GUEULE DU DRAGON
Elle est située derrière la sapèquerie de Hanoi; le portique, sur le bord du chemin, est en ce moment très délabré, les batiments de la pagode sont à cent mètres en arrière, entourés de murs, il faut traverser deux cours.
Nous n’avons pu trouver la date de la fondation de cette pagode, une stèle, dont nous donnons ci-après la traduction, nous apprend qu’elle fut reconstruite en 1 08G par Hi-tong, de la dynastie Lê.
On remarque dans l’intérieur de celte pagode deux vastes pans de murs sur lesquels sont figurés, en ronde bosse et bas-relief, les principales scènes des dix enfers bouddhiques (1).
Ces compositions sont faites d’un mélange de terre et de papier annamite, le tout recouvert de couleurs laquées (2).
Traduction de la stèle de Ham-long
cc Ce temple est consacré au culte de Bouddha.
« Autrefois, sous le régne de l’empereur Minh-dè il n’y « avait en Chine qu’une seule pagode de Bach-ma (4) mais les cc Chinois se sont convertis en foule à la religion de Bouddha, et « le nombre des temples bouddhiques est aujourd’hui innom- « brable.
« La pagode de Ham-long, près de Hanoi, est une des plus ce célèbres pagodes bouddhiques. Le terrain sur lequel elle est «. construite à la forme d’un dragon qui tiendrait dans sa gueule cc une perle précieuse, c’est pourquoi on lui a donné le nom de « Gueule du dragon.
« Elle est haute comme la montagne, elle est touffue comme « la forêt.
cc L’Etat et les particuliers en ont retiré les plus grands avance tages. Il semble que ce temple soit le vrai temple tutélaire de « la capitale.
« Notre roi pieux et magnanime a voulu reconnaître ces biencc faits, il a pris sur le trésor l’argent nécessaire, a fait couper
[1] Les bouddhistes tonkinois comptent seulement dix enfers.
[2] Nous avons publié les dessins de ces curieuses scènes dans notre brochure « L'Enfer des bouddhistes tonkinois. »
[4] Bach-ma, cheval blanc; on appelait ainsi etvChine les pagodes Bouddhiques parce que le livre de la loi de Cakyamouni, rapporté de l’Inde par un envoyé chinois au premier siècle de notre ère, était porté par un cheval blanc.
Il existe à Hanoi une pagode que l'on appelle Bach-ma et qui est dédiée à Cao-bien (v. p. 77).
« de? bois sur la montagne de Kinh-so’n et la pagode qui tom- « bait en ruines a été réparée.
« Il m’a commandé, en outre, de composer une inscription à « la louange de Bouddha, et, pauvre assistant de Sa Majesté, « quoique indigne et ignorant, je n’ai pu refuser.
« Bouddha est grand, Bouddha est bon, ses enseignements « sont divins; il exhorte à l’humanité et à la perfection.
« Bouddha est la raison naturelle, la raison naturelle est « Bouddha.
« Sa Majesté gouverne le royaume avec la plus grande sagesse ; « elle désire que ses sujets pratiquent la vertu, c’est pourquoi « elle a hautement manifesté sa dévotion pour Bouddha afin « qu’entraînés par son exemple les hommes deviennent pieux « et s’améliorent, et que la vertu puisse atteindre le dernier « homme du dernier village, et lYmour du savoir, le dernier « écolier de la dernière école.
« Ce temple n’a pas été construit pour embellir ce lieu, mais « pour la protection du peuple et de l’Etat et attirer sur la dy- « nastie et sur le peuple des grâces éternelles, selon la phrase du « livre Kinh-thu : Le Ciel accordera les cinq bonheurs aux peu- « pies pieux.
« Nguyen-qui-du’c, reçu docteur pendant l’année Binh-lhi, « ministre des finances, a composé cette inscription la 10e année « du règne de Vinh-tri (1).
[IJ Vinh-tri, titre dynastique Lê-hi-tông, monta sur le trône en 1676. L’inscription de cette stèle date donc de 1686.