonna de construire une pagode près du sentier de la porte «/de Chu-tu’o’c et il lui donna le nom de Linh-so’n, en mémoire / du bonze de Ninh-du’o’ng, et conféra à ce dernier le titre pos- «^thiutïâde Dâi-bô-tât (grand Bouddha).

« PlusïcWal, pendant l’année Giap-ti, la deuxième du règne de « Gia-long (ï'8£)2) Le-duy-dat, directeur de la fonderie des « sapèques, transféra- la pagode au village de An-ninh, à Pence droit qu’elle occupe actuellement.

« Autrefois Tu-ngoc-phu a pleuré sur les ruines de la pagode « de Bach-ma et sur celles de la pagode de Hau-so’n.

« De même aujourd’hui Nguyên-qoi-vièn, le saint bonze et ce savant lettré de cette pagode, s’est ému de l’état des murs et « des colonnes de Linh-so’n et il a décidé de les réparer.

ce De concert avec Trân-quang-chiêu, médecin de ce village, ce il fit appel à tous les habitants, réunit les matériaux et les « ouvriers et quelques mois après, tout était remis en état et le « roi m’ayant confié la présidence des examens, on vint me « demander de composer une inscription commémorative.

« Je fis observer que j’étais de la religion des lettrés, mais que « néanmoins je ferais l’inscription pour la raison que, bien qu’il « n’y ait eu jadis qu’une seule religion d’État en Annam, les « sages du milieu de ce siècle en avaient toléré trois.

ce Les rois Du’o’ng et Tong, considérant que les doctrines du « bouddhisme et de Lao-tu’ étaient incompatibles avec la « religion de Nho (Confucéisme) les avaient proscrites et con- « damnées.

ce II est vrai que la religion de Nho est pure et éclatante « comme le soleil et les étoiles, et que tous les hommes étudient « le Luan-ngu (1) et les œuvres de Manh-tu’ ; mais bien que les « livres des deux autres religions soient inférieurs à ceux-ci,

(1) En chinois Clieng yu quang hiun, connu sous le nom de «Saint édit de l’empereur Khang-hi. » C’est un monument remarquable de philosophie politique, de morale domestique et publique et de littérature chinoise. — Note du traducteur.

(1) En chinois « Louen-yu » ; conversations, analectes, un des quatre livres classiques,

« il faut reconnaître qu’ils ont également pour objet d’encourager « les hommes à la vertu, et qu’ils ne peuvent en conséquence « nuire à la religion des lettrés.

« J’ai donc composé cette inscription pour perpétuer le sou- « venir de la réparation de la pagode, et pour célébrer la « splendeur du site, la pureté de l’eau du lac.

« Ila-tôn-quyen, vice-président du ministère des Pûtes, pré- « sident des examens littéraires au Tonkin, le 10e mois de la « 9e année du règne de Minh-mang. »

L’autre inscription, dont il est inutile de donner une traduction est relative à une seconde restauration que subit la pagode, au printemps de l’année Qui-hoi sous le règne de Tu-duc. On construisit de plus un bâtiment de la forme du caractère dinh (c’est-à-dire en forme de T). Le promoteur de cette qouvelle restauration fut un quan-an de Hung-yen nommé Dang-lu’o’nghien, neveu de Lê-trai, tông-doc de Hanoi.

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